Corentin Tissot et son père Pierre-Alain, 64 ans, dans une prairie fleurie avec, notamment, des marguerites, des rhinanthes, de la sauge des prés et des bromes dressés.

Des fermes qui regorgent de vie

Biodiversité Bio Suisse veut l’encourager en demandant aux paysans bio Bourgeon d’appliquer des mesures concrètes allant dans ce sens. L’exemple de la famille Tissot, à Allens (VD).

Favoriser encore davantage la diversité de la vie dans les fermes bio Bourgeon, tel est le but de l’ambitieux projet lancé en 2013 par Bio Suisse. Intitulé Biodiversité Bourgeon: pour une meilleure qualité de vie, le programme, prévu sur trois ans, est réalisé en collaboration avec l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) et l’Association suisse pour la protection des oiseaux (ASPO/BirdLife Suisse). Il est soutenu par le Fonds Coop pour le développement durable.

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De surprises en surprises

Pour sa mise en application, les différents partenaires misent sur la méthode de
vulgarisation dite «de paysan bio à paysan bio»: des agri-culteurs bio spécialement
formés transmettent leurs conseils et connaissances à d’autres agriculteurs bio afin que ces derniers s’efforcent d’avoir un domaine aussi diversifié que possible. Car les prairies fleuries, les haies et les bandes de fleurs sauvages ne sont pas seulement belles à voir. Elles fournissent aussi un habitat et de la nourriture pour de nombreux organismes utiles, qui pollinisent les cultures et tiennent les ravageurs en échec.

«

Nous n’avons pas besoin d’acheter du fourrage à l’extérieur»

Corentin Tissot, agriculteur bio Bourgeon

Des mesures concrètes

En plus des encouragements de l’agriculture bio pour la biodiversité, comme le renoncement aux herbicides, aux pesticides et aux engrais chimiques de synthèse, les paysans bio Bourgeon doivent franchir une étape supplémentaire. La nouvelle directive de Bio Suisse exige qu’ils mettent en œuvre au moins douze mesures concrètes visant à encourager la biodiversité sur leur exploitation. «Nous en avons trente-sept», affirme Corentin Tissot (34 ans), propriétaire d’un domaine de 27 hectares (ha) à Allens (VD), près de Cossonay, qu’il a repris des mains de son père il y a quatre ans.
Consacrant 18 ha aux cultures bio, principalement céréalières, le jeune agriculteur intègre sur 9 ha l’encouragement de la biodiversité. Son engagement se traduit notamment par des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB), des vergers hautes-tiges – avec nichoirs pour les oiseaux – comprenant 324 arbres fruitiers d’une centaine de variétés différentes, des prairies extensives naturelles, deux jachères florales qui font le bonheur des abeilles – Corentin Tissot possède huit ruches –, une haie constituée d’une trentaine d’arbustes d’essences différentes qui constituent un habitat pour de nombreux oiseaux, des bandes culturales extensives, et l’on en passe.
Aujourd’hui, l’agriculteur et sa famille ne regrettent en rien leur choix. En tout cas pas les 25 chevaux de l’école d’équitation dirigée par sa femme Gaïta, écuyère de formation. «Les chevaux pâturent sur des pâturages extensifs et se nourrissent de fourrage pauvre et grossier. Exactement ce que nous produisons sur nos terres en plus des céréales et des arbres fruitiers. De ce côté-là, nous sommes pratiquement autonomes, nous n’avons pas besoin d’acheter du fourrage à l’extérieur», souligne Corentin Tissot.

Influence de l’agriculture biologique sur la biodiversité

En vert: nombre d’études ayant constaté des effets positifs; en rouge, des effets négatifs. Chiffres entourés d’un cercle: pas de différences.

Source: fiche d’information Agriculture biologique et biodiversité, 2009. Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), Frick (AG).

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/67
Toutes les paroles aux actes
Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo
Publication:
lundi 13.07.2015, 15:00 heure

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