Elodie Frenck (ici chez elle à Paris) est née et a grandi à Lausanne, jusqu’à l’obtention de sa maturité.

Elodie Frenck: «Je suis un clown glamour»

Rencontre La désarmante Marlène blond platine et bouche rouge baiser de la série «Les Petits Meurtres d’Agatha Christie», c’est elle, Elodie Frenck!

Cette Marlène toute en courbes et en glamour qui ne vous ressemble pas (en vrai, vous êtes très nature, visage sans maquillage, jeans, baskets), vous l’avez trouvée comment?
C’est mon clown… glamour! Mon nez rouge, c’est ma bouche! Lorsqu’on m’a proposé ce personnage, j’avais accouché quatre mois plus tôt. Je ne me sentais pas au mieux de ma forme. Pour aller à l’audition, je me suis fait des boucles, j’ai enfilé trois soutiens-gorges l’un sur l’autre et une robe moulante. On m’a fait revenir trois fois et j’ai été prise. Je suis heureuse que ce personnage plaise autant et m’ait fait gagner un prix de jeune espoir. Recevoir un prix pareil à presque 40 ans, c’est génial. Cela prouve qu’il faut garder de l’espoir toute sa vie!

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Jusqu’à cette reconnaissance, vous l’aviez toujours gardé, l’espoir?
Il y a eu des périodes de découragement. Je me disais si je reste six mois sans travailler, je change de métier. Et à cinq mois et demi, il se produisait quelque chose! C’est dur le chômage dans une profession où on ne peut pas agir. Ça ne se fait pas de dire: «Bonjour, je suis comédienne, vous êtes réalisateur, réunissons nos talents.» Il faut attendre qu’on pense à vous. Et donc apprendre à vivre avec le doute, la précarité, sans cesser pourtant d’entretenir son instrument de travail, c’est-à-dire soi-même. Heureusement que je suis endurante. Dans ma chambre de jeune fille, j’avais écrit: «Ce qui compte, ce n’est pas le but, c’est le chemin.»

Qu’est-ce qui vous a fait quitter la Suisse et venir à Paris?
Paris, c’était pour moi la capitale du théâtre et du cinéma. Et comme je fais du théâtre depuis le collège… J’ai été plusieurs années à la ligue d’improvisation. Paris, c’était aussi la ville de ma grand-mère. Ma mère (ndlr: l’écrivaine Sylviane Roche), Parisienne, est arrivée en Suisse à 20 ans. On venait souvent ici. Mais j’ai dû attendre d’avoir le bac pour partir. Ça a été long. J’ai passé mon enfance à me réjouir de grandir et d’être adulte. J’espère que mon fils profitera mieux de son enfance, sans rêver à être grand tout de suite.

«

Ce qui compte, ce n’est pas le but, c’est le chemin»

Comment se sont passés vos débuts à Paris?
En arrivant, j’ai vécu chez ma grand-mère, mais je n’y étais que pour dormir quelques heures par-ci par-là. Le reste du temps, je faisais du théâtre. D’abord dans un petit cours, puis, au Cours Florent dans la classe libre. J’étais toujours là-bas, la première arrivée, la dernière partie. Ce qui m’a pesé pendant plusieurs années, c’était la solitude. J’ai mis quinze ans à me constituer un réseau d’amis proches. C’est peut-être le fait que je sois grande (1 m 80), blonde, et plutôt sûre de moi – j’ai un agent depuis 1991, l’année de mon premier tournage – qui m’a isolée des autres. Je l’ai compris au fil de mes psychothérapies.

La Suisse ne vous manquait pas?
Si! Énormément. Pour les branches Cailler, le Parfait, les caracs (rires). Surtout pour le lac. J’ai fait mon gymnase chemin Bellerive à Lausanne, au bord du lac quasiment. Durant mes années dures à Paris, je rêvais d’ouvrir les fenêtres pour voir le lac et y trouver du réconfort. J’ai envisagé de revenir en Suisse, mais ce qui me retenait est que je n’y connaissais plus personne, hormis ma famille. Aujourd’hui, j’ai compensé le manque presque physique du lac en vivant dans le ciel, tout en haut d’un immeuble. Cela dit, je me réjouis de faire découvrir le pédalo à mon fils quand il sera plus grand.

«Je ne peux pas porter de lentilles»

C’est quoi un grand comédien pour vous?
C’est quelqu’un qui ne dit pas le texte comme j’ai pu le lire. Tout à coup, il y met quelque chose que je n’attendais pas. Dans la série d’Agatha, il y a plein de comédiens comme ça! J’adorerais me mesurer un jour à un acteur de la trempe de Jean Rochefort. Il a un phrasé, une profondeur de champ extraordinaire. Quand il dit une phrase, il en dit en réalité beaucoup plus.

Vous aussi! Et sur le registre de l’humour…
Je me sens utile quand je fais rire. Le souci d’être utile dans la société, de servir à quelque chose en tant qu’être humain m’a longtemps préoccupée. Avec un père médecin et une mère prof, c’est normal. Or, quand on est comédien, on n’est pas forcément utile. Sauf quand les gens rient.

Et quand vous ne tournez pas?
Je m’occupe de ma famille: mon fils, mon mari, son garçon de 12 ans. Après vous avoir quittée, je vais prendre un cours de piano avec mon fils. L’idée de partir en tournage durant deux mois en ne revenant à la maison que le week-end, Les Petits Meurtres se tournent à Lille, me culpabilise un peu. Ce n’est pas facile de faire comprendre mon travail à mon petit garçon. Un jour, je lui ai dit que je faisais le clown. Mais en m’accompagnant faire des essais de costumes pour Marlène, il s’est écrié: «Je ne vois pas de costume de clown, ici!»

«Les caracs? Ma pâtisserie préférée!»

4 dates dans la vie de l’actrice

1975 Naît à Lausanne. Son père est pédiatre, sa mère est la roman-cière Sylviane Roche.

2011 Naissance de son fils avec qui elle adore partager des histoires, mais moins jouer au Playmobil pirates!

2013 Prix jeune espoir féminin au Festival international du film de La Rochelle.

2015 Tourne pour 2016 quatre épisodes des «Petits Meurtres d’Agatha Christie» diffusés par RTS et France 2.

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Texte: Véronique châtel, Paris

Photos: Thierry Langro

Publication:
lundi 16.11.2015, 15:01 heure



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