Très suivie sur le web, Sophie Scaramuzza (32 ans) est à l’image de ses pâtisseries: haute en couleur.

Faire ses pâtisseries: tout un art

Tendance Des formes extravagantes et des décorations multicolores: l’heure est aux gâteaux maison élaborés. Rencontre avec ces pâtissières amatrices qui font le buzz.

Une alléchante odeur flotte dans la petite maison familiale de Sophie Scaramuzza. Cette jeune maman, qui vit en Argovie, vient tout juste de sortir son kouglof aux noisettes et au massepain du four.
À peine a-t-il refroidi que la pâtissière amatrice le dépose sur un joli plat à gâteau qu’elle installe devant une toile de fond. Clic-clac. Sophie poste systématiquement une photo de ses gâteaux sur le web. Elle ne fait pas de la pâtisserie uniquement pour le plaisir, elle en parle ensuite sur son blog «Lala Sophie». Créé en 2012, il est consulté en moyenne 18 000 fois par mois; ce qui fait d’elle la blogueuse la plus suivie de Suisse!
«Il y a un vrai engouement pour la pâtisserie: les chiffres de mon blog ont explosé ces derniers mois», observe celle qui met en ligne deux recettes par semaine. La popularisation de la pâte à sucre, qui permet d’embellir des gâteaux avec des couleurs et des formes variées, est à la base de ce succès.

Ventes en hausse chez Coop

Coop observe également cette tendance.  Compétente en la matière avec la marque Betty Bossi, incontournable en Suisse, elle enregistre une demande en forte augmentation concernant les ingrédients pour la pâtisserie et les articles de décoration de gâteaux. «Tout a commencé depuis que la pâte à sucre est devenue accessible au grand public. Chacun peut désormais réaliser des gâteaux d’anniversaire multicolores à faire pâlir d’envie le pâtissier du village», commente Claudia Boutellier, auteure de recettes Betty Bossi et spécialiste en pâtisserie.
Ce type de glaçage, venu des États-Unis, s’est étalé à la télévision, dans les magazines ainsi que sur les réseaux sociaux. «C’est l’émission de M6 Le Meilleur pâtissier qui m’a donné envie de me lancer. Un jour, après avoir reçu un kit de pâtisserie, j’ai essayé de faire un gâteau en pâte à sucre, j’ai partagé la photo sur Facebook et tous mes contacts s’y sont intéressés: c’était il y a un peu plus de trois ans», raconte Émilie Gachoud, étudiante en ingénierie des médias. Depuis, elle concocte une tourte chaque week-end, que les internautes lui commandent: «C’est un petit business qui est arrivé tout seul… Les gens se sont mis à me commander des gâteaux!»
Cette Fribourgeoise de 23 ans passe beaucoup de temps sur le site Pinterest pour trouver de l’inspiration. «J’aime développer ma créativité. Cette activité me défoule à côté de mes études», précise celle qui mise sur des parfums que tout le monde aime: vanille, chocolat, citron ou framboise. Pour la décoration, certains clients lui dessinent des croquis, d’autres lui donnent carte blanche.

L’étudiante fribourgeoise Émilie Gachoud réalise un gâteau par week-end.

Un festival national

La deuxième édition du Swiss Cake Festival s’est déroulée les 22 et 23 octobre derniers à Dietikon, près de Zurich, où 3500 visiteurs de tout le pays ont fait le déplacement. Les passionnés de pâtisserie se sont pressés dans les allées de la halle d’exposition. Ils – surtout elles – ont pu admirer des gâteaux, assister à des démonstrations de pâtisserie ou parcourir les stands des exposants. Les visiteurs se serraient les uns contre les autres, tentant d’immortaliser les pâtisseries avec leur smartphone. «La confection et la décoration de gâteaux ont connu un engouement spectaculaire au cours des dernières années, notamment grâce à la place accordée à la pâtisserie et au «cake design» (ndlr: décoré en pâte à sucre) à la télévision, sur les réseaux sociaux et les blogs», explique Lina Caroli, coorganisatrice du Swiss Cake Festival. Un concours a été organisé lors de la manifestation. La Vaudoise Bojana Milicevic y a participé, dans la catégorie amateurs, ayant pour thème «Swissness». Elle a présenté une tourte en forme de plaque de chocolat, avec Heidi, couchée dans l’herbe, écoutant un armailli jouant du cor des Alpes: «Je n’ai pas gagné, mais c’était une chouette expérience. Il y avait des créations magnifiques!»

«

J’offre des gâteaux aux anniversaires»

Bojana Milicevic, fan de «cake design»

Cette assistante en pharmacie de Vevey suit une formation pour devenir naturopathe. «Ça ne colle pas trop avec la pâte à sucre! Mais je fais aussi des décorations en papier de riz et j’ai envie de me lancer dans les fleurs en sucre…» La jeune femme aime la pâtisserie depuis l’enfance, et crée des «cake design» depuis six ans. À chaque fois qu’un membre de sa famille fête un anniversaire, elle lui en façonne un. «Comme le gâteau est personnalisé, il fait particulièrement plaisir. Mais ça prend beaucoup de temps!» Bojana se mariera le 10 décembre prochain. Elle ne sait pas encore si elle assurera la confection du gâteau…

Prendre le temps de sortir du lot

La sociologue Katja Rost constate que pâtisser, c’est se démarquer: «Si la denrée rare était autrefois l’argent, aujourd’hui c’est le temps. La pâtisserie permet de sortir du lot. Le gâteau est fait maison, mais il semble tout droit sorti d’une confiserie.» Sur le web, l’aspect du gâteau prime: une photo ne peut rendre ni le parfum ni le goût… Du point de vue gustatif, pas sûr que les «cake design» soient les meilleurs. «Je pense que le traditionnel gâteau à la carotte reste le favori dans la «hiérarchie sociale» des tendances pâtissières», souligne la sociologue.
Internet n’est pas juste une source d’inspiration. Il encourage les gens qui ont toujours caressé le rêve de confectionner des gâteaux à se lancer. «Plus d’une femme s’est assuré un revenu d’appoint en confectionnant des gâteaux et autres cupcakes joliment décorés», explique Claudia Boutellier. L’Helvético-Canadienne Heidi Rieger, établie dans le canton de Zurich, en fait partie. Autrefois employée de sécurité à l’aéroport, l’auteure du site «That Baking Girl» a rencontré un tel succès grâce à ses gâteaux et biscuits décorés que, depuis le mois de juin, sa passion est devenue son métier.

Plus de 30 000 fans sur Facebook

«Je n’ai jamais vraiment eu d’intérêt pour la pâtisserie. Mais lorsque ma fille était encore bébé, elle dormait beaucoup. Il fallait que je me trouve une occupation», raconte la maman. En parcourant des blogs, elle a découvert les petits biscuits décorés avec un mélange de blancs d’œufs et de sucre comparables à des œuvres d’art. Elle s’est mise à en créer, avec talent.

  • Décorer minutieusement et artistiquement des biscuits: telle est la passion de la blogueuse Heidi Rieger.
  • Il faut de la patience pour faire un biscuit en forme de bonhomme de neige: chaque couche de blanc d’œuf et de sucre doit sécher durant plusieurs heures.
 

Heidi Rieger a plus de 30 000 fans sur Facebook. Environ une fois par mois, elle donne des cours, durant lesquels les participants sont initiés aux secrets de fabrication de ses gâteaux, cupcakes et autres biscuits. «Ce que je préfère de loin, c’est la décoration. Si ça ne tenait qu’à moi, je pourrais travailler uniquement avec des gâteaux factices!»

«

La pâte à sucre fascine le grand public»

Claudia Boutellier, auteure de recettes Betty Bossi

Difficile de savoir comment va évoluer la pâtisserie en Suisse ces prochaines années. L’auteure de recettes Betty Bossi Claudia Boutellier croit en un retournement de la situation, loin de toutes ces créations avant tout visuelles: «On arrive probablement à une saturation en termes de couleurs et de dimensions. Il est donc possible qu’un jour ou l’autre, nous ayons tous envie de revenir à des couleurs plus discrètes, voire à quelque chose de plus naturel.» Car même s’il est moins esthétique, tout le monde craque pour un simple cake au citron!

Des douceurs venues des USA

Mini-stollens au séré

Une recette signée Sophie Scaramuzza

Pour 30 à 40 pièces
Réalisation: env. 50 min
Trempage: une nuit
Cuisson: env. 10 min

Ingrédients

  • 150 g de raisins secs
  • 2 cs de rhum
  • 2 cs de jus d’orange, fraîchement pressée
  • 280 g de farine
  • 1 cc de cannelle
  • 2 cc de poudre à lever
  • 1 orange bio
  • 1 gousse de vanille
  • 100 g de beurre
  • 75 g de sucre de canne
  • 150 g de séré demi-gras
  • 30 g de beurre fondu
  • 50 g de sucre glace

Astuce: ces pâtisseries seront encore meilleures après avoir été entreposées deux ou trois jours dans une boîte à biscuits.

Préparation
Mélanger les raisins secs avec le rhum et le jus d’orange. Laisser tremper pendant la nuit, égoutter.
Préchauffer le four à chaleur tournante à 200 °C.
Bien mélanger la farine, la cannelle et la poudre à lever dans un bol et réserver. Râper le zeste de l’orange. Gratter l’intérieur de la gousse de vanille. Réserver séparément.
Remuer le beurre, le zeste d’orange, la gousse de vanille et le sucre pendant 2 min afin d’obtenir une pâte crémeuse, puis incorporer le séré. Verser la farine progressivement. Pour finir, ajouter les raisins secs et travailler le tout jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène.
Abaisser la pâte à environ 1,5 cm d’épaisseur. Couper en lanières d’environ 3 cm, puis en petits carrés. Déposer ces derniers sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé et faire cuire pendant environ 10 min à mi-hauteur du four. Laisser refroidir 5 min.
Badigeonner avec le beurre fondu et rouler dans le sucre en poudre.

Livre de recettes

Le meilleur pâtissier

Trois, deux, un… Pâtissez! Ce livre commence comme dans le concours de M6 «Le Meilleur pâtissier» (lire l’interview de Mercotte à la page 18), dont la cinquième saison réunit jusqu’à 3,6 millions de téléspectateurs par émission. Ce livre propose plus de 200 recettes réalisées par les candidats et le jury. On y trouve également plusieurs bases de la pâtisserie, comme la préparation de la pâte brisée et feuilletée, de la glace royale ou de la ganache.
Un ouvrage coloré qui donne envie!

«La Bible de la gourmandise – Le Meilleur pâtissier – tome 2», M6 Éditions. Dans les plus grands points de vente Coop.

«Fait maison, c’est moins cher»

Mercotte (74 ans), vit à Chambéry, en Savoie. Elle a quatre enfants et dix petits-enfants.

Mercotte (74 ans), vit à Chambéry, en Savoie. Elle a quatre enfants et dix petits-enfants.
Mercotte (74 ans), vit à Chambéry, en Savoie. Elle a quatre enfants et dix petits-enfants.

Télévision Juge de l’émission de M6 «Le Meilleur pâtissier», avec Cyril Lignac, Mercotte estime que l’organisation et la rigueur priment.

Comment expliquez-vous le succès de la pâtisserie élaborée en tant qu’amateur?
Les gens se prennent au jeu, ils ont envie de bien faire. Si l’on s’organise et qu’on aime aussi la rigueur, ce n’est pas si difficile. D’autre part, la pâtisserie faite maison est la moins coûteuse et au moins, on sait ce que l’on met dedans.

Vous-même êtes une autodidacte.
Oui, je me suis mise à faire de la cuisine et des gâteaux à 30 ans,  mais je ne suis pas une pro.

De quelle pâtisserie suisse êtes-vous friande?
Ma mère est née à Genève et quand j’étais petite, on ramenait du chocolat de Suisse. Je me souviens de tablettes 100% cacao qui étaient excellentes…

Que vous apporte «Le Meilleur pâtissier»?
On s’amuse beaucoup avec l’animatrice Faustine Bollaert et le chef Cyril Lignac. Pour moi, c’est des vacances!

Comment qualifiez-vous cette cinquième saison?
Elle me plaît beaucoup: c’est une ouverture sur le monde. Il y a une candidate d’origine chinoise, une autre du Cap-Vert et une d’Australie. Elles nous amènent un peu de leur culture et c’est très enrichissant.

À 74 ans, en plus de la télé, vous avez une émission radio quotidienne et un blog: vos journées sont bien remplies…
Oui, je me lève à 4 h du matin et mène une vie saine: j’essaie de marcher 10 km par jour, je mange bien et je ne fume pas.

Pourquoi avoir créé le blog «La cuisine de Mercotte» en 2005?
Après avoir testé les recettes d’un forum de cuisine et avoir été déçue. Une internaute m’a parlé d’un blog. J’ai regardé ce que c’était et je me suis lancée!

D’où vient votre surnom?
De mon nom de famille, Mercorelli. Jeunes, mon mari et moi faisions des rallyes automobiles. Les copains de mon mari l’appelaient «Merco». «Mercotte» est tout simplement le féminin de «Merco»! l JOC

5e saison de l’émission «Le Meilleur pâtissier»: mercredis soir à 21 h sur M6

Le blog de Sophie Scaramuzza
Le site de Heidi Rieger
Le site d’Émilie Gachoud
Le blog de Betty Bossi

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Infographie: Caroline Koella

texte:
Deborah Lacourrège, Joëlle Challandes
Photo:
Heiner H. Schmitt, Roberto Ceccarelli, Marie Etchegoyen/M6, DR
Publication:
lundi 14.11.2016, 14:30 heure



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