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A Naples, recevoir un piment frais, séché ou en plastique porterait bonheur

Les marchés colorent nombre de quartiers

Les Napolitains mangent et sortent « tard ». La ville reste festive toute la semaine.

Visite du volcan de Solfatare

Les vapeurs de souffre (attention ça sent fort !) auraient des vertus aphrodisiaques

Le volcan est toujours en activité mais bien moins visité que le Vésuve

Veronica, notre guide, nous parle du caciocavallo

Le centre de l’île de Procida. Il fait très chaud le jour de notre visite.


Le petit port coloré de l’île à l’heure de la sieste


En attendant le ferry

Centre d’Amalfi avec ses échoppes de limoncello

L’église d’Amalfi

Début de la randonnée sur le chemin des moulins

Des paysages verts, montagneux, accompagnent notre marche

Et les nombreux citronniers

Un peu partout sur le chemin, des moulins à papier en ruine


Et des cascades glacées

Après la randonnée, place à la baignade

Le Sentier des dieux


La vue est à couper le souffle

Descente sur Positano


Le petit village d’Agerola un soir de fête

Cap sur Capri


Mer ou autoroute ?

Capri n’est pas une île « budget »

Dolce Napoli: pour découvrir 
autrement la côte 
amalfitaine

Voyage Lorsque l’on pense à Naples, on ne songe pas à la randonnée. Pourtant, de nombreux sentiers tout proches, au cœur d’une nature sauvage, méritent d’être foulés. 

Benvenuti a Napoli!» En moins de deux heures de vol depuis la Suisse, le dépaysement est total. «Ce n’est plus l’Italie ici, mais le début de l’Afrique», résume une Napolitaine rencontrée dans l’avion. Pour découvrir et apprécier pleinement cette capitale dynamique, chaotique et si attachante, il faut se débarrasser de ses références helvétiques. 

Dans le centre historique, les ruelles 
animées de Spaccanapoli invitent à flâner, 
se poser à une terrasse et savourer une «sfogliatella».

Un joyeux désordre

Le centre-ville se présente comme un patchwork d’ambiances et de cultures. Des cris, des rires, des engueulades, des sirènes, des célébrations de mariages ou des fêtes religieuses se côtoient et se succèdent comme des pièces de théâtre. On ne s’ennuie jamais à Naples. Après avoir commandé un caffè (traduire ristretto) à moins d’un euro, que j’engloutis accoudée au bar d’un bistrot de quartier, en échangeant quelques mots avec le serveur et les clients, je me balade dans les rues animées du centre. J’y croise des vieilles dames qui discutent assises sur des chaises en plastique devant leur immeuble, un homme qui lave son climatiseur devant sa porte d’entrée, un chat noir poussiéreux, des enfants qui jouent au foot dans des ruelles étroites slalomant entre des touristes qui photographient le linge blanc-gris suspendu entre les immeubles. Tout à coup, un feu d’artifice retentit. «C’est quelqu’un qui sort de prison», m’explique un hôtelier. On a le feu d’artifice facile ici. On l’emploie pour toutes célébrations: des anniversaires, des mariages, des vacances, des fêtes nationales...
Il y a plus de 400 églises à Naples, dont plus de 200 actives. Parmi les plus belles, citons la cathédrale (Duomo), où se produit deux fois par an un miracle, selon la croyance populaire. Le 1er samedi de mai (fête de la Translation) et le 19 septembre (la Saint-Janvier), le sang coagulé de saint Janvier (San Gennaro), le saint patron de Naples, se liquéfie.
La chapelle Sansevero avec ses sculptures baroques grandioses et son Christ voilé, sculpté avec une finesse rare par Giuseppe Sanmartino, ainsi que l’église gothique de Santa Chiara valent également une visite.

Pour rejoindre Positano 
depuis Agerola, nous empruntons le mythique Sentier des Dieux. 

Le régime napolitain

La nourriture représente un réel argument touristique. À chaque coin de rue, les spécialités napolitaines tentent nos papilles. On y mange «les meilleures pizzas du monde». On raconte que cette spécialité aurait vu le jour à Naples. Parmi les histoires au goût de légendes, il y a celle du roi Humbert Ier qui, accompagné de son épouse Marguerite de Savoie (Margherita di Savoia), s’est rendu dans cette cité du Sud à la fin du XIXe siècle. Le chef cuisinier Raffaele Esposito a alors créé pour l’occasion une pizza aux couleurs du drapeau italien qu’il baptisa la «Margherita». Les adresses célèbres où déguster una buona pizza ne manquent pas, comme l’authentique Da Michele qui ne sert que des margheritas ou marinaras, dans une cantine où il faut parfois attendre plus d’une heure pour obtenir une table. Compter moins de cinq euros pour une margherita!
Côté desserts, les incontournables répondent au nom de sfogliatella (pâte brisée ou feuilletée, en forme de coquillage, fourrée à la ricotta, semoule, fruits confits et cannelle) ou de baba, avec une version au rhum ou au limoncello. Scaturchio et Attanasio font partie des enseignes recommandées par les locaux.
S’introduire dans les ruelles sombres à la réputation «malfamée» des Quartieri Spagnoli, descendre à 40 mètres sous la ville pour visiter Naples souterraine (tour à tour réservoir d’eau, asséché et abandonné après une épidémie de choléra durant des siècles, puis abris lors de la Seconde Guerre mondiale), visiter les nombreux musées d’art et d’histoire, découvrir de magnifiques châteaux, prendre l’apéritif dans le quartier touristique de Spaccanapoli, ou sur la piazza Bellini, fréquentée par les hipsters locaux… Difficile de faire un choix.

Colorée et bien tranquille, 
l’île de Procida a servi de décor à des films célèbres. Mangez-y un granité au citron, l’agrume star de la région, 
sur les hauteurs de l’île, avec un panorama inoubliable!   

Des dieux et des citrons

Place à la marche sur la côte amalfitaine. C’est depuis le petit village d’Agerola (Bomerano), aussi appelé la «Suisse napolitaine», perché à 600 mètres d’altitude, que nous entreprenons plusieurs randonnées de quelque 4 à 5 heures chacune. Un matin, nous empruntons le célèbre Sentier des Dieux qui débute juste à côté de l’hôtel Gentile, où nous séjournons. Des falaises, une végétation luxuriante et un panorama unique sur la côte nous attendent. Mieux vaut s’y rendre en automne ou au printemps et prévoir assez d’eau, même si l’on trouve des fontaines dans les villages traversés (l’eau de Naples est potable). Par temps dégagé, on peut voir les îles li Galli, où vivaient jadis les sirènes tentatrices d’Ulysse. Celui-ci arriva à leur échapper uniquement en s’attachant au mât de son bateau. D’autres légendes se succèdent sur ce sentier bien entretenu, nécessitant toutefois de bonnes chaussures.
Comme chaque jour de notre séjour, notre guide de moyenne montagne Veronica Verde, une jeune étudiante polyglotte, originaire de la région, nous prépare un pique-nique gastronomique où nous découvrons les produits du terroir. Ce jour-là, elle nous a préparé sa caponata (recette disponible via le lien mentionné ci-dessous). Simple et délicieuse. Notre randonnée se termine dans le village fleuri de Positano où nous nous plongeons dans la mer. Ça fait un bien fou!
Un autre matin nous rejoignons Amalfi en bus. Les terrasses sont pleines. Les magasins aussi. On y croise un tourisme de luxe. Au centre du village, domine une imposante cathédrale de style baroque et néogothique, «la plus belle de la côte amalfitaine» selon les locaux.
À une centaine de mètres, la nature reprend ses droits. Direction valle delle Ferriere. Des ruelles étroites, des paysages montagneux et des plantations de citronniers nous encerclent. Le citron de la région surprend par sa taille imposante. Sa peau épaisse, riche en huiles essentielles, est utilisée pour la production du limoncello. Ce dernier se fait uniquement à base de zeste de citron (non traité) que l’on fait mariner plusieurs semaines dans de l’alcool à 95 degrés et que l’on mélange à du sirop de sucre. Chaque famille fabrique sa propre liqueur. Le limoncello est fabriqué avec 70% des citrons cultivés dans la région.
On s’introduit ensuite dans la végétation au milieu de moulins (à papier) abandonnés et on tombe nez à nez avec des cascades d’eau glacée. Difficile à croire que ce paysage sauvage, montagneux, se trouve près de la côte où défilent des milliers de touristes.

Notre guide Veronica (25 ans) nous prépare un pique-nique savoureux avec exclusivement des produits de la région. On redécouvre le goût des tomates!

Trois îles, trois ambiances

La région reste aussi connue pour ses îles. Vous avez le choix: Capri, le paradis des stars et de la jet-set où vous assisterez à un véritable défilé de mode dans des ruelles fleuries et remplies de boutiques de luxe. Et dire que Naples se trouve à seulement une heure en bateau… Un peu moins connue mais également très select, Ischia attire les VIP (Angela Merkel y séjourne régulièrement). L’île a hélas fait l’actualité récemment pour un tremblement de terre qui fit plusieurs victimes.
Enfin, Procida, la plus authentique. Mon coup de cœur absolu! Ce petit paradis décontracté aux maisons colorées invite à se (re)poser. Elle a servi de lieu de tournage à des films comme «Il Postino» ou «Le talentueux Mr. Ripley». Profiter de la dolce vita, avec un granité au citron dans une main, un Aperol Spritz dans l’autre, les pieds dans l’eau bleue salée, les yeux sur l’horizon et le Vésuve. «What else?», comme dirait l’autre.

Le sud de l’Italie actif et relax

Vous pouvez prolonger votre été cet automne, ou même cet hiver, en prévoyant des vacances actives à Naples et sur la côte amalfitaine. Allibert Trekking propose plusieurs randonnées, par niveaux de difficultés, encadrées par des guides francophones. J’ai opté pour la Dolce Vita (8 jours) avec au menu une visite de Naples, de Pompéi, du Vésuve, du volcan de Solfatare, diverses randonnées sur les hauteurs de la côte amalfitaine, une découverte d’Amalfi, de Positano, de Procida et de Capri…
Départs depuis la Suisse.

Contact: 022 519 03 23

www.allibert-trekking.com

La caponata  de notre guide Veronica (salade)

  • 2-3 tranches de pain complet sec
    Tremper dans de l’eau pour qu’il ramollisse un peu, mais pas totalement
  • 4 tomates bien mûres
  • 1 filet généreux d’huile d’olive extra vierge
  • 1 citron pressé
  • 1 oignon
  • 1 bouquet de basilic
  • quelques olives noires
  • 150-200 g de caciocavallo fumé (ou autre fromage fumé)


Mélanger le tout. Adapter les quantités en fonction de votre goût. Variante : ajouter des anchois.

Caprese al limone  (dessert)

  • 250 g d’amandes moulues
  • 5 œufs
  • 140 g de sucre glace
  • 1/2 verre d’huile d’olive extra vierge
  • 200 g de chocolat blanc finement râpé
  • 60 g de sucre
  • 50 g fécule de pommes de terre
  • 1 sachet di levure
  • 30 g d’écorce de citron confit
  • 1 verre à eau de vie de limoncello
  • zeste d’1 citron bio finement râpé
  • 1 sachet de sucre vanilliné


Mettre le four à chauffer à 180°. Battre les œufs et le sucre (semoule) en neige. Lorsque la préparation est lisse et brillante ajouter délicatement, un par un, les autres ingrédients. Mélanger bien le tout.
Huiler un moule à gâteau.
Verser la préparation et faire cuire 50 à 60 minutes.
Laisser refroidir avant de démouler.

Bon appétit !

Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Jasmina Slacanin, Getty Images, Alamy; carte Rich Weber
Publication:
lundi 18.09.2017, 13:50 heure