L’Américaine Kenna (18 ans, pull noir et blanc), passe un an en terre fribourgeoise. Chez la famille Schneider, elle se sent comme à la maison: «Il y a eu une connexion naturelle!»

Des ponts édifiés par les échanges interculturels

Mobilité Grâce à YFU, de jeunes Américains viennent étudier côté helvétique et vice-versa. Les États-Unis séduisent les Suisses.

Environ 50% des jeunes Suisses qui partent en séjour longue durée avec l’organisation Youth for Understanding (YFU) décollent à destination des États-Unis. «C’est une superpuissance culturelle. L’image qui en est réverbérée dans les médias et les films reste attractive pour eux», constate le directeur de YFU Suisse, Jerry Krattiger. Pour justifier leur choix, les étudiants évoquent «une fascination pour ce pays et sa culture» ou l’envie de vivre une expérience scolaire et de vie dans une «High School», «comme dans les films».

En sens inverse, la Suisse est moins convoitée par les jeunes Américains car ils la connaissent peu. «Je dois être honnête, la Suisse était mon troisième choix. J’avais davantage entendu parler de la France», s’excuse presque Kenna Barnes (18 ans), immergée dans la vie suisse depuis août dernier. Même son de cloche de la part de sa compatriote Meg Brudos (19 ans): «On n’apprend presque rien sur la Suisse en classe aux États-Unis. Avant de venir ici, je savais seulement que c’est un petit pays neutre avec des montagnes et du chocolat», sourit-elle.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Sam Eastwood (17 ans), dont le père a beaucoup vadrouillé dans le cadre de sa vie professionnelle et a transmis le virus à son fils, a choisi de venir ici: «Chez moi, au Texas, c’est plat et il fait toujours chaud… Je vis autre chose en Suisse! Et je trouve génial de voir autant de cultures et de langues dans un si petit pays. Autre avantage: tout est très proche et les transports publics sont partout et fonctionnent bien.»
Les trois amis constatent certaines différences entre les deux pays. Chez eux, ils ont le droit de conduire une voiture à 16 ans et l’utilisent beaucoup. Ici, ils se déplacent à pied, en bus et en train. Ils sortent volontiers en ville entre copains. «Aux États-Unis c’est pas pareil, on n’a pas le droit de boire avant ses 21 ans. On va donc plutôt chez des amis que dans des bars ou des salles de concert», raconte Meg.

«

Autant de cultures et de langues dans un si petit pays,  je trouve ça génial!»

Sam, jeune Texan à Fribourg

Spätzlis, becs et politique

Côté cuisine, les trois Américains n’observent pas d’énormes contrastes des deux côtés de l’Atlantique, même s’ils constatent que les milk-shakes sont moins populaires au pays de Heidi que chez eux. Leurs découvertes gustatives sous nos latitudes? Les spätzlis, les röstis, la raclette et la fondue. «Et le chocolat est bien meilleur en Suisse que chez nous», salive Kenna.
Concernant les salutations, les trois bises qu’ont l’habitude de se coller les Suisses ont surpris les trois étudiants: «Chez nous, on se serre la main ou on se fait une accolade», précise Meg.
Sur le plan politique, la voix qui est accordée au peuple suisse les impressionne: «Le système est plus direct et plus démocratique qu’aux États-Unis. Les Suisses peuvent par exemple entreprendre des référendums», notent Meg et Sam.
Tous les jeunes placés par YFU séjournent chez des familles d’accueil qui ne sont pas rémunérées. Elles les logent, les nourrissent et les blanchissent, au nom d’un enrichissement interculturel.

«Kenna est comme notre fille»

La famille Schneider de Fribourg – qui a déjà accueilli une étudiante finlandaise durant un an – héberge Kenna depuis quelques mois: «Le courant est tout de suite passé. On la considère comme notre fille», se réjouit Elisabeth (51 ans), bibliothécaire, mère de quatre enfants majeurs. Son époux Claude (49 ans), musicien, apprécie que grâce à l’accueil d’étudiants étrangers, il se cultive sur la géographie, les traditions ou le mode de vie d’autres régions du monde: «Kenna nous a présenté les États-Unis de la côte est à la côte ouest grâce à Google Earth. Elle a vécu sur la côte est et sa famille a déménagé sur la côte ouest.»
Gentleman, Clément Schneider (21 ans) a cédé sa chambre à Kenna et dort dans la pièce habituellement réservée aux hôtes de passage. «Quand cette famille m’a adoptée, j’ai pleuré. On a le même style de vie, c’est exactement ce que je recherchais», témoigne la jeune Américaine.
L’esprit du voyage a conquis les enfants d’Elisabeth et Claude. Zélie (20 ans) est partie un an en Autriche avec YFU. Depuis, elle s’est engagée en tant que volontaire auprès de l’organisation. 

Pour éviter un nouveau conflit mondial

L’organisation internationale d’échanges de jeunes YFU, à but non lucratif, est née au Michigan en 1951. Ce sigle signifie Youth for Understanding (la jeunesse pour la compréhension). Elle a vu le jour afin de favoriser les échanges entre les États-Unis et l’Allemagne, puis entre les États-Unis et le Japon: «L’idée de base était d’éviter la répétition d’un conflit mondial. L’organisation a un fort impact au niveau de la création de liens et de l’apprentissage démocratique», indique le Neuchâtelois Jerry Krattiger, à la tête de YFU Suisse depuis un an. Ce principe se poursuit aujourd’hui encore: «On est actifs autour du monde pour répondre à un besoin de meilleure compréhension entre les peuples», conclut le directeur.

À la découverte des autres

Témoignages L’un s’apprête à partir un an outre-Atlantique, l’autre en a déjà fait l’expérience. Jathavan et Nicholas vantent tous deux la richesse des échanges culturels.

Le Valaisan Jathavan (18 ans) s’envolera en août pour les États-Unis.

Le Valaisan Jathavan (18 ans) s’envolera en août pour les États-Unis.
Le Valaisan Jathavan (18 ans) s’envolera en août pour les États-Unis.

Cette année, soixante jeunes Suisses vont tester la vie à l’américaine avec YFU. Parmi eux, le collégien valaisan Jathavan Thamaraichelvan. La grandeur qui caractérise les États-Unis attise notamment sa curiosité: «Et j’aime découvrir de nouvelles cultures et religions», précise l’étudiant aux origines sri lankaises.
Nicholas John (21 ans) garde d’excellents souvenirs de son année passée dans l’État de Virginie. Il y a rencontré une deuxième famille, s’est fait de nombreux amis et a fréquenté une école de 4000 étudiants… «C’était impressionnant, un peu comme dans les films. La forte valeur du sport m’a marqué. Un match de football attirait par exemple plus de 3000 spectateurs dans ma High School

Points de vue sur le monde

De nationalité suisse, Nicholas a passé la plus grande partie de sa vie en République tchèque. Aujourd’hui, le jeune homme qui maîtrise aisément quatre langues vit à Genève. Il y suit des études en relations internationales et rêve d’embrasser une carrière dans la diplomatie. «J’ai besoin de bouger tous les quatre ou cinq ans. Dès que je change de pays, je change de point de vue sur le monde. C’est pour cela que j’aime découvrir comment les gens vivent et pensent ici et ailleurs. C’est une manière de comprendre les conflits qui agitent le monde.»

Souvenir des chutes du Niagara en 2011: le Suisse Nicholas avec sa mère d’accueil Linda et Felix, étudiant d’échange suédois.

Commentaires (2)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo, SP
Publication:
lundi 18.05.2015, 15:50 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?