Emma Stone incarne la joueuse de tennis Billie Jean King, qui relève le défi lancé 
par Bobby Riggs (interprété par 
Steve Carell).

Les rebonds de la bataille des sexes

Interview Dans son nouveau film, Emma Stone fait une entrée fracassante sur le court et défie un rival prétentieux et macho. Rencontre.

La «bataille des sexes», dans son titre original «Battle of the Sexes», c’est le film (sortie le 22 novembre) dans lequel l’actrice Emma Stone (29 ans) incarne Billie Jean King. Cette légende du tennis qui avait quitté la Fédération américaine au début des années 1970, révoltée comme d’autres joueuses d’être moins rétribuées que leurs homologues masculins dans des tournois professionnels. En 1973, l’ex-champion Bobby Riggs, vétéran de 55 ans et fervent défenseur de cette discrimination macho, lance un défi à Billie Jean King, alors âgée de 29 ans et au sommet de sa carrière: un match contre lui. Il est sûr qu’elle n’a aucune chance.
Cette «bataille des sexes» attire alors 30  000 spectateurs dans l’Astrodome de Houston et en rive 50 millions d’autres devant leur téléviseur. Un record. Et une sacrée victoire! King inflige une vraie leçon au macho en trois sets: 6:4, 6:3, 6:3.

Emma Stone, comment incarne-t-on la numéro un du tennis mondial quand on est soi-même simple amatrice de sport?
En s’entraînant sérieusement... (Rires) Physiquement, c’était le rôle le plus difficile qui m’ait été confié. Pour me préparer, j’ai soulevé de la fonte dans les salles de sport et, bien sûr, beaucoup joué au tennis. J’ai essayé d’imiter le style de Billie Jean King. C’était un véritable challenge.

Avec l’entraînement à la danse que vous avez suivi pour «La La Land», vous étiez en forme!
C’est vrai, mais la danse est une chose, le tennis en est une autre. Le sport ne m’intéressait pas vraiment quand j’étais jeune. Par contre, j’adorais danser et j’ai pris des cours, dans un style complètement différent. Le groupe de pom-pom girls «Laker Girls» vous dit quelque chose? Je dansais comme elles. Ça peut paraître bizarre pour un enfant, mais j’y prenais grand plaisir.

Vous croulez sous les demandes. Qu’est-ce qui vous a décidée à tourner «Battle of the Sexes»?
Je n’avais jamais entendu parler de cette «bataille des sexes» avant d’avoir reçu le script. Plus je me suis renseignée sur Billie Jean King, plus j’ai trouvé son histoire fascinante. Elle a été une héroïne et une icône pour les femmes des années 1970. Malgré sa relative jeunesse, elle a inspiré plusieurs générations.

«

En fait, mon projet était irréaliste, 
mais mon audace 
a été récompensée»

Elle ne s’est pas seulement engagée pour les droits des femmes dans le sport.
Absolument, elle a également essayé de permettre à d’autres classes sociales de pratiquer le tennis − sport on ne peut plus élitiste à l’époque. Depuis l’âge de 12 ans, elle a fait partie d’un club qui n’acceptait que les membres fortunés. Ses parents n’ayant pas les moyens de lui acheter une tenue de tennis, sa mère la cousait souvent elle-même. Mais avec ce patchwork, elle n’était pas admise sur les photos de groupe. Elle a été profondément marquée par ce genre de vexations. Je trouve son cheminement captivant.

Pourquoi l’histoire de Billie Jean King présente-t-elle toujours un intérêt pour les jeunes femmes, 44 ans plus tard?
Malheureusement, la donne n’a guère changé depuis 1973 en ce qui concerne l’égalité des sexes au travail et l’égalité de rémunération. En y regardant de plus près, j’ai été vraiment choquée.

Le film accorde une attention particulière au look des années 1970.
En effet, le décor est absolument génial. «Battle of the Sexes» met bien en évidence le style particulier, vraiment cool, de l’époque. Notre caméraman Linus Sandgren était déjà sur le plateau de «La La Land». Il a créé tout un univers de rose, bleu et rouge. Et que dire des costumes de Mary Zophres! C’est elle qui m’a habillée pour «La La Land». J’adore aussi ma coupe «shag». Elle est extra, vous ne trouvez pas?

Disons que c’est inhabituel de vous voir avec des cheveux foncés. Le roux n’est-il pas votre signe distinctif?
Quand je suis arrivée à Hollywood, j’étais encore blonde. À l’époque, on me disait que je pourrais éventuellement avoir du succès en tant que pom-pom girl dans les films pour ados. Ma voix était aussi grave qu’aujourd’hui et j’étais déjà très directe. Les casteurs me trouvaient bizarre et se demandaient qui était cette nana de 15 ans complètement timbrée. Une chose est sûre, je n’étais pas conforme à l’image «Disney Channel»! Alors j’ai teint mes cheveux en brun – une semaine plus tard, j’obtenais mon premier rôle. Comme quoi, il suffit de changer de couleur de cheveux pour changer de vie! On a essayé le roux pour le tournage de «Superbad». Ma mère est rousse, j’étais fière de porter cette couleur en hommage à tous les roux de la planète.

Les «vraies» stars du tennis Riggs et King en 1973.

Vous vous êtes frayé un chemin parmi les actrices les mieux payées d’Hollywood sans l’aide de personne. Comment avez-vous réussi ce tour de force?
À l’âge de 15 ans, j’ai déménagé à Los Angeles pour devenir actrice. Je ne sais pas si j’étais seulement précoce ou bien si c’était une pure folie. Mais ça a marché, sinon je ne serais pas assise en face de vous (rires). En fait, mon projet était complètement irréaliste, mais mon audace a finalement été récompensée.

La légende raconte que vous avez convaincu vos parents de vous laisser déménager à Los Angeles grâce à une présentation PowerPoint intitulée «Project Hollywood».
Ça sonne bien, non? C’est la stricte vérité. Ça sentait le plan foireux, mais par chance mes parents ne m’ont pas prise pour une dingue et ils m’ont soutenue dans mon rêve. Ma mère m’a même accompagnée à tous les castings.

Vous avez accédé au rang de star très rapidement. Quelle est la principale leçon que vous avez tirée de cette expérience?
Qu’il est essentiel de rester soi-même. J’avais tout à apprendre en la matière. Il n’y a rien de plus bizarre que rencontrer en permanence de parfaits étrangers qui font comme s’ils vous connaissaient depuis toujours et qui ont des idées préconçues sur votre compte – juste parce qu’ils ont lu quelques interviews que vous avez données. J’ai pris conscience que je devais garder pour moi certains aspects de ma vie. Je ne peux pas tout partager avec le public. Il faut que je trouve un équilibre. Avant, je m’asseyais sur un divan avec les journalistes et c’était parti pour le grand déballage.

Qu’est-ce qui vous a aidée à garder les pieds sur terre?
J’ai de super amis qui ne m’ont jamais laissée tomber. Malgré tout, je suis un peu moins accessible maintenant. Ma sphère privée est plus précieuse, je ne veux pas la mettre en péril. Je suis plus réservée, peut-être parce que je deviens adulte? Je n’étale désormais plus mes sentiments à la moindre occasion.

Qu’est-ce que ça fait de recevoir l’Oscar de la meilleure actrice pour «La La Land»?
C’est indescriptible! Je trouvais déjà grandiose de remporter le prix de la meilleure actrice à la Mostra de Venise. C’est là que tout a commencé. Quand j’ai reçu le message, j’étais encore au lit, sans lentilles de contact. Autrement dit: presque aveugle! J’ai dû coller le nez à mon portable pour le déchiffrer. Avant de me mettre à crier de joie. Ma mère était dans la pièce d’à côté et s’est demandé ce qui se passait. C’était dément et chouette à la fois.

Le tennis fait son cinéma

Emma Stone: «Je n’étale plus mes sentiments à toute occasion.»

«Battle of the Sexes», le film de Jonathan Dayton et Valerie Faris (les réalisateurs de «Little Miss Sunshine») où le destin de la joueuse de tennis Billie Jean King est incarné par Emma Stone, est à voir dans les cinémas romands dès le 22 novembre. Tennis encore avec, sur les écrans depuis une semaine, «Borg/McEnroe», long-métrage sur la finale légendaire de Wimbledon, en 1980.

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Bande-annonce du film «Battle Of The Sexes»

Interviews d’Emma Stone et Billie Jean King

Emma Stone en 5 films

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texte:
Christian Aust
Photo:
Getty Images
Publication:
lundi 13.11.2017, 13:50 heure



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