Energie: le soleil brille sur St. Antönien

Ce village de montagne du Prättigau doit accueillir la plus grande centrale solaire de Suisse, un projet aux conséquences durables.

Heinz Rieder, président de la commune de St. Antönien: «C’est surtout à cause des enfants que le projet de centrale solaire est important».

Heinz Rieder, président de la commune de St. Antönien: «C’est surtout à cause des enfants que le projet de centrale solaire est important».
Heinz Rieder, président de la commune de St. Antönien: «C’est surtout à cause des enfants que le projet de centrale solaire est important».

Le président de la commune de St. Antönien (GR), Heinz Rieder, jette un coup d’œil par la fenêtre de son bureau. Un chat traverse la rue du village sans se presser. Rien d’autre à signaler. Le président sait bien que pour assurer son avenir, le village a besoin d’autre chose que ce calme olympien. Soudain, en face, la porte de l’école s’ouvre brusquement, laissant s’échapper des enfants. «C’est surtout à cause d’eux que le projet de centrale solaire est important. Comme notre village, ils ont besoin de perspectives d’avenir.»

Son regard se pose sur le versant abrupt de la montagne couvert d’ouvrages paravalanches qui protègent le village. C’est là, sur les hauteurs, que doit être construite la plus grande centrale solaire de Suisse. Ailleurs, la construction d’installations de production d’énergie alternative suscite pas mal d’oppositions mais ici, cette centrale solaire est bienvenue. Le canton, les organisations de protection de la nature ainsi que les habitants de la commune sont tous en faveur du projet.

A l’origine, il y a l’initiative des habitants de St. Antönien, situé à 1420 m d’altitude. Un village de 360 habitants, pittoresque, mais complètement isolé et menacé d’anémie économique. En 2010, la communauté élabore un concept d’avenir. C’est là qu’intervient le bureau d’études Energiebüro für Solarkraftwerke, à Zurich, et son chef, Christian Meier. En voyant les paravalanches, il comprend qu’il a sous la main ce qu’il faut pour bâtir une centrale solaire: la pente abrupte orientée au sud/sud-est, les charpentes métalliques et… le soleil. Car à St. Antönien, il brille autant qu’à Naples.

Pendant six mois, les autorités communales et Energiebüro réfléchissent à la question et passent aux études préliminaires. Elles démontrent qu’on peut poser des modules solaires d’une puissance d’environ 3,5 MW (mégawatts) sur 12,5 km de paravalanches. Investissement: 20 millions de francs. Durée d’amortissement: vingt-cinq ans. Le courant généré suffirait à alimenter 1200 foyers.

Pas énorme à première vue, puisqu’il faudrait cent St. Antönien pour remplacer une centrale nucléaire comme Mühleberg (370 MW). «Primo, en Suisse, il y a 200 km de paravalanches pouvant servir de support à des centrales solaires. Cela représente une puissance totale de 50 à 60 MW. Secundo, personne ne prétend que les centrales solaires doivent remplacer à elles seules les centrales nucléaires», réplique Barbara Schaffner. La cheffe de projet chez Energiebüro estime cependant que d’ici une vingtaine d’années, 30% de l’électricité nécessaire pourrait être d’origine solaire. Les nouveaux matériaux permettent un rendement nettement meilleur. Les coûts aussi ont baissé et continueront à baisser. Barbara Schaffner en est sûre: «Dans dix ans, le courant produit par les panneaux solaires des toitures sera meilleur marché que celui fourni par le réseau.»

Il y a peu, St. Antönien était une destination seulement connue des amateurs de randonnées et d’excursions en montagne. A présent, à cause du projet de centrale solaire, le petit village est sorti de l’anonymat. Des journalistes sont venus de la moitié de l’Europe pour le visiter. Le président de la commune est convaincu que «la centrale solaire servira de centre de compétence et de référence pour des centrales similaires dans tout l’arc alpin». D’autres projets sont envisagés: parc solaire, restaurant pour les visiteurs ou sentier pédagogique. Néanmoins, St. Antönien continue sur la voie du tourisme doux et mise sur la création de postes de travail qualifiés dans le domaine du solaire. «Les enfants ne doivent plus être obligés de descendre dans la vallée et les chats doivent pouvoir continuer à traverser la rue comme avant, malgré le boom du solaire», prédit Heinz Rieder.

Coop mise sur l’énergie solaire

Les installations photovoltaïques sur les bâtiments de Coop ne cessent de s’agrandir. Par Georg Weinhofer, responsable du département énergie/CO2 chez Coop.
Les toits des immeubles de Coop sont couverts de 8000 m² de panneaux photovoltaïques. «Les installations photovoltaïques produisent chaque année environ 1 million de kilowattheures (kWh) d’origine solaire. Cela correspond à la consommation moyenne annuelle de 200 à 300 foyers suisses», précise Georg Weinhofer, responsable du département énergie/CO2 chez Coop. A noter que les plus grandes installations des cantons de Bâle-Ville et de Zurich sont implantées sur des bâtiments de Coop. Deux projets photovoltaïques sont en passe d’être réalisés sur des immeubles de Coop, à Brunnen (LU) et Winterthour. Ces installations, qui entreront en service d’ici la fin de 2011, couvrent une surface de 1500 m² environ et produisent 200?000 kWh. Coop va construire cette année une unité de production d’électricité solaire sur la centrale de distribution de Gossau (SG). Les panneaux couvriront une surface de 5000 m², qui aura une capacité d’environ 600?000 kWh par an.

Energie solaire

Pendant trente ans

Les modules solaires sont de plus en plus critiqués. Motif: leur fabrication consommerait plus d’énergie qu’ils n’en produiraient pendant leur durée de vie. Le fait est qu’actuellement, l’énergie nécessaire à la fabrication est déjà compensée au bout d’un à trois ans de service. Les modules solaires ont une longévité de plus de trente ans. Par ailleurs, il existe des fabricants qui produisent des modules solaires avec du courant solaire.

Liens sur le sujet

www.swissolar.ch

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Publication:
mercredi 13.07.2011, 15:03 heure