Les chevaux vivent en pleine liberté, sur de vastes étendues, au cœur du Pays basque espagnol.

Des chevaux élevés en pleine liberté

Les Basques élèvent des chevaux comme les Suisses leur bétail. Avec ce que cela implique: l’amour, la passion… et les loups.

Après une journée de quinze heures, José Antonio Indart s’offre enfin un peu de répit. Pour nous, il fouille dans les souvenirs qu’il a accumulés au cours des septante ans passés avec les chevaux.
Les restes d’un copieux repas composé de jambon, de fromage, de charcuteries, de fruits et de vin, s’étalent sur la table. Le Basque est au beau milieu de son récit quand tout à coup, il s’interrompt: «Tu as entendu ce hurlement? Des loups. Les chiens de protection sont fiables, mais je vais quand même sortir un petit moment. Il y a des poulains qui sont encore très jeunes.»

«

Nous vivons pour, avec et des chevaux. C’est la tradition.»

Yosu Barberena, éleveur de chevaux

Une vie parmi le troupeau

Le «petit moment» durera finalement quelques heures. Pas à cause des loups, mais de l’amour que l’éleveur porte à ses chevaux. Nous nous trouvons dans le parc naturel Valderejo, au cœur du Pays basque espagnol. D’une beauté époustouflante, cette région rappelle le Far West. Environ 300 juments, des étalons et leur progéniture y vivent en petits troupeaux sur quelque 400 hectares de pâturages.
Les chevaux appartiennent à des races à viande indigènes comme le Burguete, le Jaca ou l’Hispano-Breton. «Ici, on a l’habitude de manger du cheval. Depuis toujours, affirme Yosu Barberena. Les chevaux font partie de notre identité. Il y a deux semaines, José Antonio a raflé plusieurs prix lors d’une grande exposition.» Yosu et ses trois frères sont des amis et des partenaires de José Antonio. Eux-mêmes élèvent des chevaux et vendent leur viande – depuis peu chez Coop.

Lait maternel et herbe

Les Barberena veillent à ce que tout se déroule dans des bonnes conditions, c’est-à-dire conformément aux besoins des animaux, de l’élevage à l’abattage en passant par le transport. «Le trajet à l’abattoir ne dure jamais plus de deux heures», explique Yosu. Mais auparavant, les animaux vivent en liberté quinze à dix-sept mois dans des pâturages s’étendant à perte de vue. Leur nourriture se compose de lait maternel et d’herbe exclusivement.
Quelques semaines ou quelques mois seulement avant l’abattage, des groupes de chevaux sont amenés dans des écuries à ouverture frontale. Ils continuent à y manger du fourrage grossier, complété d’un peu de céréales. Comme ils ne doivent plus chercher leur nourriture, ils prennent quelques kilos.
Lors de notre visite surprise, nous avons pu constater que le sol de l’écurie était abondamment couvert de paille, que les chevaux avaient beaucoup de place, qu’ils étaient propres et très calmes. Cela doit faire mal de devoir les abattre? «Non, répond Yosu. Nous vivons des chevaux, mais aussi avec eux et pour eux. C’est la tradition. Vous faites la même chose avec les bovins, non?»

Viande de cheval européenne

Des exploitations contrôlées

La viande de cheval importée d’outre-mer est de l’histoire ancienne pour Coop, le respect des dispositions suisses relatives à la protection des animaux ne pouvant pas être garanti. Coop importe donc exclusivement de la viande de cheval d’élevages contrôlés situés en France, depuis début 2013, et en Espagne, depuis mai dernier. Depuis plusieurs années, elle vend aussi de petites quantités de viande suisse. Les exploitations françaises et espagnoles remplissent entièrement les exigences élevées de Coop en matière de bien-être des animaux: les contrôles, basés sur l’ordonnance suisse sur la protection des animaux, sont menés sur place par Coop, par l’organisation partenaire GFVI (Coopérative d’importation de viande et bétail) et par l’organisme de contrôle indépendant SGS.

Viande de cheval 

Production, importation et consommation en Suisse