Christina et Stephan Thalmann avec Jael (8 ans), la cadette de leurs six enfants, parmi les jeunes arbres du verger haute-tige.

Des arbres porteurs d’avenir

Hautes-Tiges D’ici quinze ou vingt ans, les arbres plantés dans l’Oberland bernois donneront des fruits dont on fera des boissons ou des tartes. Mais ils contribuent déjà à la biodiversité.

Le soleil effleure de ses premiers rayons l’herbe couverte de rosée. L’air est clair et pur. Par-delà les collines, le regard porte jusqu’au lac de Thoune. À gauche, puissante et protectrice, se dresse la silhouette massive du Niesen. Nous sommes dans la ferme des Thalmann, à Aeschi, près de Spiez (BE), au beau milieu des 200 arbres à haute-tige plantés il y a deux ans par Stephan Thalmann.

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Espèces robustes

Il s’agit de pommiers et de cerisiers, mais on trouve aussi quelques châtaigniers. À près de 900 mètres d’altitude, où l’arboriculture est difficilement praticable, il s’agit de variétés robustes. «Nous avons sélectionné près de 35 espèces; certaines sont anciennes», précise le paysan de 52 ans.
Dans quinze ou vingt ans, ces arbres auront atteint leur plein rendement. Son fils Clemens (21 ans) sera à la tête de l’exploitation. La petite ci-drerie de la ferme ne suffira plus à la transformation des fruits. Heureusement que la firme Ramseier a un dépôt tout près.

«

J’ai trouvé agréable de pouvoir m’abriter à leur ombre pendant qu’on faisait les foins »

Stephan Thalmann, agriculteur

Le marché plutôt que les subventions

Le marché pour les fruits des arbres à haute-tige est en plein essor. Et Coop n’y est pas étrangère (lire encadré en page 11). En collaboration avec l’association Hautes-Tiges Suisse et le Fonds suisse pour le paysage (FSP), le détaillant a soutenu la plantation de plus de 4200 arbres.
Ce n’est donc pas la perspective de toucher des subventions de l’État qui a motivé Stephan Thalmann à se lancer dans ce type de culture. «L’État? C’est sans espoir, vous pouvez oublier. Ce qui est accordé un jour peut ne plus l’être le lendemain.» Hautes-Tiges Suisse con-firme: à peine introduites, les mesures mises en place dans le cadre de la politique agricole 2014/17 sont, semble-t-il, déjà menacées. En effet, il y a deux mois, l’association a annoncé que la Confédération, après un an et demi seulement, voulait réduire à nouveau les paiements directs pour les surfaces de promotion de la biodiversité. En outre, elle a prévu de les restreindre à 50% au maximum de la surface d’une exploitation.
Pour Stephan Thalmann, dont l’exploitation s’étend sur seulement 7 hectares, planter des arbres à haute-tige présentait de nombreux avantages. Ils constituent un étage supplémentaire qui permet d’utiliser le sol à d’autres fins. «Et on peut profiter du peu d’ombre qu’ils fournissent, ajoute-t-il en riant. Avec la chaleur de ces dernières semaines, j’ai trouvé agréable de pouvoir m’y abriter pendant qu’on faisait les foins.»
Et le paysan bernois d’évoquer les espèces d’oiseaux, de coléoptères et d’autres insectes qui y trouvent un refuge bienvenu. Et ce n’est pas uniquement la nature qui en profite, mais également les enfants de l’institution voisine, la Kinderheimat Tabor, avec laquelle l’exploitation agricole est en lien depuis plusieurs années. «Quand on sort avec les enfants dans les bois et les prés, je suis à chaque fois émerveillé devant tant de diversité», conclut le paysan.

Arbres à haute-tige

Ils progressent aussi grâce à COOP

Arbres à haute-tige (en millions), pour lesquels des paiements directs ont été accordés. Source Hautes-Tiges Suisse

Des actes pour le bien-être de tous

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Martin Winkel

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Publication:
lundi 24.08.2015, 14:10 heure

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