La demande en soja non génétiquement modifié augmente sans cesse. Ce qui permet à l’agriculteur suisse Markus Schmid de vendre ses graines plus facilement.

Du soja sur les rives du Danube

En Roumanie, où s’est établi Markus Schmid, la culture du soja est en pleine expansion. Tout comme ses 
débouchés en Europe occidentale. 
Une aubaine pour l’agriculteur suisse.

Nous sommes à l’ouest de la Roumanie, dans la région de Timisoara. Il fait un temps doux et sec. Le thermomètre indique 25° C. Des conditions idéales pour la récolte du soja. Les graines dans leurs cosses desséchées sont mûres.
Markus Schmid a de quoi se réjouir: la récolte sera bonne et la demande pour son soja européen ne cesse d’augmenter. Cet agriculteur originaire du canton de Schaffhouse, établi en Roumanie depuis plus de dix ans, a mis du temps avant d’être concurrentiel. La cause: des prix trop bas sur les marchés mondiaux.
Aujourd’hui, son principal atout est de pouvoir garantir un soja sans OGM, c’est-à-dire qui n’est pas génétiquement modifié. Un critère d’une grande importance pour de nombreux consommateurs.
Une moissonneuse approche; le bruit devient assourdissant. La machine coupe les plantes au ras du sol, sépare les gousses de la plante et les stocke dans un grand réservoir. Les fanes sont hachées et rejetées sur le sol derrière la moissonneuse. Elles serviront d’engrais. Les graines de soja du Schaffhousois sont destinées au marché suisse, en l’occurrence à Coop.

Le soja est riche en protéines qui entrent dans la composition de l’alimentation des poules pondeuses. Celles-ci fournissent les œufs vendus chez Coop sous le label Naturafarm.
Le produit cultivé par l’agriculteur est appelé soja du Danube. Cette dénomination ne fait pas référence à une variété particulière, mais à l’origine géographique, à savoir les pays riverains du Danube.
L’origine est importante à plus d’un titre, non seulement parce qu’elledésigne un produit sans OGM, mais aussi parce que le transport est plus court que pour le soja produit outre-mer. De plus, les acheteurs ont la certitude que le soja du Danube ne contribue pas à la destruction de forêts tropicales.

«L’exigence des Européens d’avoir des aliments à base de plantes non modifiées génétiquement rendra les importations d’outre-mer de plus en plus compliquées», déclare Markus Schmid. L’agriculteur est conscient que le soja européen est plus cher. «C’est pour cette raison qu’il faut fournir aux consommateurs les informations qui justifient ce supplément de prix. Notamment pour ce qui concerne l’alimentation des animaux.»
En Amérique du Sud comme aux Etats-Unis, il devient de plus en plus difficile de trouver du soja non génétiquement modifié ou qui ne soit pas contaminé par du soja génétiquement modifié. En Roumanie, en revanche, le soja est exempt d’OGM. La culture de cette plante y a une longue tradition, même si elle est d’origine tropicale et qu’elle préfère les climats chauds et humides. En Roumanie, la principale région de production se situe dans le sud-ouest du pays, à proximité de la frontière avec la Serbie. C’est là que s’est établi Markus Schmid avec sa famille.

Les poules pondeuses de Naturafarm mangeront du soja du Danube

Dans l’alimentation des animaux, le soja est riche en protéines.

Avec ses program-mes d’élevage Naturafarm, Coop gagne en crédibilité. Après le 1er janvier prochain, le nourrissage des poules avec du soja du bassin du Danube sera encore facultatif. Les producteurs d’œufs qui utiliseront ce type de nourriture obtiendront un supplément de prix compensant le surcoût des aliments. Dès le 1er janvier 2015, les aliments donnés aux poules du programme Naturafarm de Coop ne devront plus contenir du soja autre que celui provenant de la région danubienne. Les consommateurs achèteront des œufs suisses issus d’élevages en plein air possédant une plus-value écologique supplémentaire. Les œufs ne seront pas plus chers, car le léger renchérissement dû au soja sera supporté par Coop.

www.coop.ch/
naturafarm

Cultures de soja: Coop s’engage pour des standards

Cela fait dix ans que Coop milite en faveur d’une production de soja responsable. En 2004, en collaboration avec le WWF, Coop avait établi les «Critères de Bâle pour une culture du soja responsable» et soutenu financièrement la mise en œuvre des projets pilotes. En 2011, Coop était parmi les membres fondateurs du Réseau suisse pour le soja, qui s’est fixé pour objectif de promouvoir la culture et la commercialisation de soja issu d’une production responsable. En adhérant à l’association «Donau Soja», Coop est allée encore plus loin en soutenant un projet innovant de culture de soja non génétiquement modifié dans le bassin du Danube.

Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Sebastian Tataru
Publication:
lundi 02.12.2013, 00:00 heure