Émilien Badoux: «J’ai réalisé mes rêves les plus fous»

Freeride Champion du monde 2014, le Valaisan Émilien Badoux est reparti sur le Freeride World Tour (FWT). Il nous parle de sa saison, de sa passion, de sa vie.

Vous courez depuis janvier sur le Freeride World Tour, comment se passe cet hiver?
J’ai débuté la saison très motivé car j’ai vraiment pu prendre soin de moi l’été dernier en faisant beaucoup de yoga et de surf. Les premiers mois de l’hiver avaient bien commencé avec beaucoup d’entraînements et un tournage au Japon avant la première compétition. Ensuite sur le Tour, les résultats n’ont malheureusement pas suivi. J’ai fait un beau run à
Fieberbrunn la semaine passée, mais cette 4e place ne m’a pas permis de me qualifier pour l’Alaska. Quant à l’Xtreme de Verbier, seule une Wildcard pourrait me permettre d’y participer.


En 2014 , vous étiez premier au classement du FWT, ce qui vous a propulsé champion du monde de snowboard freeride. Cette année, vous restez au pied des podiums. Votre analyse?
J’ai réalisé mes rêves les plus fous l’an dernier comme être champion du monde, descendre des pentes vertigineuses en Alaska et, cet hiver, snowboarder au Japon, là où la neige est la plus légère… Mes objectifs sportifs ont été atteints. Maintenant, je peux en profiter pour m’ouvrir à de nouvelles choses comme le développement personnel.

L’an dernier, votre saison a été raccourcie par un accident dans une avalanche…
J’étais en entraînement de pente raide à Chamonix avec deux amis dont un guide de montagne. Je ne sentais pas cette descente et au moment de m’élancer, j’ai déclenché une coulée au sommet d’un couloir qui surplombait plusieurs barres de rocher. J’ai tiré mon airbag, puis j’ai complètement perdu le contrôle, j’ai dévalé la pente et passé par-dessus les rochers. Je me suis senti vulnérable par rapport à la montagne qui ne m’apporte généralement que du plaisir. J’ai été très chanceux de n’avoir au final qu’une épaule luxée, un arrachement osseux et une commotion. Je me dis que la montagne veut encore de moi…


Qu’est-ce que cela a changé dans votre façon d’aborder le freeride?
Quand on ne sent pas les choses, mieux vaut s’écouter et renoncer. Une fois qu’on vit une pareille chute, on étudie encore plus nos lignes et les conditions de neige. Toutefois, je m’y suis remis assez tôt, pour le tournage d’un documentaire puis pour l’Xtreme de Verbier. Après de tels moments, il ne faut pas se laisser envahir par la crainte. Et d’une manière générale, j’ai reconsidéré ma vie qui jusque-là tournait exclusivement autour du snowboard et des compétitions. Cet arrêt forcé de quelques mois m’a permis d’exercer en indépendant mon premier métier, paysagiste. J’ai également été juge en compétitions de snowboard. Ça m’a finalement ouvert des portes et j’ai énormément appris de cette épreuve.

Au sommet d’une pente, au moment de s’élancer, quel sentiment prédomine?
Le meilleur état d’esprit est de se sentir sûr de sa ligne, de la stabilité du manteau neigeux et de faire confiance au corps et à ses réactions instinctives une fois qu’on est dans la pente.

Le tapis de yoga qu’il emporte partout

Avant une compétition, votre repas idéal?
La veille au soir, une bonne assiette de pâtes avec une sauce tomate-basilic et du parmesan. Juste avant la course, je privilégie des aliments plus légers comme un birchermüesli avec des fruits, du pain, du miel et un thé au gingembre.

Vous êtes un des rares freeriders suisses à pouvoir vivre de votre passion. Comment?
Ça s’explique par mon expérience dans le snowboard. Il y a quinze ans que je fais des compétitions. J’ai des sponsors de longue date. Ça me permet d’opter pour un rythme de vie confortable entre le snowboard l’hiver et le surf l’été. J’adore voyager durant mon temps libre, tout en gardant un chez-moi en Valais.

Son cristal porte-bonheur

Jusqu’à quand vous voyez-vous dans le circuit mondial?
Encore quelques belles années pour donner tout ce que j’ai et profiter de cette opportunité de réaliser mes rêves. Ensuite je me consacrerai à l’enseignement en gardant un pied dans le monde des compétitions en tant que juge ou consultant TV. Je pourrais aussi continuer comme paysagiste ou dans le yoga…

Et d’un point de vue personnel?
À la trentaine, on n’échappe pas à ces questions sur la famille et la maison. Mais pour le moment, je profite de ma deuxième jeunesse, l’expérience de la vie en plus. J’ai l’occasion de voyager et de vivre de ma passion. C’est donc encore trop tôt pour imaginer avoir une famille. Car le jour où j’en fonderai une, elle deviendra mon centre d’intérêt et je ne veux pas traîner de frustrations.

Un message pour les freeriders en herbe?
Commencez par vous préparer physiquement pour avoir des jambes solides. Ensuite, il est indispensable de vous renseigner sur les conditions du manteau neigeux et d’adapter vos sorties. En bref, faites-vous plaisir mais sachez aussi renoncer quand il le faut!

3 dates: dans la vie du snowboardeur

1983 Naissance à Sierre, le 12 mai. En 1999, première année entière consacrée au snowboard.

2014 En mars, Émilien sera premier du Freeride World Tour et devient ainsi champion du monde.

2015 Il décroche en mars la 2e place à l’Xtreme de Verbier. Où il sera peut-être cette année début avril.

www.emilienbadoux.ch

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texte:
Sophie Dorsaz
Photo:
tandenmatten@swissonline.ch
Publication:
lundi 14.03.2016, 14:20 heure



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