Cadette de l’élite mondiale du snowboard freeride, la Valaisanne Estelle Balet nourrit de grandes ambitions sans se prendre la tête et mène ses études en parallèle.

«La sensation de voler, j’adore!»

A 19 ans, Estelle Balet est la plus jeune compétitrice de l’histoire du Freeride World Tour. Avec légèreté, elle jongle entre sa passion du snowboard 
et sa maturité gymnasiale. Rencontre sur les pistes de Verbier. 

Vidéo

Vidéo filmée par Canal9 le 24 janvier 2013.

Coopération.  S’élancer sur le circuit du Freeride World Tour (FWT) pour la première fois, en tant que benjamine de la compétition, ça vous fait quoi?
Estelle Balet.  J’y vais sans pression, à la cool! Je suis super tranquille en vue de la saison sur le Tour, car je n’y joue pas ma vie. A côté, j’ai mes études et je prends cela comme un bonus. Je garde le positif et laisse de côté le stress, la pression des médias ou des sponsors. Etre la plus jeune peut même être un avantage car c’est souvent sans pression que les runs se déroulent le mieux. Et il faut dire aussi que je suis très bien coachée.

Justement, la snow-boardeuse professionnelle Géraldine Fasnacht vous suit depuis deux hivers. Qu’est-ce que ça représente pour vous?
Une chance incroyable! C’est difficile de s’insérer dans ce milieu. Bénéficier de ses conseils est donc un privilège. On a très vite accroché au niveau de nos caractères et sur le plan sportif, nous aspirons à la même chose: se faire plaisir, rider pour le fun. Le reste se travaille à l’entraînement. D’un point de vue technique, elle me partage son expérience en terme d’observation d’une face, de choix des lignes, de gestion du stress…

Vous arrive-t-il d’avoir peur avant de vous lancer dans une pente entre 40 et 45 degrés?
J’ai une peur bleue des avalanches. En compétition, je sais que tout a été préalablement sécurisé, j’y vais donc toujours concentrée mais assez décontractée. A l’entraînement par contre, je m’informe plutôt deux fois qu’une avant de sortir du domaine skiable. C’est d’ailleurs une peur nécessaire. Dans ce sport, tu ne peux pas être une tête brûlée, sinon tu y passes.

Et qu’est-ce qui vous plaît tant dans le snowboard freeride?
La sensation de voler! Il n’y a que la planche entre moi et la montagne. Je trouve que c’est épuré, il n’y a pas de bâtons qui traînent ou des traces de ratrak sous les pieds. C’est une ligne que je laisse dans la montagne. Petite déjà, je regardais les riders de l’XTreme et m’imaginais à leur place. Aujourd’hui, je concrétise mon rêve.

«

Je souhaite réussir ma matu et je 
rêve d’une victoire à Verbier»

Durant l’hiver, vous glissez aussi du snowboard aux bancs d’école. Commentgérer cette double vie?
Ce n’est pas facile (rires). Sur l’année, je loupe environ huit semaines d’école. Heureusement, mes professeurs sont arrangeants et je peux compter sur mes amies pour les notes. Le plus dur est d’étudier pendant le Tour, car la plupart des riders sont professionnels. C’est sûr, je manque des shootings photo ou vidéo parce que je dois réviser. Mais en même temps, ça me permet de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier et d’aborder le FWT avec plus de décontraction. D’autre part, la gestion du stress en compétition m’aide pour l’école. Je sais travailler à fond, quand il faut, sans me faire trop de souci.

Vous reste-t-il du temps libre entre tout ça?
Pas énormément mais je l’apprécie d’autant plus. Dès que je suis à Vercorin, j’en profite pour rendre visite à ma famille et voir mes amis. J’ai de la chance d’être entourée de gens qui comprennent mon mode de vie et me soutiennent. La plupart de mes amis sont d’ailleurs des sportifs avec qui je ride parfois.

Et que faites-vous pour vous ressourcer?
Justement, rien! J’adore être à la maison et prendre le temps de me reposer. Le luxe est de me vautrer devant la télé en mangeant des gâteaux. Parfois, ça fait tellement du bien de ne rien faire et de s’embêter. Mais je n’ai que trois ou quatre week-ends de libres à la maison durant l’hiver.

Sur le plan professionnel, où vous imaginez-vous dans trois ans?
J’ai prévu de prendre une année sabbatique l’année prochaine pour me consacrer au snowboard. Peut-être que ça me réussira et que je continuerai dans le milieu encore quelques années. Mais j’ai bien conscience que c’est extrêmement difficile d’en vivre aujourd’hui. Je ne connais d’ailleurs que deux freerideuses professionnelles en Suisse. J’étudie aussi les offres des Hautes Ecoles et la HEC m’intéresse. C’est long et dur, mais ça me permettrait d’aborder le milieu de la compétition du côté commercial et marketing.
Ce qui est sûr, c’est que je tends à un équilibre entre ma passion du snowboard et une vie professionnelle. Tout miser sur le snowboard, c’est trop risqué. Une blessure et tu es hors du circuit!

Quels sont vos vœux pour cette année qui commence?
Je souhaite réussir ma maturité gymnasiale et me préserver des blessures. Ce serait déjà génial. Ensuite, sur le Freeride World Tour, je rêve d’une victoire à l’XTreme de Verbier. L’année dernière, j’y ai décroché une deuxième place avec ma wild card. Je peux donc m’imaginer sur la première marche en mars.

Portrait express


Sur les pentes du succès

Domicile. Estelle Balet est née le 19 décembre 1994 à Sion et vit dans la maison familiale de Vercorin (VS).

Parcours sportif. Déjà sur les skis à l’âge de 3 ans, elle rejoint très vite le ski club de Vercorin avec lequel elle participe aux compétitions régionales. A 11 ans, elle arrête les courses de ski alpin et troque ses lattes contre le snowboard. En 2010, elle prend part au Junior Freeride Tour puis en 2012 au Freeride World Qualifier, qui lui permet de courir aujourd’hui avec la crème des riders du monde entier sur le Freeride World Tour.

Etudes. En parallèle à sa vie sportive, Estelle Balet termine sa maturité gymnasiale au Collège de la Planta à Sion. Elle suit le programme Sport-Arts-Formation qui lui permet de concilier sa carrière de snowboardeuse et ses études.
Le Freeride World Tour rassemble les meilleurs skieurs et snowboardeurs hors-piste du monde autour de cinq compétitions pour les femmes et six pour les hommes. Les épreuves se déroulent entre l’Italie, la France, l’Autriche, le Canada, les Etats-Unis et la Suisse. Chaque année en mars, l’XTreme de Verbier boucle le cycle des événements du Freeride World Tour.

www.freerideworldtour.com

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Entretien: Sophie Dorsaz

Photo:
Olivier Maire
Publication:
lundi 20.01.2014, 00:00 heure

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