«Nous faisons des cadeaux parce que nous en attendons autant d’autrui», explique le professeur Johannes Ullrich (37 ans).

Des cadeaux oui, mais pourquoi?

Offrir C’est un geste qui devrait apporter du bonheur à celui qui donne comme à celui qui reçoit. Mais est-il toujours désintéressé? Pas sûr.

Sondage de l’uni de Zurich

L’Université de Zurich procède à un sondage en ligne destiné à analyser les relations existants entre le fait d’offrir, le plaisir anticipé et la générosité. Le professeur Johannes Ullrich et son équipe vous invitent à participer à ce sondage via le lien ci-dessous. Cela ne devrait pas vous prendre plus de cinq minutes. Les données collectées seront utilisées exclusivement à des fins d’analyses scientifiques.

Sondage de l'Université de Zurich

Ciel, les cadeaux! Vous vous y êtes de nouveau pris à la dernière minute? Rassurez-vous, il vous reste encore quelques jours pour trouver l’idée géniale qui fera de votre présent quelque chose d’unique. À moins que vous ne soyez du genre «classique» en misant sur les valeurs sûres – parfum, livre, cravate, argent, bon cadeau, etc. –, «pragmatique» en préférant les cadeaux utiles, «calculateur» (pour ne pas dire pingre) en offrant un truc sympa… mais qui, surtout, ménage votre porte-monnaie.
La question n’est pas aussi futile qu’elle en a l’air, car votre présent véhicule l’image que vous vous faites de celui qui le reçoit. «Cette personne voit dans le cadeau un effet miroir. C’est donc cela que l’autre pense de moi. Cela va du simple J’ai pensé à toi à Voilà la valeur que tu as à mes yeux», précise Johannes Ullrich, professeur de psychologie sociale à l’Université de Zurich. Le cadeau ne se limite donc pas à l’emballage et à ce qu’il contient. Comme les fleurs, il a son langage et ses codes. «Le fait d’offrir remplit d’importantes fonctions relationnelles», souligne le psychologue zurichois.
Solidement ancré dans les mœurs, le rituel des cadeaux n’est que rarement remis en question. Qui se demande d’où vient cette tradition et pourquoi l’on offre des cadeaux, notamment à Noël? D’après Johannes Ullrich, la réponse est simple: «Nous le faisons parce que nous en attendons autant d’autrui. Ce sont des attentes ataviques de réciprocité.»

«

Le fait d’offrir remplit d’importantes fonctions relationnelles »

Johannes Ullrich, professeur de psychologie sociale à l’Université de Zurich

Une logique d’échange

«Le don fait partie du comportement humain depuis les origines et se pratique dans toutes les sociétés, ajoute Marc-Olivier Gonseth, ethnologue, directeur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Le grand anthropologue français Marcel Mauss (ndlr: 1872 – 1950) a du reste écrit un Essai sur le don dans lequel il examine la portée contraignante de cette pratique universelle: le don oblige le plus souvent à un contre-don. Il doit donc se lire dans une logique d’échange, qui peut sous-entendre de fortes rivalités.» Dans cet ouvrage, Marcel Mauss décrit notamment la tradition du «potlatch» pratiquée par les Indiens d’Amérique du Nord. Cette coutume consistait à offrir à un rival des présents d’une valeur telle qu’il était incapable d’y répondre. Celui-ci perdait ainsi la face et une partie de son pouvoir symbolique.
L’idée d’une générosité désintéressée en prend donc un coup. «Des règles strictes quant à la manière de donner, de recevoir et de rendre, s’expriment derrière une apparence de générosité et de gratuité», remarque l’ethnologue.

Noël: un enjeu commercial

Mais aujourd’hui, dans une société où le consumérisme règne en maître, offrir des cadeaux à Noël a-t-il encore un sens? «Cette fête est devenue le moment par excellence où l’on consolide les liens familiaux ou d’amitié par des échanges de cadeaux, répond Marc-Olivier Gonseth.  Si les récits de nos arrière-grands-parents faisaient allusion à des présents de peu de valeur, parmi lesquels oranges et biscômes étaient couramment cités, il est aujourd’hui évident que Noël représente un enjeu commercial majeur pour l’industrie du luxe, des loisirs et du divertissement. Mais la plupart prennent plaisir à ce jeu social et comprennent que quelque chose d’important s’exprime et se vit à travers lui.»

Marc-Olivier Gonseth (61 ans): «Quelque chose d’important s’exprime à travers ce jeu social.»

Si le fait d’offrir est universel, c’est au XIIIe siècle que remonterait la tradition d’échanger des cadeaux à Noël dans le monde chrétien. Sa source est la présentation des offrandes par les bergers et les Rois mages à l’enfant Jésus. Cette coutume a beaucoup évolué avec le temps.
Le directeur du MEN rappelle que la version contemporaine des cadeaux de Noël est étroitement liée à la création aux États-Unis, au début du XIXe siècle, de la figure du Père Noël – destinée à remplacer celle de Saint-Nicolas –, puis dès les années 1920 de son usage publicitaire par diverses firmes américaines. «Processus culminant en 1931 par une campagne Coca-Cola présentant Santa Claus en vieillard débonnaire consommant la divine boisson et glissant des cadeaux dans les cheminées.» Ce personnage s’est ensuite largement répandu et n’a cessé de se diversifier. «Devenu le saint patron de l’industrie du jouet, il représente aujourd’hui le fer de lance de la société de consommation», conclut l’ethnologue neuchâtelois.

Cadeaux de Noël

Quel est votre budget?

Source: sondage représentatif LINK 2013

Dis-moi quel genre de cadeaux tu fais, je te dirai qui tu es

Participez à notre grand test – à ne pas prendre trop au sérieux! – et trouvez, selon la lettre qui apparaît le plus, le type qui vous correspond. Il vous suffit de répondre à nos questions et de noter les lettres correspondant à vos réponses. N’hésitez pas à comparer votre résultat aux autres profils. Amusez-vous bien!

1.  À quelle situation vous identifiez-vous le plus?

  1. La plupart du temps, je m’occupe de mes cadeaux à la dernière minute.
  2. J’essaie de découvrir les envies de mes proches tout au long de l’année.
  3. Je bouillonne d’idées et suis un adepte du «fait main».
  4. Je n’ai pas la moindre idée de ce que je dois offrir.
  5. Je suis heureux quand je peux connaître les goûts des destinataires des cadeaux.
  6. Quand j’achète des cadeaux, je me fie à mes propres envies.
  7. Je suis exigeant, ce qu’il y a de meilleur est à peine suffisant pour moi.

2.  Quel appartement ressemble le plus au vôtre?

  1. Chez moi, il règne souvent pas mal de désordre.
  2. Chez moi, on trouve beaucoup de petits souvenirs de mes amis et de ma famille.
  3. Chez moi, les murs sont colorés et les meubles dépareillés.
  4. J’ai fait appel à un conseiller pour aménager ma maison.
  5. Mon appartement a la même décoration qu’il y a dix ans.
  6. Chez moi, la cuisine est aménagée pour que tout le monde puisse cuisiner facilement.
  7. Je possède dans mon appartement plusieurs meubles classiques de designer.

3.  Que répond-on le plus souvent lorsque vous offrez un cadeau?

  1. Merci, j’aime bien les chocolats.
  2. Merci, tu as vu juste encore une fois.
  3. Merci, je n’ai jamais rien vu d’aussi fou.
  4. Merci, l’argent, c’est toujours utile.
  5. Merci, cette cravate ira bien avec lesautres.
  6. Merci, mais tu penses que je peux porterdes sous-vêtements aussi osés?
  7. Merci, je ne sais pas si je te le revaudraiun jour.

4.  Un bon ami a un problème, vous voulez l’aider. Comment l’aborderiez-vous?

  1. Je l’appelle, si je n’ai pas égaré son numéro.
  2. Je lui écris une lettre dans laquelle j’aborde son problème et lui propose mon aide.
  3. J’essaie de le distraire avec un week-end de folie.
  4. Je renonce à l’aider de peur de commettre une erreur.
  5. Je lui dis que le temps guérit toutes les peines.
  6. Je lui recommande de prendre conseil auprès de l’agence de mon frère.
  7. Je l’invite à manger dans un restaurant de luxe, ça lui fera du bien.

5.  De quoi se composent vos cadeaux de Noël et quel budget y consacrez-vous?

  1. Pour moi, ce sera des chocolats et du vin. Dans les magasins desstations-essence, ils ne sont pas vraiment bon marché.
  2. J’opte pour des cadeaux précieux. J’y passe beaucoup de temps, pourqu’ils plaisent vraiment à leursdestinataires.
  3. J’offre surtout des cadeaux que je confectionne moi-même. J’y consacre des semaines entières.
  4. Chez moi, ce sont surtout des bons d’achat. Les cadeaux épatants coûtenttrop cher.
  5. J’offre souvent la même chose afin de ne pas trop me tromper.
  6. Pour moi, ce sont des choses dont je peux tirer profit. J’ai quand même participé à ladépense!
  7. Je fais surtout des cadeaux inédits, l’argent n’a pas d’importance.

6.  Quelle phrase vous décrit le plus fidèlement?

  1. Je me disperse et dois m’efforcer derespecter des délais.
  2. Je m’occupe très bien des autres et saisfaire preuve de beaucoup de compréhension.
  3. Je ne suis jamais à court d’idées,j’aimerais changer le monde entier.
  4. Je suis plutôt timide et n’arrive pas toujours à m’imposer.
  5. J’aime savoir ce qui m’attend et que la journée se déroule selon un programmeétabli.
  6. Je ne laisse rien au hasard, je sais ce que je veux.
  7. J’aime qu’on me remarque. Qui voudrait qu’on l’oublie?

A Le chaotique
Le temps échappe à votre contrôle et vous avez oublié les cadeaux. Vous vous démenez à la dernière minute dans les rayons des magasins. Pour vos cadeaux, vous vous tournez le plus souvent vers des solutions de dépannage impersonnelles comme des fleurs, du chocolat, des bouteilles de vin ou des best-
sellers en librairie. Toutes les personnes auxquelles vous offrez des cadeaux n’apprécient pas forcément que vous y consacriez si peu de réflexion. En effet, une boîte de chocolats ne fera pas plaisir à votre tante qui lutte constamment pour perdre du poids. Assumez plutôt votre étourderie. En cas de doute, aucun cadeau s’avère encore le meilleur cadeau.

B Le sensible
Vous êtes une personne attentive, qui place le destinataire au centre de votre attention. Pour vous, l’après-Noël est déjà l’avant-Noël. Ce que vous offrez reflète votre relation avec vos proches. Ce n’est donc pas étonnant si vous êtes suspendu toute l’année à leurs lèvres pour connaître leurs envies. Attention toutefois à ne pas aller trop loin! Ce n’est pas parce que quelqu’un observe un parachutiste dans le ciel lors d’une promenade du dimanche qu’il souhaite sauter lui-même d’un avion avec un parachute.

C Le créatif
À une époque où les magazines de loisirs créatifs, et bien sûr Internet, regorgent d’idées, fabriquer vos cadeaux devient un jeu d’enfant. Vous préférez confectionner des cadeaux personnels et individuels. C’est agréable pour celui qui le reçoit, car il constate qu’il compte pour vous et que vous avez pris du temps pour lui fabriquer quelque chose de personnalisé. Cependant, les cadeaux faits main peuvent avoir leurs petits défauts. Ainsi, certains préfèrent un iPod à une paire de chaussettes tricotées. Attention de ne pas aller trop loin dans la créativité. Tout le monde ne veut pas accrocher un tapis mural orné des armoiries de la famille au salon.

D L’inquiet
Il faut bien reconnaître que faire des cadeaux est plus difficile aujourd’hui qu’il y a un siècle. À une époque où nous avons tout, une babiole ne suffit plus pour faire plaisir. Et si par hasard vous découvrez la meilleure idée de cadeau, vous êtes néanmoins inquiet: vous redoutez d’offrir le mauvais présent. C’est ainsi que fleurissent les bons cadeaux et les enveloppes d’argent. Ce n’est certes pas original, mais c’est toujours la meilleure option et une solution de dépannage convenable. Au moins, c’est toujours mieux que d’offrir un cadeau gênant accompagné du ticket de caisse parce qu’en fait, vous savez que le destinataire le rapportera au magasin dès le lendemain.

E Le prudent
Un vieux proverbe dit: «Offre à quelqu’un ce qu’il possède déjà en abondance.» Ainsi, il n’y a aucun risque de se tromper. Pourtant, ce n’est pas parce que l’oncle Arthur porte volontiers des cravates qu’il doit en recevoir une chaque année. Et même si vous pensez qu’on ne peut pas se tromper avec une valeur sûre, avec le temps, la routine devient visible et vos proches pourraient s’en rendre compte. En effet, l’ennui parvient à gâter presque toute relation. Vous contraignez alors votre oncle à l’offensive: il devrait être honnête et vous dire qu’il a assez de cravates. Mais qui le fait vraiment?

F Le stratège
Un appareil qui fait perdre du ventre pour son époux, des jarretelles pour sa petite amie ou un kit de repassage pour la mère au foyer: il y a des cadeaux qui en disent plus sur celui qui les offre que sur ceux qui les reçoivent. Quand votre cadeau manifeste une intention précise, la situation peut devenir délicate. Si vous ne savez pas exactement si ces cadeaux tombent à pic ou sont désirés, reposez-les. Si vous souhaitez que vos proches changent, mieux vaut le leur dire directement qu’avec des cadeaux. Ils pourraient, en effet, vous en vouloir de les mettre dans une situation embarrassante.

G Le frimeur
Vous répondez au joli stylo par un vélo tout-terrain et à l’écharpe bien chaude par un collier de perles. Démesurément exagérés, les cadeaux tape-à-l’œil créent souvent l’effet inverse de celui souhaité. Ce n’est pas la gratitude qui vous revient, mais plutôt de la gêne, voire de la honte. Pas étonnant si celui qui reçoit un cadeau trop généreux a souvent l’impression d’entrer dans une relation de dépendance. Ce sentiment de ne pas pouvoir répondre à un tel présent peut peser sur certaines relations. Si vous voulez accroître votre prestige auprès de quelqu’un, essayez sans cadeau.

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Jean Pinesi

Rédacteur

Avec la collaboration de Stefan Fehlmann

Photo:
Heiner H. Schmitt, Alain Germond, SP
Publication:
dimanche 21.12.2014, 19:00 heure



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