Beatrice et Thomas Wüthrich sont fiers de la qualité de leurs choux.

Des fleurs pour vaincre les ravageurs

Culture du chou Les organismes auxiliaires forment une alternative aux produits phytosanitaires toujours plus utilisée par les agriculteurs bio.

Au bord des champs de choux de Beatrice et Thomas Wüthrich, à Wynau (BE), il pousse du bleuet, du sarrasin et de la vesce commune. Ces bandes florales ravissent certes les yeux, mais elles sont là surtout pour des raisons pratiques. En effet, ces fleurs offrent un habitat à une multitude d’insectes. Un modèle de biodiversité. Coléoptères, guêpes et araignées y pullulent. Or, ces auxiliaires sont les prédateurs des ravageurs du chou.
Depuis 2008, l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FIBL) de Frick (AG) mène un projet visant à optimaliser cette méthode. Le projet est soutenu par le Fonds Coop pour le développement durable.
«Notre but est de réduire l’utilisation d’insecticides biologiques en favorisant les auxiliaires», explique Henryk Luka, responsable du projet. Avec son équipe, cet entomologiste a cherché à déterminer le mélange floral idéal pour attirer les principaux auxiliaires, comme les ichneumons.

«

Nous étions envahis par les ravageurs.»

Thomas Wüthrich, maraîcher

Ces dernières années, une quinzaine d’exploitations bio ont testé le mélange, dont les Wüthrich. Depuis cinq ans, ils cultivent des choux que l’entreprise Schöni, à Oberbipp (BE) transforme en choucroute bio. «La première année, nous étions envahis par les ravageurs», raconte Thomas Wüthrich. La noctuelle, un lépidoptère dont la larve se régale notamment des feuilles du chou, leur a donné beaucoup de fil à retordre. Depuis qu’ils participent à l’essai de bandes florales du FIBL, ils ne constatent presque plus de dégâts.

Penser à l’hivernage

L’institut de recherche mène  un essai de grande ampleur. Jusqu’en 2017, il s’agira de recueillir des données concrètes afin de voir dans quelle mesure les cultures de choux avec bandes florales se distinguent des autres. L’objectif: appliquer ces connaissances sur le développement des auxiliaires à la production intégrée (PI).
Henryk Luka précise toutefois que la bande florale n’est pas le remède miracle. Dans les endroits où il n’y a que des champs cultivés, ça ne marche pas. «Il faut toujours préserver des biotopes pluriannuels comme les friches, les lisières forestières, les haies et les arbres. Car les auxiliaires ont aussi besoin de milieux appropriés pour hiverner.»

Moins de dégâts: bleuets protecteurs

Source FIBL, Henryk Luka, inédite

L’ichneumon: la terreur des ravageurs

Contrairement à d’autres légumes, les choux restent longtemps dans les champs. Ils sont donc particulièrement vulnérables aux attaques de ravageurs comme la noctuelle, la piéride ou la pyrale. L’ichneumon est une aide précieuse pour combattre ces insectes. Cette guêpe s’attaque aux ravageurs en pondant ses œufs directement dans leurs larves. Les larves de l’ichneumon vont ensuite dévorer leur hôte de l’intérieur, tuant ainsi l’insecte. Une fois adulte, l’ichneumon va se nourrir du nectar des fleurs qu’il trouvera dans la bande florale en lisière du champ. Celle-ci offre aussi un habitat aux carabes et aux araignées. Ces prédateurs se nourrissent également de ravageurs et sont bénéfiques à l’agriculture biologique.

La bande florale offre un habitat aux ichneumons, aux carabes et aux araignées, des prédateurs de ravageurs.

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