L’auteur de «Mîlenarium» Fabien Feissli, ici devant le campus de l’EPFL qu’il a imaginé se développer sur le Léman en 2049.

En 2049 «les exosquelettes feront partie de notre quotidien»

Fabien Feissli Le journaliste et écrivain romand sort un nouveau thriller, «Le Mîlenarium». Plongée dans la Suisse de 2049 où robots et humains se confondent.

La ville de Lausanne est abandonnée au profit de Lemania, mégapole futuriste et robotisée. Au milieu du lac, un campus ultramoderne nommé Mîlenarium accueille les gym­nasiens lors d’une journée portes ouvertes qui vire au cauchemar. Voici la trame du troisième roman de Fabien Feissli, mêlant habilement thriller et science-fiction, publié aux Éditions Cousu Mouche. Intrigué par les nouvelles technologies, l’auteur imagine la Suisse de 2049 où robots et humains se côtoient jusqu’à se confondre. Rencontre avec ce jeune écrivain vaudois sur le campus de l’EPFL, univers ayant largement nourri son inspiration.

Comment l’idée d’un Mîlenarium au milieu du Léman vous est-elle apparue?  
En tant que journaliste, je m’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies et à ce qu’on appelle l’humain amélioré. Je suis de près les études qui se font à ce sujet à l’EPFL et ailleurs en Suisse romande. Et à force de rencontrer différents spécialistes, j’ai essayé d’imaginer à quoi pourrait ressembler la Suisse romande en 2049. Aussi pour avoir étudié à l’EPFL, j’ai suivi le développement du campus avec les bâtiments fous réalisés sous la présidence de Patrick Aebischer. Avec Mîlenarium, j’ai voulu aller encore plus loin en implantant un campus sur le lac. Je me demande parfois s’il n’a pas lui-même rêvé d’une telle construction… (rires)

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Je voue une réelle passion au foot. J’y joue tout le temps, même quand il a neigé.»

Des villes abandonnées, un campus ultramoderne sur le Léman. C’est la Suisse que vous imaginez pour 2049?
Je pense que l’évolution n’ira pas aussi vite, mais l’abandon des centres-villes historiques au profit de quartiers ultra-­modernes, ça arrivera certainement. Mais j’espère que ça ne sera pas déjà le cas dans trente ans!

Des robots qui partagent notre quotidien, des bandeaux sélectionneurs de rêves, des puces sous la peau. Ces évolutions vous réjouissent ou vous effraient?
Je dis toujours que je suis intrigué par les nouvelles technologies mais pas passionné. Et si je m’y intéresse autant c’est parce que justement ça m’inquiète un peu. Les puces sous la peau – qui ne sont pas une bonne idée d’après moi – vont bientôt arriver. Aujourd’hui on a tous un GPS dans la poche via notre smartphone. Demain, il sera dans notre bras. Bonnes ou mauvaises, ces avancées technologiques vont faire partie de notre quotidien. Il faudra alors poser des garde-fous pour les maîtriser.

Votre roman «Le Mîlenarium», qui se dédie aussi à un public jeune, est une sorte de mise en garde…
On peut le dire, oui. En lisant le livre, on se rend compte que tout ce qui s’y passe n’est pas forcément désirable… J’espère inviter le lecteur à une réflexion sur les technologies de demain.

À quelle grande nouveauté technologique faut-il s’attendre pour cette nouvelle année?
C’est une bonne question. Si je le savais, j’aurais sorti mon livre en 2017 (rires). Je pense que les exosquelettes vont prendre de plus en plus de place dans le futur, dans le domaine médical ou militaire et même sur les chantiers. Après avoir permis notamment à des paraplégiques de remarcher, j’ai le sentiment qu’ils pourraient bientôt faire partie de notre quotidien et nous faciliter grandement la vie. Et c’est sans doute la technologie qui me fait le plus rêver, je suis un grand fan d’Iron Man.

Si vous pouviez inventer une chose pour faciliter le quotidien?
Simplement pouvoir ouvrir les portes ou allumer les lampes en les pointant du doigt, comme dans mon livre. Ça peut paraître paresseux mais ça éviterait bien des déplacements (rires).

Vous êtes journaliste. Qu’est-ce que votre métier vous apporte en tant qu’écrivain?
Deux choses. Tout d’abord un style d’écriture direct et sobre qui me permet de raconter des histoires de façon abordable pour tout le monde. Ensuite, comme lorsque je m’attelle à un article, écrire un roman me permet d’en savoir plus sur un thème. Je commence par me renseigner sur le sujet puis laisse libre cours à mon imagination. Par exemple, mon livre précédent En eau salée portait sur la marine marchande suisse. J’ai passé plusieurs mois à creuser le sujet avant de me plonger dans la rédaction du thriller. J’aime donc apporter du contenu réel à mes romans pour que le lecteur en sorte enrichi.

D’où vous est venu ce besoin d’écriture?
À vrai dire je suis le premier étonné d’avoir rédigé trois livres, car je n’ai jamais ressenti le besoin d’écrire. L’élément déclencheur a été la fusillade dans un cinéma aux États-Unis en 2012 lors d’une avant-première de Batman. Je me suis demandé comment est-ce qu’on réagit dans une telle situation? Ça a été le point de départ de mon premier livre Séance fatale, un roman policier qui se passe dans un cinéma de Lausanne. Ensuite, le virus de l’écriture m’a rattrapé. Et aujourd’hui, je trouve très agréable de pouvoir façonner un univers. Ça apporte une sacrée liberté!

Écrire un article de presse ou un roman, ce sont deux rythmes très différents. Comment passez-vous de l’un à l’autre?
J’ai la chance d’être engagé à 80% au Matin, ce qui me laisse du temps pour mes romans. Je peux annualiser mon temps partiel et ainsi dégager de grandes périodes libres pour me plonger dans la rédaction. Ça peut paraître assez cliché, mais j’écris entre 22 h et 4 h du matin. Donc si je devais concilier ça avec mon travail au quotidien, ça ne serait pas possible…

Et en dehors de la lecture et de l’écriture, quels sont vos loisirs?
Je voue une réelle passion au foot. J’y joue tout le temps, même quand il a neigé et qu’il faut déblayer le terrain. À vrai dire, ça tourne presque à l’acharnement parfois (rires). Par contre, je n’ai aucun objectif de ce côté-là. J’ai depuis longtemps abandonné mes rêves de footballeur…

Aimez-vous cuisiner?
J’aime beaucoup les pâtes. Je sais, c’est simple, mais c’est vraiment ce que je préfère. Parfois les gens ont mal au cœur de me voir manger tout le temps la même chose, mais c’est ce que j’aime (rires)… Sinon, je n’ai pas de penchant particulier côté cuisine, si ce n’est que je ne bois pas d’alcool. Je n’ai jamais vraiment commencé durant ma jeunesse et n’en ressens pas le besoin. Et du coup, mes amis ont toujours un taxi pour les ramener en soirée.

«Le Mîlenarium» n’est que le premier tome de la saga Lemania. Que nous réservez-vous dans cette nouvelle année 2018?
Le tome 2 devrait effectivement sortir l’automne prochain. Avec mon éditeur, nous hésitons entre la trilogie ou la quadrilogie, ce qui veut dire qu’il y en aura au moins deux autres. Et sinon, cette année, je me réserve deux mois de voyage en Amérique centrale durant lesquels je me suis promis de ne pas écrire. Ce sera difficile, mais j’essaierai de tenir…

L’écrivain et journaliste en interview: «Je commence par me renseigner sur le sujet puis laisse libre cours à mon imagination.»

La saga de Fabien Feissli

À 29 ans et en parallèle de son travail de journaliste au «Matin», Fabien Feissli a déjà signé trois romans. En admirateur inconditionnel d’Harlan Coben, son premier livre «Séance fatale» reprend les codes du roman policier. En 2015, il publie «En eau salée», thriller haletant à bord d’un porte-conteneur helvétique en Océanie. Son nouvel ouvrage, «Le Mîlenarium» (aussi aux Éditions Cousu Mouche) est le premier tome de la saga «Lemania». Le second devrait voir le jour cet automne. Une série qui pourrait se poursuivre avec un troisième voire un quatrième volet.

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Cousu Mouche - L'éditeur de Fabien Feissli

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
mardi 02.01.2018, 12:28 heure



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