1 von 14


Helen Masasi cuisine sur le fourneau à haut rendement énergétique.

La région de Naivasha accueille une riche faune sauvage, dont une importante population de girafes.

Les décors et animaux (ici un phacochère) que l’on retrouve dans le dessin animé «Le Roi Lion» ont été inspiré de cette région du Kenya.

Les Massaï ont un mode de vie très simple.

Le paysage qui entoure le village de Enaibor Ajijik est semi-aride.

Lorsqu’un adulte arrive, les enfants Massaï doivent incliner la tête devant lui, dans un geste qui vaut une bénédiction.

Les enfants sont à la fois intimidés et fascinés par l’appareil photo.

Jaqueline, 26 ans, a six enfants. Depuis qu’elle utilise ce nouveau four, les petits ont moins de problèmes oculaires.

Catherine et ses trois enfants Geoffrey, Korine et Sikuuluu utilisent les restes de maïs pour entretenir le feu.

Le village d’Inkorienito borde le parc national Hell’s gate où vivent beaucoup d’animaux sauvages, ici des zèbres.

Les plus grands enfants du village s’occupent des plus petits pendants que les mères vont chercher du bois.

Le village Inkorienito n’est constitué que de quelques huttes. Le chef du village a sept femmes et 45 enfants.

Naivasha est l’une des zones de production de rose parmi les plus importantes au monde.

Dans le lac d’eau douce de Naivasha, les hippopotames paissent tranquillement.

Des fours écologiques pour un avenir meilleur

Climat Au Kenya, Coop distribue des fourneaux à faible émission de fumée à des familles massaï. Visite d’un projet concret de compensation de CO2.

Helen Masasi est penchée sur son fourneau et remue le riz à la tomate qui cuit dans la casserole. Dans ce petit village massaï, Inkorienito, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Nairobi, le riz est réservé aux grandes occasions: c’est un produit de luxe. Au quotidien, les repas se composent avant tout d’ugali, une bouillie de maïs. Mais aujourd’hui est un jour particulier: le village reçoit des invités.
Tous les enfants s’agglutinent devant la hutte d’Helen, qui cuisine à l’extérieur, grâce à ce nouveau fourneau de la taille d’un tabouret et d’un poids de quatre kilos, mobile et à haut rendement énergétique. Il a remplacé, dans bien des familles de la région, le feu allumé dans chaque maison, qui brûlait les yeux et abîmait les poumons. Le four d’Helen fait partie d’un projet de compensation des émissions de CO2 lancé par Coop et le WWF dans cette région du Kenya, il y a quatre ans. En tout, 4000 fourneaux ont été vendus à des familles massaï. Leur prix d’origine tourne autour de 30 francs pièce, mais ils sont attribués pour 3 francs. Le budget compensation de Coop a réglé la différence.

Le bois doit être débité en petits morceaux pour alimenter le feu.

«Nous voulions que les gens déboursent un prix symbolique afin d’éviter que ces fours ne soient revendus ou démontés pour leurs pièces», explique Alasdair Keith, l’un des responsables du programme. L’homme est cadre chez le producteur de roses Oserian, la plus grande entreprise de ce secteur au Kenya et le plus grand employeur de la région.
Basée près de Naivasha, la firme emploie 5500 personnes de la région, et fait vivre quelque 15 000 personnes. Oserian est l’un des fournisseurs de roses de Coop et s’occupe de la logistique de ce projet écologique. «Ces fours représentent notre contribution à la société. Nous nous sommes engagés à les réparer au besoin et à les éliminer quand ils arrivent en bout de course», indique l’ingénieur.

«

Ces fours sont notre contribution à la société.»

Alasdair Keith, responsable du projet et ingénieur chez le producteur de roses Oserian

Chaque four permet, potentiellement, une économie de CO2 jusqu’à six tonnes annuelles par rapport à un foyer ouvert. Coop peut ainsi recevoir des certificats d’émissions pour la compensation de quelque 20 000 tonnes de CO2 par année, qui portent le label «Gold Standard». «Nous avons choisi de soutenir ce projet car c’est celui qui apporte le plus de bénéfices à la population tout en préservant les ressources naturelles», souligne Raphael Schilling, responsable du développement durable chez Coop. Le grand distributeur finance l’achat de fours similaires sur d’autres continents pour d’autres projets de compensations de CO2.

Les femmes d’Inkorienito doivent marcher trois heures chaque jour pour trouver du bois.

«

Je n’ai plus besoin d’aller chaque jour chercher du bois»

Helen Masasi, éleveuse et commerçante

Les pommes de terre récoltées seront vendues en ville.

Moins de problèmes de santé

Entre-temps, un doux fumet s’échappe de la casserole d’Helen. À intervalles réguliers, la jeune femme de 29 ans rajoute de petites branches pour attiser le feu. Pour chauffer efficacement, le fourneau utilise 60% de bois en moins qu’un feu traditionnel. «Avant d’avoir ce four, je devais marcher trois heures pour trouver du bois, chaque jour, c’était long et pénible.» Pendant ce temps, ses trois enfants: Samuel (7 ans), Jackson (5 ans) et Isaya (3 ans) restaient seuls.

Pendant que les mères vont chercher du bois, les enfants restent seuls à la maison.

Aujourd’hui, deux fois par semaine suffisent. Outre le troupeau de vaches qu’elle gère, Helen joue l’intermédiaire entre les paysans, à qui elle rachète leur récolte de pommes de terre, et le marché, où elle les revend. Le temps qu’elle passait auparavant à ramasser du bois est réinvesti dans les autres activités, ce qui permet à Helen d’améliorer sa situation financière. En outre, elle n’est plus obligée de cuisiner à l’intérieur, sur le feu. Les problèmes respiratoires et oculaires de la famille ont donc grandement diminué. Le projet est tout bénéfice également pour l’environnement car la diminution du bois nécessaire ménage la nature. La déforestation ralentit et les émissions de CO2 se réduisent. L’écosystème de la région semi-aride du lac de Naivasha, le plus grand lac d’eau douce du Kenya, est en effet très fragile. D’autres organisations internationales y mènent des projets de sauvegarde (panneaux solaires, récupération de l’eau, biogaz…).

Les adolescents et les femmes sont chargés de s’occuper des troupeaux.

Une question d’argent

Rhoda, la voisine d’Helen, possède le même fourneau. Elle a immédiatement compris la sécurité qu’il pouvait offrir: «J’ai renoncé à transbahuter le four et construit une enceinte de pierres autour, afin qu’il ne se renverse pas et que mes quatre enfants ne se blessent plus.» Âgée de 34 ans, elle vit la plupart du temps dans sa hutte, où elle fabrique les élastiques en perles qui seront noués autour des bouquets de roses d’Oserian. Elle touche 6 schillings par pièce (soit 6 centimes), dont 2 sont versés sur un compte-épargne. En tant que collaboratrice, elle a reçu gracieusement un ancien four de démonstration. Heureusement car ce mois-ci, le camion qui doit leur apporter le matériel n’est pas venu.

Rhoda Masasi a sécurisé son fourneau en construisant une enceinte en pierre autour.

L’avenir? Ces femmes n’osent pas y penser. «Avoir une maison plus permanente, avec des fenêtres», souffle Helen. Les villages massaï, semi-nomades, sont tributaires des décisions de leur chef, qui peut choisir brusquement de lever le camp pour aller là où l’herbe est plus verte. Le projet se poursuivra en 2015. D’autres entreprises à travers le monde s’y sont jointes. «Les Massaï vivant à l’ouest de Naivasha ont entendu parler du projet et nous réclament à présent des fourneaux», se réjouit Alasdair Keith. À ce jour, 7000 fours ont été distribués par diverses entreprises. Coop et le WWF réfléchissent à leur engagement futur dans ce programme.

Les enfants jouent dehors.

Gold standard

Un label précieux

Au moment de choisir ses projets de compensation de CO2, Coop opte toujours pour ceux qui sont labellisés «Gold Standard». Ce label est pour ainsi dire la Champions League de la compensation de CO2. Pour obtenir ce label créé par une soixantaine d’organisations non gouvernementales, il faut respecter des conditions plus sévères que pour d’autres projets de compensation:

  • Le projet doit permettre davantage de réduction de CO2
  • Le projet intègre la population locale, qui doit en tirer bénéfice
  • Le projet contribue au développement du savoir-faire avec des technologies simples
  • Le projet prend en considération la nature et promeut la biodiversité.

Une étude indépendante a analysé plus de cent projets de compensation en Chine. Elle arrive à la conclusion que ceux-ci génèrent neuf fois plus de bénéfices que le prix même du certificat d’émissions. Un seul projet avec 1600 fourneaux à haut rendement énergétique génère des certificats d’une valeur de 160 000 dollars par année. La plus-value se chiffre à plus d’un million de dollars:

  • La valeur économique de la région épargnée par le déboisement: 350 000 dollars
  • L’économie nationale profite de la diminution du nombre de décès dus aux émissions de fumée: 325 000 dollars
  • La plus-value économique du gain de temps passé à chercher du bois: 600 000 dollars.

Coop très impliquée en faveur du climat

Vision CO2

En tant que membre du groupe «Climate Savers du WWF», Coop a annoncé la couleur: jusqu’en 2023, elle vise la neutralité carbone pour ses émissions de CO2

Les émissions de CO2 de Coop sont notamment provoquées par les transports en camion, la consommation d’électricité et le chauffage de ses bâtiments. L’accent sera mis sur les énergies renouvelables. Après cette échéan-ce, Coop souhaite continuer de compenser les émissions auxquelles elle ne peut pas renoncer. Depuis déjà 2007, le grand distributeur compense les émissions de CO2 émises par les transports par avion, les déplacements professionnels ou les livraisons de Coop@home. Coop développe des projets en faveur du climat sur plusieurs continents, en collaboration avec le WWF. Elle a ainsi distribué 1600 fourneaux à haut rendement énergétique aux habitants d’une région de Chine où l’habitat naturel des pandas était en danger. La déforestation a pu être ralentie voire stoppée. Au Népal, 7500 installations de biogaz ont été mises en service afin de préserver l’habitat d’espèces menacées.
Depuis trois ans, Coop exige que tous ses projets de compensation soient développés au sein de sa chaîne de production. Cela signifie que les bénéficiaires d’un projet travaillent pour l’un des fournisseurs de Coop.
Au Kenya, on sauvegarde une région qui produit des roses Fairtrade. En Inde, les installations de biogaz facilitent la vie des cultivateurs de riz basmati bio. En Tanzanie, un projet de fourneaux économes est à l’étude pour les travailleurs des champs de coton bio, qui sera vendu en Suisse sous le label Naturaline.

Les enfants plus âgés s’occupent de leurs petits frères et sœurs.

La compensation de CO2 Comment ça marche

Sources: WWF, Coop

Calculez votre empreinte écologique

Quiz: 6 questions autour du Co2

 
01
sur
 

 

Solution du quiz (dans la version papier du journal n°5): MASSAÏ

Mélanie Haab

Rédactrice

Photos: Charly Rappo/arkive.ch

Publication:
lundi 26.01.2015, 11:00 heure

Retrouvez toutes nos recettes