Du high-tech pour une meilleure conservation: Thijs Defraeye utilise aussi la soufflerie dans ses recherches.

Emballages écologiques

Recherche Un emballage ad hoc peut contribuer à une meilleure conservation des aliments et à réduire le gaspillage. Thijs Defraeye travaille à de nouvelles solutions.

Les cartons à bananes ont des trous. La plupart d’entre nous ne se sont jamais interrogés sur leur raison d’être ni sur leur emplacement. Thijs Defraeye, ingénieur belge de 32 ans, l’a fait. Voici son explication: «Les trous sont essentiels. Ils sont disposés de manière à ce que les bananes soient refroidies et aérées de façon optimale durant leur transport par mer.» Sans cette précaution, elles arriveraient peut-être en purée à destination. Si la forme et la position des trous ont changé au cours des dernières années, améliorant ainsi la conservation des fruits, c’est à des chercheurs comme Thijs Defraeye qu’on le doit.

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Réduire les pertes

Depuis environ trois ans, l’ingénieur belge étudie les chaînes du froid et les emballages à l’EPFZ et à l’Empa (le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche) de Dübendorf (ZH). Son but: réaliser des emballages écologiques qui améliorent en même temps la conservation des aliments. Ce projet de recherche est soutenu financièrement par le Fonds Coop pour le développement durable. «Notre préoccupation est de réduire autant que possible la dégradation et les pertes de denrées alimentaires durant le transport et le stockage», déclare Annina Böhlen, responsable du Fonds Coop.
«Le sujet est passionnant, s’enthousiasme le chercheur. D’autant plus que mon travail me permet de faire effectivement avancer les choses.» Il faut savoir que beaucoup de fruits ont franchi de longues distances avant d’arriver dans le panier des consommateurs. «Ici en Suisse, ils sont presque traités comme des VIP, plaisante Thijs Defraeye. En Afrique du Sud par contre, pour ne citer que cet exemple, il en va tout autrement.» Étonnant pour le troisième plus gros producteur d’agrumes du monde!
Pour les oranges, mandarines, etc., le premier stade qui suit la cueillette est crucial: «Pour que les fruits arrivent en bon état au consommateur, il est nécessaire de les réfrigérer le plus vite possible.» En Afrique du Sud, les fruits sont souvent transportés sur les mille premiers kilomètres en pleine chaleur, avant d’être mis en chambres froides. Jusqu’à présent, les plantations ne disposaient presque pas de moyens de réfrigération sur place. D’où un niveau élevé de pertes.

Forme et matériau

Pour Thijs Defraeye, la meilleure solution serait d’équiper les containers embarqués sur les cargos d’un système de réfrigération et de les disposer près des plantations. Mais, la réfrigération n’est pas tout. «L’emballage joue aussi un rôle», explique-t-il. En effet, dans le cas des cartons à bananes, les trous doivent être positionnés au bon endroit et surtout être adaptés au type de container.
Il existe différents systèmes de réfrigération. Dans les uns, le froid circule de bas en haut, dans d’autres latéralement: «Si l’emballage n’est pas exactement adapté, il peut y avoir de grosses différences d’impact à l’intérieur d’un même container.»
Enfin, Thijs Defraeye essaie de ne pas négliger l’aspect extérieur, le poids et le caractère écologique du matériau d’emballage. «Tous ces facteurs jouent un grand rôle. En effet, les cartons et les caisses accompagnent souvent la marchandise depuis les plantations jusqu’au magasin.» Autant dire qu’il reste encore beaucoup à faire.

Emballage

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Des actes pour le bien-être de tous

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Regula Bättig

Source: FAO

Infographie: Loris Succo

Photos: Roberto Ceccarelli, Heiner H. Schmitt

Publication:
lundi 29.02.2016, 13:30 heure

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