Des vacances pour tous

Nombreux sont ceux – comme les Meyer – qui ne peuvent s’offrir des vacances en famille. C’est là qu’intervient l’Aide aux vacances Reka.

Assise sur les genoux de son papa, la timide Jana (5 ans) commence à raconter ses toutes premières vacances. Elle parle des «biquettes» dans l’étable pour petits animaux du village de vacances Reka à Urnäsch (AR) et des sorties à cheval. Tim (8 ans), quant à lui, plongé dans sa bande dessinée, se contente de préciser les dires de sa sœur. Il évoque les lapins du village et se remémore avec enthousiasme la soirée où les enfants ont été autorisés à manger des frites. Michael Meyer, leur papa (33 ans), renchérit: «Et vous pouviez nager tous les soirs, vous vous souvenez?»

Des vacances à 200 francs

Lui aussi garde un merveilleux souvenir d’Urnäsch. D’ordinaire, le budget limité des cinq membres de cette famille ne permet pas ce genre de dépenses. La mère de famille, Martina Meyer (33 ans), est assistante maternelle. Elle organise des cours de gymnastique mère-enfant et réalise de temps à autre des travaux de couture sur commande. Elle raconte que s’ils ont pu partir l’été dernier, c’est grâce à l’astuce fournie par un voisin: «Il a lui-même cinq enfants et nous a expliqué que quand ils étaient encore petits, l’Aide aux vacances Reka était le seul moyen de financer un voyage.» Depuis le milieu des années 1950, la Caisse suisse de voyages (Reka) soutient les familles défavorisées pour leur permettre de réaliser leurs rêves de vacances. «Notre voisin nous a maintes fois conseillé d’envoyer notre candidature. Nous avons fini par le faire.»
C’est ainsi que les Meyer ont pu se rendre à Urnäsch moyennant une modeste participation aux frais de 200 fr. Michael, horticulteur de profession, poursuit: «Sans le soutien de Reka, nous n’aurions pas pu partir. Cette année encore, nous nous serions réunis pour calculer si des vacances étaient possibles avec notre budget – mais c’est perdu d’avance.» L’année prochaine, la famille présentera de nouveau sa candidature pour l’Aide aux vacances Reka. En effet, ces congés leur ont fait le plus grand bien et il est possible de faire une demande d’aide tous les deux ans. En 2017, Reka a reçu 1600 demandes, mais toutes ne remplissaient pas les critères d’admission (lire notre encadré à droite). En définitive, 1002 familles à faibles revenus ont pu bénéficier d’une semaine de vacances pour 200 fr. Cette année, 1000 places sont disponibles.

Une photo tirée de l’album de famille: Tim, Angelina et Jana s’amusent dans le parc de jeu à Urnäsch (AR).

Premiers arrivés, premiers servis

Verena Buschle (59 ans), responsable Aide aux vacances Reka, donne un conseil aux familles intéressées: «Les demandes sont traitées par ordre d’arrivée, les vacances allouées en continu. Il est donc essentiel de s’inscrire rapidement.»
Un quart de l’Aide aux vacances Reka, dont le coût annuel s’est élevé à près de 2,1 millions de francs l’an dernier, est financé par des dons. Le reste provient des bénéfices réalisés par Reka. Les titulaires de la Supercard peuvent se procurer ces chèques avec 3% de rabais au service clientèle des grands supermarchés Coop. Non seulement ils en profitent eux-mêmes, mais ils soutiennent aussi par ce geste l’action «Vacances à 200 fr.» destinée aux familles vivant en dessous du seuil de pauvreté défini par les autorités. Pendant son dernier séjour, la famille Meyer, qui souhaitait faire une randonnée, n’a pas eu beaucoup de chance avec la météo. «Il a plu toute la semaine, quasiment sans discontinuer – sauf le jour de notre départ», raconte avec regret Martina. Cependant toute la famille reste unanime: ces vacances font le plus grand bien!

Plus d'informations et inscription

Aide aux vacances Reka

Conditions de participation en 2018

Vous avez au minimum un enfant de moins de 16 ans.
Vous n’avez pas bénéficié de l’Aide aux vacances Reka en 2017.
Vous êtes de nationalité Suisse ou disposez d’un permis de séjour C.
Le revenu annuel total (avec allocations familiales et pension alimentaire) est de 60 000 fr. pour une famille biparentale, et de 50 000 fr. pour une famille monoparentale. A partir du deuxième enfant, le salaire maximal s’élève par tranche de 5000 fr. par enfant.
Tous les revenus et valeurs patrimoniales doivent être justifiés.
L’offre n’est pas valable pour les personnes en formation.

Site officiel Reka
texte:
Julia Gohl
Photo:
Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 19.03.2018, 13:38 heure