Anna Vetsch est séduite par ces vêtements de la ligne Nulu de Coop.

Des textiles exempts de produits nocifs

Production propre Coop a adhéré à la campagne Detox de Greenpeace et s’emploie à bannir certaines substances chimiques qui polluent l’environnement. Le point avec la cheffe de projet.

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Les articles nocifs pour la santé n’entrent même pas dans l’assortiment »

Anna Vetsch, cheffe de projet Développement durable

Il y a deux ans, Greenpeace secouait l’opinion publique en montrant des images choquantes de teintureries et révélait des failles dans l’industrie textile. Coop a réagi rapidement et a adhéré à la campagne de Greenpeace. Depuis, Coop se bat pour éliminer les produits chimiques nocifs pour l’environnement de la production de ses textiles. Des résultats sont là, mais la route est encore longue.

Coopération. En janvier 2013, Coop a signé l’accord Detox de Greenpeace. Et depuis?

Anna Vetsch. Dans un premier temps, nous avons défini notre propre directive intitulée Textiles et peaux, qui fixe ce que nos fournisseurs ont le droit de faire ou non. Mais ça ne se limite pas qu’à des exigences d’ordre toxicologiques relatives aux textiles: la directive définit également des critères sociaux et écologiques et réglemente la production des matières textiles ainsi que leur transformation.

Que contient précisément cette directive?

L’élément principal est la «liste négative», qui est en lien avec le contrat Detox. Il s’agit d’une liste de substances chimiques qui doivent être éliminées de la transformation textile. Coop s’est engagée à bannir du processus de production, d’ici 2020 au plus tard, les onze groupes de substances définis par Greenpeace. En plus de cela, nous avons ciblé d’autres groupes que nous voulons aussi supprimer. Au total, cette liste compte environ 250 substances; elle est remaniée et complétée chaque année. Tout fournisseur de textiles à Coop doit respecter ces directives.

Pourquoi est-ce difficile d’interdire des produits chimiques? 

Les difficultés sont multiples: tous ces produits sont employés dans un but précis. On ne peut donc pas simplement les supprimer, il faudrait les remplacer. Nous devons commencer par trouver d’autres solutions, voire en développer et les tester, ce qui prend du temps. Et c’est seulement lorsque la qualité est bonne (une veste de pluie et un parapluie doivent être imperméables, par exemple) que les articles sont utilisables. Autre difficulté : nous ne produisons pas nous-mêmes, et les filières d’approvisionnement pour le textile sont le plus souvent longues et complexes. Nous achetons les produits textiles auprès d’entreprises qui les finalisent. Nous n’avons presque jamais de contact direct avec les producteurs de matières premières et les teintureries. Il nous faut donc commencer par convaincre nos fournisseurs directs et, à travers eux, établir le dialogue avec les teinturiers et les blanchisseurs. Pour que la campagne Detox réussisse, il faut un changement de mentalité de toute l’industrie textile.

Ne pouvez-vous pas faire davantage pression sur vos fournisseurs? 

Coop est un petit acteur en comparaison internationale, nous ne pouvons exercer qu’une pression limitée. L’expérience montre que le dialogue et une relation basée sur le partenariat avec les fournisseurs donnent plus de résultats. Nous pouvons les convaincre, car nous leur avons déjà dit à plusieurs reprises que certains produits chimiques posent problème.

Le coût entre-t-il aussi en ligne de compte?

Il arrive évidemment que les nouveaux procédés de production coûtent plus cher, mais ce ne serait pas un obstacle pour nous. L’important, c’est que tous les négociants en textiles s’adressent aux fournisseurs avec les mêmes objectifs et les mêmes prescriptions. Le dialogue avec tous ceux qui ont adhéré à Detox est donc essentiel. Coop, qui s’est engagée sur cette voie il y a deux ans, peut y participer activement.

Greenpeace et son contrat Detox sont donc une bonne démarche?

Oui. Nous partageons ces objectifs et ces idées de Greenpeace, c’est pourquoi nous avons signé l’engagement. La protection de l’environnement dans les pays de production ainsi que la problématique des eaux usées sont importantes. Avec son action, Greenpeace a posé des jalons déterminants dans les pays asiatiques concernant cette problématique. Au cours de l’année, nous allons intensifier les tests des eaux usées sur place et publier les données environnementales de nos fabricants et fournisseurs afin d’assurer la transparence. Ce sera le cas d’ici fin 2016 pour tous les plus gros fournisseurs d’équipements, qui sont derrière la majorité de la marchandise que Coop commercialise sous ses marques propres.

Revenons-en à Coop. Pour quels vêtements n’y a-t-il «aucun risque»?

Je préfère ne pas parler de vêtements en particulier, mais plutôt de groupes de substances qu’il faut éliminer. Coop l’a déjà fait pour beaucoup d’entre eux. L’exemple des PFC illustre bien le travail que nous effectuons dans le cadre de Detox : les PFC sont utilisés pour imperméabiliser les textiles. Nous avons supprimé les PFC d’une grande partie de notre assortiment textile, mais le problème demeure pour les parapluies. Nous testons actuellement une substance alternative. Si elle est concluante, tous les parapluies de chez Coop seront sans PFC dès fin 2015. Coop a sans doute fait œuvre de pionnier avec sa ligne textile Naturaline : nous contrôlons l’ensemble de la filière de production de nos produits avec du coton bio. L’utilisation de substances chimiques est strictement réglementée et les produits chimiques dangereux sont interdits.

Les parapluies ne sont pas vraiment en contact avec le corps… Qu’en est-il des vêtements?

Les articles nocifs pour la santé humaine n’entrent même pas dans l’assortiment. Si cela se produit malgré tous les contrôles, nous les rappelons. Mais ce n’est pas le thème central de Detox. Detox se concentre sur l’environnement et les eaux usées, ainsi que sur les produits chimiques nocifs pour les ouvrières et ouvriers de l’entreprise.

Provenance de nos textiles et montant des importations

Administration fédérale des douanes, valeurs 2013 en millions de francs.

Campagne Detox

Que fait Coop?

Anna Vetsch, cheffe de projet

Anna Vetsch, cheffe de projet
Anna Vetsch, cheffe de projet

Coop veut bannir les substances chimiques dangereuses. L’organisation écologiste Greenpeace se bat depuis plusieurs années pour supprimer les substances chimiques dangereuses de la production textile. Elle a lancé la campagne Detox, dont l’objet principal est la lutte contre la pollution des eaux et du sol et contre les effets sur la santé des personnes vivant dans les pays de production.
Coop a été la première entreprise suisse à signer la déclaration d’intention avec Greenpeace en 2013. Coop et Greenpeace ont pour objectif d’éliminer d’ici à 2020 les produits chimiques à risque dans la production textile.

Coop s'engage à réduire les produits chimiques dans la production textile