L’auteure, compositrice et interprète, ici à Brigue, devant le château Stockalper.

Eliane Amherd: «Chez moi, c’est Brigue et New York»

Rencontre La directrice du festival Frauenstimmen, Eliane Amherd, apporte dans ses valises un répertoire éclectique. Ses airs pop-jazz-latinos font le tour du monde.

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Du rock brésilien psychédélique ici!»

De New York, vous voilà de retour à Brigue votre ville maternelle, qu’est-ce que ça vous fait?
Je me sens privilégiée d’avoir cet équilibre entre la grande ville et le calme des montagnes suisses. Même si à chaque fois que je rentre, j’ai un programme bien ficelé, ce qui n’est finalement pas de tout repos! Mais je me sens chez moi dans les deux univers. Ici, j’ai mes amis d’enfance et la famille. À New York, mon cercle social s’est construit au long de ces seize dernières années. Et comme je rentre en Suisse au minimum deux fois par an, ça n’a pas le temps de me manquer.

Qu’est-ce qui a motivé votre départ à New York?
J’y suis allée d’abord avec une amie pour y découvrir la scène musicale. Ça m’a fascinée! J’ai donc décidé de m’y installer. Et en bonne Suissesse, je me suis dit que pour bien faire les choses, il fallait décrocher un diplôme (rires). Je me suis donc inscrite à la New School University et j’ai obtenu un Bachelor of Fine Arts en musique jazz et contemporaine.

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Et quelle a été votre astuce pour vous démarquer dans la jungle musicale de cette grande ville?
Après mes études, j’ai travaillé à temps partiel comme professeure de langues pour gagner ma vie. Et à New York, quand tu te présentes pour donner un concert, on te demande toujours combien de personnes tu peux amener dans ton public. Comme je ne connaissais personne là-bas, je rassemblais mes élèves. C’était mon premier public! Mais il n’y a pas vraiment d’astuce miracle. J’ai multiplié les concerts. D’abord dans des restaurants et des bars où je tendais le chapeau à la fin, jusque dans des clubs. C’est du travail et de la persévérance. Se montrer, convaincre, élaborer un dossier de presse, rappeler pour décrocher une scène, puis une autre. J’ai fait ma place gentiment mais sûrement.

Votre musique est un mélange de plusieurs inspirations, jazz, pop, soul, avec des sonorités sud-américaines. D’où vient ce métissage?
C’est difficile à dire car je n’ai pas de background latino à la base. C’est plutôt de l’amour que je porte à ces musiques. Je les ai tellement écoutées et travaillées que j’ai fini par les intégrer et les assimiler. Mes compositions reflètent donc ces influences d’une manière toute naturelle. Et l’avantage à New York, quand tu veux jouer de la musique brésilienne, il est facile de trouver des musiciens de cette nationalité. C’est la même chose pour le public. Ça rend le tout encore plus authentique.

Vous tournez sur tous les continents. Comment ressentez-vous les différents publics?
C’est tellement différent d’un public à l’autre. En Asie par exemple, c’est fou, on est souvent traité comme de grandes stars, logé dans de superbes hôtels, demandé pour des autographes et des photos. J’ai le sentiment qu’ils nous accueillent comme des célébrités car nous offrons une musique différente de la leur. Alors qu’à New York, je suis un talent parmi un grand nombre d’autres musiciens. Là-bas, le public a la possibilité de voir chaque jour tant de concerts magnifiques que c’est difficile pour les artistes de réunir un public nombreux.

Sa guitare fétiche qu’elle a depuis vingt ans

Début mai vous avez donné une série de concerts sur le Pavillon suisse à l’exposition universelle de Milan. Un retour aux sources?
Oui, c’était un projet très spécial. J’avais comme mandat de chercher des musiciens des cantons partenaires de l’exposition (Uri, les Grisons, le Tessin et le Valais). J’ai ensuite élaboré un répertoire de chants traditionnels de ces régions, que j’ai réarrangés à ma façon. J’ai redécouvert notre patrimoine musical en me le réappropriant, c’était très intéressant.

Depuis 2010 vous êtes la directrice du festival Frauenstimmen de Brigue. Pourquoi offrir une scène exclusivement aux femmes?
Sur scène, les groupes sont mixtes. Toutefois, ceux que je choisis de programmer ont des femmes au centre (directrice du groupe, compositrice…) parce que je trouve qu’elles sont encore sous-représentées sur la scène musicale. Mais je les engage d’abord parce qu’elles sont d’excellentes musiciennes et ensuite parce qu’elles sont des femmes et non l’inverse. J’ai d’ailleurs amené une fois un groupe de New York auquel j’appartiens. Nous avons joué du rock brésilien psychédélique des années 1970. Ça a fait sensation à Brigue (rires).

Sa cafetière, point de départ de toutes ses journées

Quelle tendance pour cette sixième édition qui commence le 2 juillet?
Cette année, pour les 200 ans du Valais dans la Confédération, j’ai programmé des artistes valaisannes uniquement, qui se produiront avec le Alex Rüedi Big Band.

4 dates dans la vie d’une musicienne

2000 Termine ses études à la New School University de New York et décide de s’y établir.

2011 Eliane Amherd sort son premier album solo, paroles et musique, «Now and from now on».

2015 Du 2 au 5 juillet: sixième édition du festival Frauenstimmen dont elle est la directrice musicale.

2016 Elle prévoit de sortir son deuxième album solo. Et la chanteuse va repartir en tournée.

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Olivier Maire
Publication:
lundi 22.06.2015, 14:30 heure



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