Jojo Linder a connu une adolescence difficile et sensibilise désormais les jeunes.

Du freestyle à l’école

Programme Gorilla Dur dur d’encourager ses ados à bouger et à bien manger… Le message passe mieux quand il vient de jeunes freestylers branchés!

À la puberté, les enfants deviennent imperméables aux messages de leurs parents… On parle alors de «résistance à l’apprentissage». Impossible pour les adultes de faire entendre à leurs ados qu’il faut préserver leur santé, pratiquer une activité sportive ou encore manger sainement. Les enseignants se heurtent aux mêmes difficultés.
Mais lorsque Jojo Linder (30 ans) intervient, plus question de faire la sourde oreille. Les jeunes sont sensibles à ses conseils sur l’importance du sport et d’une alimentation saine. Le jeune homme est freestyler. Il fait partie de l’équipe Gorilla, qui organise des ateliers dans les écoles dans différentes disciplines de freestyle (breakdance, footbag, capoeira, bike, longboard, street skateboard) afin d’inciter les jeunes à se dépenser davantage et à consommer de façon plus responsable.
Il y a quelques années encore, Jojo Linder comptait parmi les vingt meilleurs longboarders au monde. Il parle maintenant aux adolescents de son sport et de sa passion et leur confie des astuces. «Il suffit que cela marche la première fois pour que les jeunes se passent le mot», raconte Jojo Linder.
L’enthousiasme se propage d’un adolescent à l’autre, ils sont alors à l’écoute d’autres astuces et messages: «Nous pouvons ainsi transmettre aux jeunes notre joie de vivre, notre enthousiasme pour notre sport et notre mode de vie», ajoute le freestyler.

«

Les freestylers ont marqué les élèves. Ils sont proches d’eux »

Jojo Linder (30 ans), freestyler

Être branché, mais pas seulement

Tout freestyler qui se respecte se doit d’être branché. Mais il doit aussi préserver sa propre vie et celle de sa planète. «Voici l’exemple que je cite souvent: lorsque quelqu’un construit une maison, il choisit les meilleurs matériaux afin qu’elle soit belle et solide. Pourquoi n’en faisons-nous pas de même avec notre propre corps? Ce sont des messages efficaces», estime Jojo.
Katja Gurt (35 ans), enseignante à Trimmis (GR), en atteste. «Les jeunes free-stylers ont marqué les élèves. De par leur style, ils sont proches des jeunes et authentiques. En général, les élèves apprécient que des spécialistes viennent s’exprimer sur des thèmes précis.» Laura Rolloos (15 ans) garde de bons souvenirs de l’atelier Gorilla organisé à Trimmis: «Des jeunes vraiment cool!» Cette élève du secondaire adepte de sport s’est rapidement enflammée pour le programme sportif, mais pense également avoir retenu quelque chose de leur message: «Je fais beaucoup plus attention aujourd’hui, je regarde d’où viennent les aliments.»

Moins de hamburgers et de pizzas

Même son de cloche positif pour Andrea Gadient (15 ans). «Le freestyler nous a expliqué ce qui était sain et ce qui l’était moins. J’y suis plus attentif, je mange moins de hamburgers et de pizzas toutes prêtes.»
L’enseignante Katja Gurt ne pense toutefois pas que les ateliers laisseront une empreinte durable sur tous les élèves. «Leur impact sera probablement plus limité pour certains», déclare-t-elle. Mais les disciplines sportives à la mode ont le vent en poupe à Trimmis. Les élèves ont en effet demandé qu’un skatepark soit installé dans la cour.
L’équipe Gorilla qui accompagne Jojo Linder se réjouit de ces succès. Le freestyler a lui-même connu une jeunesse tumultueuse, ce qui lui confère une certaine authenticité auprès de nombreux jeunes.
Jojo Linder était un élève moyen. Après son parcours scolaire à Zurich, il n’est pas parvenu à trouver une place d’apprentissage dans la vente. Il a donc suivi sa 10e année d’école et opté pour un métier manuel: électricien. Mais le longboard était déjà sa véritable passion. Il a participé à des courses et fait partie du milieu. Peu de temps après, il a découvert le projet mené auprès des jeunes qui a ensuite donné naissance au programme Gorilla. Aujourd’hui, Jojo est freestyler, monteur électricien, entrepreneur social, végétarien, et travaille à 40% chez Gorilla en tant que responsable d’ateliers lors desquels il transmet ses expériences et son mode de vie.
Convaincu, certes, mais pas messianique. «Nous ne dictons pas leur conduite aux adolescents. Nous souhaitons simplement qu’ils réfléchissent au thème de l’alimentation.» C’est ce qu’ils pourront faire lorsque Gorilla repartira sur les routes avec ses ateliers, dès le mois prochain.

Il ne s’agit pas seulement de bien bouger. Il faut aussi bien manger.

Bouger avec Gorilla

«Gorilla» est un programme de la Schtifti Foundation qui œuvre en faveur de «la joie de vivre et du bien-être des enfants et des adolescents à travers les sports free-style», les encourageant ainsi à bouger et à manger équilibré. Une équipe de sportifs freestyle sillonne la Suisse et l’Allemagne pour organiser des ateliers dans les écoles consacrés au sport, à l’alimentation et à la consommation axée sur le développement durable. Ce programme, qui bénéficie du soutien financier de Coop, a été plusieurs fois récompensé. En 2014, la Schtifti Foundation a remporté avec «Gorilla» un prix de l’innovation sociale.

Des causes génétiques et comportementales

Werner Krafft-Hügli (47 ans), pédiatre et spécialiste du traitement du surpoids

À partir de quand un enfant est-il en surpoids?
Cela dépend de son indice de masse corporelle (IMC), qui se calcule en divisant le poids par la taille au carré. Mais les normes évoluent constamment durant l’enfance. Il existe des calculateurs spécifiques aux plus jeunes sur Internet.

Le surpoids est-il lié à une prédisposition ou à un comportement?
Les deux. Les facteurs génétiques jouent assurément un rôle, mais ils sont rarement l’unique cause du surpoids.

Vous traitez les enfants en surpoids. Que peuvent faire les parents avant de venir vous consulter?
Montrer l’exemple en pratiquant une activité physique et en ayant une alimentation saine. Lorsque les parents ont eux-mêmes un problème, les perspectives de traitement sont moins favorables. Ils doivent avant tout prendre en compte les facteurs psychologiques et définir des stratégies adaptées.

Par exemple?
Réfléchir aux manières dont on réagit face à l’ennui ou la frustration. Tenter de transformer les modèles comportementaux souhaités en habitudes: prendre l’escalier au lieu de l’ascenseur, faire du vélo ou marcher plutôt que prendre la voiture ou le bus. Ne pas boire de boissons sucrées, mais de l’eau du robinet.

Quelle pression exercer pour que les enfants fassent du sport?
Aucune. Cela passe par la motivation. Plus on exploite tôt le besoin naturel des enfants de bouger, plus c’est facile.

Source BFS–SGB, 2014

Calculer l'IMC des enfants et des jeunes
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Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Alessandro d’Angelo, Davide Caenaro, SP
Publication:
mardi 17.02.2015, 11:11 heure



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