Les trois chasseuses valaisannes en train de «jumeler»: une étape indispensable avant de partir à la chasse.

En août, sur les traces de Diane

En Valais, comme ailleurs, la saison 
de la chasse se prépare. Rencontre en forêt 
avec trois chasseuses qui déclinent cette 
tradition au féminin.

Un curieux ballet rythme en ce moment les hauteurs boisées des montagnes valaisannes. Dans le jargon, on appelle cela «jumeler». «L’idée est de venir en reconnaissance avant l’ouverture de la chasse, fixée le 22 septembre dans le canton du Valais, indique Nathalie Chatriant, employée de commerce. Et puis il faut que les chiens et les maîtres se dégourdissent un peu avant le jour J.»
Mais qu’on ne s’y trompe pas, «jumeler» ne s’improvise pas. On peut même dire que ça se mérite. «On doit impérativement connaître le terrain, détaille Jocelyne Udry, assistante dentaire. En période de chasse, on s’y déplace de nuit, avant le lever du jour. Ce n’est pas anodin dans des lieux escarpés.»

Reconnaître le gibier, crapahuter sur des chemins caillouteux, se faire discrètes à tout moment… la reconnaissance demande une bonne condition physique et des sens particulièrement aiguisés. «On laisse les chiens chercher des pistes. Dès qu’ils débusquent une odeur, ils la pistent. Vous entendez? C’est la clochette de mon chien, Gandalf. Il est monté là-haut en effectuant une boucle. Il a repéré une trace odorante.»
C’est ici que toute la subtilité de l’observation prend son sens. «Pendant que le chien suit le même chemin que l’animal, chacune d’entre nous se positionne pour comprendre par quel endroit passe le gibier concerné.»
Un ballet de positionnement, de repositionnement, de jumelles, de clochettes qui tintent, de chiens trottant inlassablement entre les arbres, qui se répète durant tout le mois d’août les mardis, jeudis, samedis et dimanches. Une cadence plutôt rythmée. «Personnellement, je pratique plutôt la chasse haute du côté du val d’Hérens, explique Christine Cavalera. Elle se fait sans chien, dure deux semaines et le gibier est principalement le chamois. Aujourd’hui, nous sommes en repérage pour la chasse basse. Ce sont deux chasses différentes, à des périodes différentes et avec des munitions différentes.»

A la ville, cette quadragénaire est biologiste. Oui, biologiste… «C’est compliqué à expliquer. Pourtant c’est ma passion pour la nature qui m’a fait choisir la chasse. Dans le cadre de mes études, j’ai suivi un master dont le travail de diplôme portait sur le mouflon dans le Bas-Valais avec le service de chasse. Ensuite, j’ai étudié une année les bouquetins dans leur milieu naturel. J’ai rencontré des gardes-chasses, je me suis promenée avec, ils m’ont expliqué leur travail, leur passion, leur vie vouée à la nature. J’ai attrapé le virus à ce moment. J’ai une fille de 9 ans et deux garçons de 7 ans. J’essaie de leur apprendre l’écosystème, le respect de l’environnement mais aussi la place de chacun.»
Le sujet de la chasse fait toujours débat, les trois femmes en conviennent. Toutefois, elles assument leur passion, à l’instar des 1500 chasseuses que compte la Suisse (sur un total de 30 000 chasseurs). «Cela fait dix-huit ans que je chasse, conclut Nathalie tout en flattant sa trépidante chienne Gigi. Mon époux aussi est garde-chasse. Mais au-delà de ça, c’est surtout une grande famille qui aime avant tout la nature et son juste équilibre.»
Au fait, on dit plutôt chasseuse ou chasseresse? «Dans le milieu, les deux sont utilisés. C’est comme vous voulez!»

Trois femmes, trois chasseuses 

Christine Cavalera (40 ans), biologiste:

«J’adore les chamois, alors je pratique principalement la chasse haute. D’ailleurs je fais des heures supplémentaires l’été pour pouvoir prendre deux semaines de vacances pendant cette période de chasse spécifique.»

Nathalie Chatriant (48 ans), employée de commerce:

«Pour moi, le gibier le plus fin et le plus raffiné est le chevreuil. A la bourguignonne, c’est excellent. On peut aussi simplement faire griller la selle. D’ailleurs, il y a du monde à table à la maison pendant la chasse. Ce sont des mets prisés lorsqu’on sait que vous êtes chasseuse et cuisinière.»

Jocelyne Udry (53 ans), assistante dentaire:

«La formation m’intéressait, mon époux est garde-chasse. Mon père était chasseur lorsque nous habitions au Canada et il emmenait mes frères à la chasse. Aujourd’hui, aucun d’eux ne chasse. Je suis la seule à avoir contracté le virus.»

Commentaires (2)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Sophie Dürrenmatt
Photo:
Nicolas de Neve
Publication:
lundi 25.08.2014, 13:00 heure

Retrouvez toutes nos recettes


Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?