À 12 jours à peine, les poussins d’Erwin et Barbara Scheifele vivent encore très proches les uns des autres.

Dindes choyées dans un poulailler de bavière

Bien-être animal À l’étranger, les éleveurs de dindes travaillant pour Coop doivent respecter les normes suisses. La Protection Suisse des Animaux (PSA) leur apporte soutien et conseils.

L’année passée, les Scheifele ont investi une coquette somme dans la construction d’un jardin d’hiver et l’installation de perchoirs et de nouvelles portes. «Quelle chance vous avez!» s’exclament leurs amis en les entendant parler de leurs travaux. Barbara Scheifele (33 ans) leur explique dans son dialecte bavarois que ce n’est pas pour eux, «mais pour les petits». Précisons qu’elle ne parle pas de ses deux enfants, mais de ses dindes et dindons…

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Standards suisses stricts

Les Scheifele sont engraisseurs de dindes à Langerringen, dans le sud de la Bavière. Erwin Scheifele (37 ans) l’est pour ainsi dire depuis toujours. Son père, en effet, exerçait déjà cette activité. Depuis avril, le couple produit pour la Suisse. Par conséquent, selon les standards suisses. Il s’agit, en l’occurrence, d’un programme spécial mis au point par Coop et Bell. Ce programme impose aux producteurs de viande de dinde étrangers de détenir leurs animaux conformément aux exigences des systèmes de stabulation particulièrement respectueux des animaux (SST).
Ainsi, les dix engraisseurs allemands et les deux engraisseurs français concernés sont tenus de respecter des directives strictes en ce qui concerne la superficie des zones extérieures, la taille des poulaillers et les équipements. De plus, ils ne peuvent pas avoir autant de volailles qu’avant sur une même surface. Alors qu’ils peuvent détenir 58 kg de dinde (poids vif) par mètre carré selon les directives de l’UE, ils sont limités à 36,5 kg par les normes SST suisses. Cependant, certains avaient déjà procédé de leur plein gré à de telles réductions. «Des volailles pressées les unes contre les autres, ce n’est pas beau à voir», admet Erwin Scheifele.
Grâce à Coop et à Bell, ces douze producteurs peuvent désormais se payer le luxe d’une réduction de la densité d’animaux détenus au mètre carré. Le supplément qu’ils reçoivent par rapport au prix de vente leur permet de couvrir les frais occasionnés par la conversion au système de stabulation particulièrement respectueux des animaux.
On a beau aimer les bêtes, pour les éleveurs il en va de leur gagne-pain. Eux-mêmes et leurs familles doivent pouvoir en vivre.

Les dindes un jour avant l’abattage.

Conseils d’experts

Dans le cadre de ce projet,  Coop et Bell collaborent avec les représentants de la PSA. Ils contrôlent si les aménagements et les modifications effectués dans les poulaillers répondent aux normes. Ils cherchent aussi ce qui pourrait être amélioré.
C’est pendant cette phase de transition que les engraisseurs comme Erwin Scheifele dépendent particulièrement des contrôles et des conseils de vétérinaires et d’experts en bien-être animal. Même s’ils détiennent des dindes depuis longtemps, ils peuvent toujours apprendre quelque chose. En général, les éleveurs font preuve de bonne volonté et acceptent volontiers les critiques.
Chez les Scheifele, tout commence avec l’arrivée des poussins âgés de 2 semaines. Les petites boules de plumes s’agitent et piquent les intrus qui s’aventurent dans leur enclos. Méfiance ou simple curiosité? Quand on voit l’accoutrement de ces derniers – combinaison bleue, bonnet vert et sacs plastique transparents enveloppant les chaussures – on comprend mieux leur réaction.

Michael Hagenauer compte le nombre de perchoirs.

Contrôles approfondis

Les intrus en question ne sont autres que Christiane Meyer, de Bell, ainsi que Mira Gelehrter et Michael Hagenauer, de la PSA. Ce dernier  commence par mesurer méticuleusement le poulailler avec son appareil laser. La superficie est prise en compte, mais pas seulement. Il y a notamment aussi le parcours qu’utilisent les volailles pour aller dehors, le nombre et le diamètre des mangeoires, le nombre et la taille des perchoirs et bien d’autres choses encore. Une visite complète peut facilement durer plusieurs heures.
Entretemps, Mira Gelehrter vérifie l’état de santé des animaux. Elle examine les becs pour s’assurer qu’ils n’ont pas été trop épointés (pointe coupée au laser); elle palpe les ventres pour déceler d’éventuels nodules ou abcès et contrôle les pattes à la recherche de possibles ulcères et blessures.

Exemple de pattes saines

Granulés de paille

La vétérinaire n’est que moyennement satisfaite de l’état des pattes des poussins des Scheifele. La litière est pourtant composée de sciure extra-fine. Une solution qui part d’un bon sentiment, explique Mira Gelehrter, mais les petits copeaux présentent des arêtes vives qui peuvent entailler les pattes. Par conséquent, des saletés peuvent se déposer dans les plaies et provoquer des inflammations. «J’utiliserais plutôt des granulés de paille», conseille-t-elle au couple d’éleveurs.
Pour quelle raison ont-ils investit tant d’argent et d’énergie dans la conversion au programme SST? «Parce que nous voulons que les animaux se sentent bien. Finalement, nous vivons par et avec eux», répond Barbara Scheifele. Et peut-être aussi pour améliorer l’image des engraisseurs de volaille qui, à la suite de divers scandales, a été quelque peu malmenée en Allemagne.

Exemple de pattes où des salissures se sont déposées dans les plaies provoquées par les petits copeaux.

Chez Coop

Part des importations de viande de dinde

Source: coopérative Coop

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/282
Toutes les paroles aux actes
Michaela Schlegel

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Photo:
Stefan Bohrer
Publication:
dimanche 20.12.2015, 14:00 heure

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