Cela fait six ans que Keshar Bai utilise principalement le biogaz pour cuisiner: «Je parviens mieux à accorder les saveurs.»

Des cuisines enfin exemptes de fumée

Développement Depuis 2008, 3600 installations de biogaz ont été construites en Inde. Elles ont notamment été financées par Coop. C’est-à-dire par tous les clients qui achètent des produits de la gamme Naturaline.

Rendre notre four à gaz? «Jamais!» Keshar Bai (40 ans) est effarée par la question du journaliste. Dans la cuisine familiale, du khana, plat de légumes traditionnel, mijote sur le feu. La paysanne le remue avec précaution. «Sur la cuisinière à gaz, je parviens mieux à accorder les saveurs», indique-t-elle. Et comme la maison n’est plus enfumée tout le temps, la santé de la famille s’en trouve améliorée.
Malgré tout, le vieil âtre sur lequel on cuisine à feu ouvert fait toujours partie de l’équipement. «On l’utilise encore de temps en temps», précise Keshar: quand il y a des visites et que la cuisinière à gaz ne suffit pas, on rallume le vieux fourneau à bois. «Et puis je l’utilise aussi pour préparer le dal bati», ajoute la paysanne. Pour elle, le traditionnel plat de lentilles est plus facile à réussir au feu de bois.
La cuisinière à gaz sur laquelle elle prépare les repas depuis six ans est un élément de l’installation de biogaz de la famille du paysan Shankar Bhandri Degsingh (48 ans). L’installation fermente le fumier des cinq vaches de Shankar. Le gaz produit est utilisé pour la cuisine; le fumier fermenté donne un excellent engrais sans mauvaises odeurs. Au départ, le paysan a financé l’installation avec le soutien de la fondation suisse Biore.

«

Rendre le four à gaz? Non, jamais! »

Keshar Bai (40 ans), paysanne indienne

Biogaz: 3600 installations

Sans le soutien de cette fondation, Shankar n’aurait pas pu se payer son installation de biogaz. Sur le coût total de 300 francs, Biore en avait fourni 100 et l’administration régionale et le gouvernement indien 90. Les 110 francs restants, Shankar les a sortis de sa poche, sous forme de travaux effectués par ses soins.
Il est l’un des sept paysans du village de Choli à posséder une telle installation. La fondation Biore a contribué à la construction de 3600 installations de biogaz aux alentours de la ville de Kasrawad, dans l’État fédéral du Madhya Pradesh, au centre de l’Inde.

Les paysans apprécient

L’argent de la fondation Biore provient en grande partie du Fonds Coop pour le développement durable. Ce fonds et la fondation financent des projets qui profitent directement aux paysans.
Coop est le plus important vendeur au monde de textiles en coton bio provenant du commerce équitable. Chaque année, l’entreprise réalise 56 millions de francs de chiffre d’affaires avec les produits de la gamme de coton bio Naturaline. La matière première est fournie par Remei, une entreprise zougoise de textile. Outre son utilité directe pour les paysans, via une garantie d’achat et le paiement d’un supplément de prix, Remei les soutient aussi via la fondation Biore.
Outre les installations de biogaz, la fondation Biore a aussi essayé de mettre en place des fourneaux à bois fermés en ciment, avec une cheminée évacuant la fumée à l’extérieur. Mais ils ne se sont pas imposés. Plusieurs ont explosé, déplore Aashish Joshi, qui travaille pour la fondation Biore en Inde. La fondation a donc abandonné son projet de fourneaux sans fumée pour se concentrer sur les installations de biogaz. Le projet doit se poursuivre.
Chaque année, 100 nouvelles installations vont s’ajouter au 3600 existantes. La fondation soutient aussi la réparation d’installations défectueuses, ce qui nécessite des investissements dans près de 70 cas par année, explique Aashish.

Inde

Où Coop et Biore sont actifs

Carte Rich Weber

250 actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/148
Toutes les paroles aux actes
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Heiner H. Schmitt, Marius Born
Publication:
lundi 06.04.2015, 22:50 heure

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