Ed Sheeran en concert, ici à l’02 Arena de Londres. Il sera au Hallenstadion de Zurich, le 19 mars.

«Il y aura toujours un autre tube»

Ed Sheeran Champion des charts, le Britannique sort un nouvel album et sera bientôt en concert à Zurich. Il nous parle de ses chansons, de la scène et de Verbier, où il skie parfois avec son pote James Blunt. 

Ed Sheeran squatte le sommet des charts suisses et internationaux avec son tube «Shape of you». Le Britannique de 26 ans a aussi réussi l’exploit de devenir le premier artiste à occuper simultanément la première et la deuxième places des hit-parades dans plusieurs pays avec «Shape of you» et «Castle on the hill», tout en pulvé­risant d’autres records sur Spotify. Sorti la semaine dernière, son très attendu troisième album, « ÷ », s’arrache. Au programme, une demi-douzaine de ballades et tout autant de titres aux tempos et styles variés. Aussi à l’aise au chant et à la guitare acoustique qu’au rap, l’auteur-compositeur-interprète surdoué enchaîne ambiances folk et funky, blues et pop. En parallèle, il est aussi l’auteur de hits pour Justin Bieber, Taylor Swift ou The Weeknd. Ses tournées se jouent à guichets fermés dans le monde entier. Son prochain concert au Hallenstadion de Zurich, le 19 mars, affiche ainsi complet. Bourré de talent, le sympathique rouquin est éga­lement un bosseur qui ne s’économise pas à l’heure de la promo. «Tu es le dix-­neuvième journaliste à m’interviewer aujourd’hui. Tu sais, je pense que dans ce métier on doit faire le maximum et se donner toutes les chances de réussir», nous glisse-t-il en nous accueillant dans un hôtel londonien.

Vous avez pris une année sabbatique en 2016. Pourquoi?
Pour plusieurs raisons.
D’abord, j’avais besoin de soigner ma vie privée. Ensuite, je n’avais jamais eu le temps de visiter les pays dans lesquels je m’arrête d’habitude en tournée. C’était donc vraiment important pour moi de découvrir le monde comme il faut, au lieu de juste voir des chambres d’hôtel et des bars.
Mais surtout, j’avais besoin de tomber à nouveau amoureux de la musique parce que ce n’était plus un plaisir mais un job.

«

Ne focalise pas sur les gens qui sont méchants avec toi ou te rabaissent. Réussis, c’est tout»

Vous composez pour vous mais aussi pour d’autres. Regrettez-vous de ne pas avoir gardé un tube pour vous?
Non, parce que je sais qu’il y aura toujours un autre tube. Stevie Wonder a dit une chose très juste. Quand on lui a demandé quelle était sa meilleure chanson, il a répondu: «Celle que je n’ai pas encore écrite».
Si tu vis ta vie en suivant cette maxime, tu continueras toujours à composer des chansons et tu ne seras pas trop difficile quand elles iront à d’autres artistes. «Supermarket Flowers» est la ballade de l’album qui dégage le plus d’émotion.

De qui parle-t-elle ?
De ma grand-mère. Elle était très malade pendant que je réalisais cet album. L’hôpital où elle se trouvait était tout près de chez moi. Je lui ai souvent rendu visite pendant que j’enregistrais le disque et j’étais en studio quand elle est morte. J’ai écrit une chanson tout de suite, à chaud. C’est ma façon de gérer les aléas de la vie. Je prends ma guitare quoi qu’il m’arrive, de bon ou de mauvais.

«What do I know» est-elle une chanson engagée?
Oui, les textes disent : «Je n’ai pas de tribune sur laquelle je puisse monter mais Dieu m’a donné une scène, une guitare et une chanson. Mon père m’a appris «fils, ne te mêle pas de politique, de religion ou des affaires des autres». L’amour peut changer le monde en un instant mais qu’est-ce que j’en sais vraiment?» En résumé, si j’ouvre ma bouche et je ne dis pas ce qu’il faut, je vais me faire fustiger! Mais je pense que la chose juste à dire est qu’on devrait s’aimer un peu plus et ne pas ériger des barrières entre nous parce qu’un monde uni est un monde plus fort. On peut accomplir tellement si on se fait à cette idée.

Êtes-vous préoccupé par le monde aujourd’hui?
Bien sûr. Nous sommes nombreux dans ce cas mais tout ce que je peux faire, c’est de dire aux gens de s’aimer. Je n’ai pas d’autre pouvoir que celui-là. Je peux juste composer des chansons pour que les gens se sentent mieux et unis. C’est tout ce que je peux faire pour le moment.

Votre ambition avouée est de devenir le plus grand artiste du monde. Souhaitez-vous vraiment faire mieux qu’Adele?
C’est une épée à double tranchant parce que je ne crois pas que je serais capable de confirmer après un succès comme le sien. Mais Adele vient de le faire. Elle a vendu trente millions d’exemplaires de «21» et presque autant de son dernier disque. J’aimerais que «Divide» fasse mieux que son prédécesseur, «Multiply». Et si cet album venait à se vendre autant que celui d’Adele, ce serait géant.

D’après vous, le succès est la meilleure revanche qui soit. Êtes-vous revanchard?
Ce que j’ai voulu dire est moins mauvais que ça en a l’air. Ne focalise pas sur ceux qui sont méchants avec toi ou te rabaissent. Réussis, c’est tout. Et cette réussite fait le boulot pour toi. Au lieu de fustiger tes détracteurs, contente-toi d’avoir du succès, sois gracieux et ne dis rien. C’est la meilleure revanche qui soit parce qu’elle dévore les gens de l’intérieur!

Vous n’étiez pas très populaire à l’école. C’est aussi ça qui vous motive à réussir?
Oui, je pense que c’est le moteur de la réussite pour beaucoup de gens. Je suis certain que Bill Gates ne serait pas devenu Bill Gates s’il avait été le garçon qui faisait tomber toutes les filles au lycée. Ce besoin de faire ses preuves joue un grand rôle chez les gens qui ont du succès.

Allez-vous emmener votre pote James Blunt en tournée avec vous?
Oui, mais pas en Europe. Il m’accompagne juste aux États-Unis. J’ai aussi composé deux chansons pour son prochain album, «Time of our lives» et «Make me better».

Vous a-t-il donné des leçons de ski en échange?
Oui, il m’a appris à skier ce qui est plutôt cool. C’est assez surréaliste avec James parce que je suis fan de lui. J’adore ce gars. J’ai grandi en écoutant ses chansons et en allant à ses concerts. J’achetais ses t-shirts, tous ses albums. Je l’écoutais dans la voiture avec mes parents. Et le voilà chez moi à enregistrer une chanson avec moi pour son disque. C’était très flatteur.

Êtes-vous allé skier chez lui, à Verbier?
Oui. Verbier est un endroit magnifique. Je ne pourrais pas me permettre d’y acheter une maison par contre. C’est très, très cher!

Vous êtes sur le point d’entamer une longue tournée mondiale qui passera par la Suisse. Comment vous sentez-vous avant ce marathon?
Je suis très excité. Plus les tournées sont énormes, plus ça devient facile. Ce n’est plus quelque chose de stressant. On fait tout pour que tu te sentes détendu. Tu as une équipe géniale à tes côtés qui te facilite la vie. Tu te réveilles le matin et vaques à tes occupations quotidiennes, puis tu donnes un concert le soir dans une chouette ville. Je ne peux pas me plaindre.

À quoi ressemblera cette tournée?
On a investi beaucoup de temps et d’efforts pour qu’elle soit plus impressionnante que la précédente. Je crois que le public ne sera pas déçu.

Des succès qui s’enchaînent

Né en 1991, Ed Sheeran a grandi à la campagne, dans le comté du Suffolk. À 16 ans, le chanteur et guitariste part tenter sa chance à Londres. Il enchaîne les concerts, publie des titres autoproduits et se fait remarquer sur Youtube. Il décroche un contrat et signe avec la société de management d’Elton John. Son premier album, « + », sort en 2011 et révèle ses talents d’auteur-compositeur-interprète. Trois ans après, c’est « × », un carton international (près de dix millions d’exemplaires). Et aujourd’hui, troisième opus, « ÷ ». En 2016, il a gagné près de 34 millions de francs d’après Forbes.

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Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
Getty Images, Warner Music
Publication:
lundi 13.03.2017, 13:45 heure



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