Marco Kälin mise sur les produits bio, locaux et de saison, idéalement de son propre jardin.

Éco-hôtel

Tessin Marco Kälin gère un établissement éco-responsable dans le val Maggia. Un choix de vie qui n’est pas sans difficultés, mais qu’il ne changerait pour rien au monde.

Parfois, les choses ne se passent pas comme prévu et offrent de belles surprises. Prenez Marco Kälin. Il y a vingt ans, ce Tessinois a eu l’idée de commercialiser du coton biologique. Il prend contact avec un pionnier du domaine, Patrick Hohmann, qui vient de conclure un partenariat avec Coop.
Son projet ne débouche sur rien, mais rebondit dans le val Maggia. Pendant que Coop lance sa gamme Naturaline, Marco Kälin ouvre son éco-hôtel à Coglio, dans le val Maggia. Un établissement où les clients dorment dans des draps Naturaline et se sèchent avec des serviettes de bain de la même marque.

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Cuisinier ou banquier?

Reprenons dans l’ordre. Dans sa jeunesse, rien ne semblait prédisposer cet homme âgé de 52 ans à devenir propriétaire d’un éco-hôtel renommé. «Je voulais devenir cuisinier. Mais j’ai fini par suivre une formation bancaire à Locarno, pour faire comme mon père et mon frère. Mon premier contact avec le monde de la restauration remonte à mes 21 ans: cette année-là, j’ai passé l’été à servir des randonneurs dans un chalet d’alpage avec un ami.»
Cette expérience est décisive: Marco ne quittera plus le secteur de l’hôtellerie. Après avoir été barman et passé quelques années de folie, il devient patron d’un grotto à Coglio. Sa vie change du tout au tout. «C’est là que j’ai rencontré ma femme, Tamara, mais aussi que j’ai fait la connaissance de Meret Bissegger.» La célèbre cheffe adepte de la cuisine bio le conforte dans sa volonté de travailler en harmonie avec la nature.
À la fin des années 1990, la mise en vente de l’hôtel Cristallina à Coglio offre à Marco Kälin l’occasion de réaliser enfin son rêve d’ouvrir un hôtel durable. Toutefois, c’est plus ardu qu’il ne l’aurait pensé. «Il m’a fallu deux ans pour trouver les fonds nécessaires. Le projet n’enthousiasmait pas les banques.»
Heureusement, il bénéficie d’une aide publique sous la forme de subventions pour les régions périphériques et tente tout de suite l’aventure en grand.

Un tableau indique en temps réel la production de courant de l’hôtel.

L’ancien bâtiment est entièrement transformé et agrandi, dans le respect des normes écologiques les plus strictes. L’entreprise s’avère payante: en 2005, l’établissement reçoit le Prix Solaire Suisse dans la catégorie Rénovation, et la section tessinoise de WWF lui décerne un prix. Tout cela a cependant un coût, comme le reconnaît ce passionné en souriant: «La facture finale était plus élevée que prévu. Pour remettre mes finances à flot, j’ai travaillé comme un fou. J’ai dû reporter certains travaux en attendant d’avoir réuni assez d’argent.»
Le résultat en vaut la peine. Les clients de l’hôtel Cristallina profitent aujourd’hui pleinement de la nature sauvage du val Maggia. Ce d’autant plus que leur empreinte écologique est réduite, grâce à un chauffage et à une production d’eau chaude quasiment neutres en CO2, basés sur des installations solaires et un système de chauffage aux copeaux de bois alimenté avec des matériaux locaux.

Pas besoin de tumbler, le soleil du Tessin fait sécher les linges Naturaline.

L’écologie ne suffit pas

L’hôtelier vérifie les panneaux solaires fixés sur le toit.

L’hôtelier vérifie les panneaux solaires fixés sur le toit.
L’hôtelier vérifie les panneaux solaires fixés sur le toit.

Toutefois, une rangée de panneaux solaires sur le toit ne constitue en soi pas un argument de vente. C’est avant tout l’engagement du patron et de ses collaborateurs qui séduit les clients. L’infatigable hôtelier a par exemple aménagé un jardin, où il fait pousser des fruits et légumes servis au restaurant. Un potager qui respecte évidemment les normes de qualité bio et où l’on trouve des variétés traditionnelles de Pro Specie Rara – comme les pommes de terre de la variété suédoise bleue. «Ce sont nos propres semences. Nous faisons pousser nous-mêmes la plupart de nos plantes.» Le potager abrite aussi une quinzaine de sortes de tomates.
Lui-même végétarien, Marco Kälin concocte chaque jour deux menus végétariens en plus des plats avec viande. Cela lui vaut une solide réputation.
Il compte désormais une clientèle fidèle qui vient spécialement à Coglio pour se régaler de ses plats sans viande.
Le dynamique hôtelier n’est pas à court d’idées, au contraire: depuis peu, il produit son eau minérale à base d’eau de source fraîche de Coglio; il fait don de 50 centimes par litre vendu. L’objectif est de soutenir un projet sur le thème de l’eau dans la vallée. «Il faut s’inscrire dans le cycle de la nature.»

Gagnez un séjour à Coglio

Un week-end prolongé dans l’éco-hôtel Cristalina à Coglio à gagner.

Le val Maggia est une destination de choix pour les randonneurs et les amoureux de la nature. Les cyclistes y trouveront eux aussi leur bonheur: depuis le printemps, une piste cyclable relie en effet directement Locarno à Someo. Intéressé? Tentez votre chance dès aujourd’hui!
Marco Kälin procédera à un tirage au sort pour offrir aux lecteurs de «Coopération» deux nuitées pour deux personnes en chambre double spacieuse avec WC/douche et terrasse.
L’offre inclut l’utilisation gratuite des vélos électriques de l’hôtel et un repas à quatre plats.

Participez jusqu’au 30 mai, à 16 heures!

Participez au concours
Stefan Fehlmann

Rédacteur

Photo:
Claudio Bader
Publication:
lundi 23.05.2016, 14:00 heure