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Sophie Bauer (39 ans) qui aime voyager a décidé de prendre sa vie en main et de vaincre sa phobie.

Le commandant de bord chez Swiss, Jean-Claude Bregnard, explique comment vole un avion et surtout pourquoi «il ne tombe pas».

Les participants et leurs coachs lui posent 1001 questions…

…même les plus farfelues.

Après la théorie, la pratique. Les participants se préparent à monter à bord, plus ou moins sérieusement. En photo: la pétillante Jade.

La montée à bord.

Les participants prennent un vol Swiss régulier Zurich-Genève. Arnaud est bien installé.

On applique les techniques de respiration pour tenter de calmer l’angoisse.

Claquer un élastique que l’on porte autour du poignet peut aider à chasser les idées noires et à tenter de penser à autre chose.

Faire des scoubidous aide aussi à se distraire et à oublier sa peur.

Le personnel de bord a récompensé les courageux phobiques de l’avion par des chocolats.

Sophie et Arnaud ont fait le vol de retour Genève-Zurich sans crainte. Avec plaisir même! Raymond, un participant du stage, n’a, quant à lui, pas volé.  Jade, elle, est restée à Genève. Ils n’étaient pas encore prêts à faire le stage « Voler sans peur » jusqu’au bout.

À l’atterrissage, le groupe avait même le droit de visiter le cockpit. Événement de plus en plus rare aujourd’hui!

Séance de débriefing à l’arrivée et champagne pour fêter cette grande journée. De nombreux vols attendent désormais tous ceux qui ont su dompter leur peur de l’avion!

Dompter sa peur en avion

Aviophobie Le moyen de transport le plus sûr au monde effraie 20% des passagers. Mais bonne nouvelle: ça se soigne! Reportage.

Vous prévoyez de prendre un vol pour vos vacances d’automne mais cela vous terrifie? À chaque fois que vous montez à bord vous vous dites que c’est la fin? Si vous répondez par l’affirmative, vous faites alors partie de la famille très nombreuse des aérodromophobes ou aviophobes. Mais pas de panique, on peut en guérir.

Faire le premier pas

Il y a cinq ans, je n’aurais jamais imaginé faire ce reportage, car moi aussi je souffrais de l’aviophobie. Annuler des voyages passionnants était devenu une routine. Mais un jour, j’ai décidé d’y mettre fin. D’affronter cette peur qui me gâchait la vie. J’avais entendu parler des stages
Voler sans peur en collaboration avec l’aéroport de Genève et Swiss, de leur taux de réussite de 98%. Depuis, j’ai pu voler une trentaine de fois et réaliser plusieurs rêves. Mais je ne suis pas la seule dans ce cas-là. 20% de la population en souffrent selon les organisateurs du stage qui connaît une forte augmentation des demandes depuis ces deux dernières années.
Il y a deux semaines, Sophie Bauer, une Lausannoise de 39 ans, a elle aussi pris son courage à deux mains. Elle s’est inscrite à ce stage donné depuis quelques années à l’aéroport de Bâle également. Importée en Suisse des États-Unis dans les années 1980, cette méthode pionnière en Europe s’attaque directement aux symptômes de la phobie. Elle se déroule en trois phases:

  1. compréhension des mécanismes de la peur
  2. gestion de son angoisse grâce à divers outils
  3. application in vivo, dans un vol Swiss régulier, des acquis du stage

L’angoisse commence bien avant le vol. Sophie a passé une très mauvaise nuit mais elle est décidée d’aller jusqu’au bout de son expérience.

Une peur irrationnelle

Sophie Bauer n’a pas toujours souffert de cette phobie. «Je suis originaire de Californie. Quand j’étais enfant, je prenais souvent l’avion et j’adorais ça! J’aimerais tellement retrouver le plaisir de voler», confie-t-elle, émue, le premier jour du stage. Biologiste de formation, elle se réoriente actuellement vers la musique en tant qu’auteure, compositrice et interprète. Une nouvelle vie qui implique de nombreux déplacements.
Durant les présentations, un climat de confiance s’installe. Les candidats partagent leurs expériences et se découvrent de nombreux points communs. Il y a Arnaud (26 ans), manager dans l’industrie pharma à Saint-Prex (VD) obligé de prendre régulièrement l’avion pour son travail. «Mes employeurs ne sont pas au courant de ma présence ici. Ce n’est pas quelque chose dont je suis fier», avoue-t-il. Il y a aussi Jade (29 ans), une office manager de Paris qui vit depuis trop longtemps avec sa peur bleue de l’avion. «J’en ai assez d’annuler mes vacances.» Elle espère, à l’issue du stage, prendre un vol pour Copenhague, puis pour le Liban. Laura (23 ans) a elle aussi un voyage de prévu. Des vacances en Chine. Mais la Genevoise, étudiante en business de la mode à Paris, craint les longs-courriers. Et pour finir, il y a Raymond (61 ans), un pré-retraité valaisan qui n’a pas volé depuis douze ans: «J’aime voyager mais je ne peux pas voler. Ce cours est mon dernier espoir.»

Hélène Vorms (37 ans), animatrice du stage

Hélène Vorms (37 ans), animatrice du stage
Hélène Vorms (37 ans), animatrice du stage
«

Ce qui nous fait peur n’est pas forcément dangereux»

Hélène Vorms (37 ans), animatrice du stage

Un accident sur 18 millions de vols

Statistiques à l’appui, les participants (re)découvrent ensuite que l’avion reste le moyen de transport le plus sûr du monde, après l’ascenseur bien sûr. Nous avons en effet «une chance sur 18 millions de mourir dans un accident d’avion, ce qui représente 17 999 999 tickets gagnants pour 1 ticket perdant. C’est le contraire du loto», explique Hélène Vorms (37 ans), ex-aviophobe ayant suivi ce cours, coach de vie et animatrice du stage bâlois depuis peu. Au fil des heures, la phrase suivante s’imprègne dans les esprits: «Ce qui nous fait peur n’est pas forcément dangereux.»
Ces bases posées, Jean-Claude Bregnard (52 ans), commandant de bord chez Swiss, entre en piste pour répondre à toutes les questions, même les plus farfelues. C’est la partie du stage la plus importante pour nombre de participants. Fonctionnement de l’avion, normes de sécurité, cause des accidents, santé psychique et physique des pilotes, raison des turbulences… Tout est abordé de manière transparente. «Moi aussi j’ai une famille que j’aime et je veux rentrer à la maison à la fin de la journée. Je ne ferais pas ce travail s’il était dangereux», explique en toute simplicité le pilote. Des mots qui résonnent encore dans les esprits. «Voir le pilote qui en 23 ans d’expérience n’a jamais eu d’incidents majeurs ni d’anecdotes croustillantes à nous raconter m’a beaucoup rassurée», confie Laura. «Il a rendu le vol humain», ajoute Arnaud qui semble déjà avoir eu un premier «déclic». «Voir que les pilotes sont des gens passionnés qui aiment leur travail et qui ont une vie de famille m’a beaucoup marquée», conclut Sophie.

Les participants et leurs coachs (ici Jade à gauche et sa coach Rachel) prennent un vol régulier de Swiss Zurich-Genève.

Outils pour maîtriser la panique

Place aux outils et aux techniques de relaxation. Peu importe l’objet de notre crainte, «on ne peut pas avoir peur dans un corps détendu, explique Hélène Vorms. La peur de l’avion est en réalité la peur de vivre. Lorsque l’on apprend à lâcher prise, on devient libre», souligne-t-elle avec conviction.
Après cette première journée riche en émotions, les participants prennent le train pour Zurich aéroport. Le lendemain, ils devront mettre toute cette théorie en pratique dans un vol aller-retour Zurich-Genève. Durant le trajet, Hélène montre quelques méthodes de respiration permettant de ralentir son rythme cardiaque et propose une série de trucs et astuces censés empêcher la peur de s’installer comme faire claquer un élastique autour de son poignet lorsque des idées noires font surface, colorier un mandala, faire un scoubidou, lire un magazine divertissant ou faire un jeu vidéo (voir infographie p. 19). «Préparez-vous comme pour une compétition sportive, ajoute encore cette coach passionnée. Évitez les situations stressantes, mangez équilibré, buvez suffisamment d’eau et évitez l’alcool. Mais surtout, célébrez vos victoires, mêmes les plus petites!»

Pour penser à autre chose lorsque l’angoisse monte, les participants occupent leur esprit en faisant des scoubidous.

De la théorie à la pratique

À 7 h, les participants et leurs coachs respectifs, qui feront le vol avec eux, ont déjà rendez-vous. Une certaine nervosité se fait sentir. Sophie n’a pas dormi, prise d’une crise de panique. «Heureusement, c’est sorti. J’ai passé une terrible nuit, mais maintenant ça va mieux», dit-elle soulagée. Raymond fait de l’humour mais une angoisse est perceptible dans ses yeux.
Tous les participants montent à bord. Lorsque les premiers bruits techniques se font entendre, la peur de Raymond devient incontrôlable et il décide de sortir. Pour lui, l’aventure s’arrête là. Mais ce n’est que partie remise. «Je suis fière de lui. Il a fait un grand pas aujourd’hui. La prochaine fois il y a arrivera, j’en suis sûre», affirme Hélène. En vol, chacun vit l’expérience à sa façon. Sophie discute avec Hélène. Jade pleure. Rachel, sa coach, tente de la distraire. Arnaud reste calme mais s’inquiète au moment où il ne voit plus la terre… Quelques minutes plus tard, nous arrivons à destination.
À l’aéroport de Genève un repas-débriefing s’impose. Jade n’arrive pas à sécher ses larmes. Son angoisse ne disparaît pas. Elle décide finalement de revenir à Zurich en train. Elle aussi tentera l’expérience une seconde fois, «quand elle sera prête», conclut Hélène qui insiste sur l’importance de s’écouter.

Le vol de retour, Genève-Zurich, s’est déroulé sans angoisse. Sophie a même retrouvé «le plaisir de voler» qu’elle avait connu dans son enfance.

Le travail commence après le stage

Laura, pour qui le vol s’est passé sans problème, reste à Genève. Ainsi, Sophie et Arnaud sont les seuls participants à faire le vol du retour. Pour eux, ce stage est une réelle délivrance. «J’ai vraiment réussi à lâcher prise, conclut Arnaud enthousiaste. J’ai simplement cessé de me poser des questions et fait confiance au personnel de bord. J’ai même envie de devenir coach à mon tour.» Sophie a elle aussi atteint son objectif: «J’ai retrouvé les sensations que j’avais quand j’étais gamine. J’ai véritablement eu du plaisir à voler!» Heureux, soulagés, après deux jours plus qu’intenses, ils savourent leur victoire en partageant une coupe de champagne avec leurs coachs.

Vaincre sa peur de voler est une réelle victoire et le début de nombreux voyages.

L’après-stage

Mais le travail commence réellement après le stage! Les animateurs conseillent de faire un vol court les semaines qui suivent pour mettre en pratique les acquis et empêcher la peur de revenir. Arnaud avait prévu de rendre visite à sa famille sur la Côte d’Azur le lendemain. Quant à Sophie, elle se tâte encore sur sa destination. «Florence peut-être». Pour beaucoup, surmonter cette phobie change la vie. «Souvent d’autres peurs sont liées à l’avion comme la claustrophobie, par exemple. Surmonter cet handicap permet d’en surmonter automatiquement d’autres», conclut Fabienne Regard, animatrice du stage à Genève depuis 1995, qui organise actuellement le premier stage contre la peur de l’ascenseur en partenariat avec Schindler.

En chiffres

Déjà rares, les crashs aériens ont encore diminué en trois décennies

Infographie Rapport sur la sécurité aérienne, Ministère français de l’environnement, de l’énergie et de la mer

Infographie Janina Noser

Olivier Martin spécialisé dans la phobie en avion au Centre médical à Vidy Lausanne et pilote (aviation privée) reçoit 5 à 10% de patients uniquement pour l’aviophobie.

Acte individuel

Olivier Martin, psychologue et  psychothérapeute FSP

Olivier Martin, psychologue et  psychothérapeute FSP
Olivier Martin, psychologue et  psychothérapeute FSP

Qui est le plus touché par cette phobie? Hommes ou femmes, jeunes ou personnes âgées?
Toutes les tranches d’âges sont concernées. Et tant les hommes que les femmes sont sujets à souffrir de l’aviophobie même si les femmes sont plus nombreuses à accepter de regarder leur peur en face et à entreprendre une psychothérapie.

Pour quelle raison avons-nous peur de prendre l’avion?
Beaucoup de gens ne savent pas à quel point l’avion est le moyen de transport le plus sûr du monde, juste après l’ascenseur. L’exposition médiatique des incidents et accidents qui se produisent dans le monde de l’aviation contribue à maintenir l’association erronée entre l’aviation et quelque chose de dangereux. Les enjeux les plus fréquemment liés à la peur de l’avion se trouvent dans la peur de mourir ou la peur de perdre le contrôle. On retrouve aussi souvent des éléments liés à la claustrophobie ou/et à l’agoraphobie mais aussi parfois à la peur du vide. Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive!

Est-ce que tout le monde peut en guérir?
Oui, même si tout le monde n’arrivera pas au même point. Il s’agit d’une démarche personnelle, individuelle, même lorsque les séminaires se déroulent en groupe. Chaque situation est particulière. Et attention: surmonter une peur peut signifier des choses différentes selon les individus. Il me semble primordial de travailler non pas à éliminer la peur mais plutôt à apprendre à la réduire, à la gérer et à vivre avec afin qu’elle ne nous domine pas et qu’elle ne vienne pas entraver notre existence.

Outre le stage Voler sans peur (www.volersanspeur.info), de nombreuses méthodes existent pour apprivoiser sa peur de l’avion: hypnose, psychothérapie, kinésiologie, relaxation…
À vous de trouver celle qui vous convient le mieux. Mais peu importe le moyen choisi, l’essentiel est d’apprendre à maîtriser son angoisse pour ne pas la laisser vous gâcher la vie.

Stage Voler sans peur

www.volersanspeur.info

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Quelques reportages sur la peur de l’avion

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Statistiques sur la sécurité aérienne

IATA: sécurité pour 2015
Rapport sur la sécurité aérienne
L'avion, moyen de transport le plus sûr en Suisse

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Comment faire un scoubidou

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Sketches et parodies

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Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Rainer Eder, DR
Publication:
lundi 05.09.2016, 14:30 heure



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