Animatrice radio et sportive de pointe: Fanny Clavien (29 ans) ici en Valais dans la salle d’entraînement où elle passe quinze heures par semaine.

Fanny Clavien part au top

Interview Fanny Clavien est la karatéka la plus titrée de Suisse. Elle va bientôt se retirer de la compétition internationale.

Sur son bras, une Wonder Woman tatouée. L’un de ses modèles féminins. Un détail qui en dit long sur le caractère de la karatéka valaisanne, qui croque la vie à pleines dents. Nous la rencontrons dans une salle d’entraînement où elle passe une quinzaine d’heures par semaine. Aujourd’hui, la sportive touche la fin de sa carrière du bout des doigts. Elle se livre à la veille des derniers Championnats du monde qui se disputeront entre le 25 et le 30 octobre à Linz, en Autriche.

Vous vivez vos dernières semaines de compétitions au niveau mondial. Comment vous sentez-vous?
Ça va bien! Beaucoup de gens extérieurs au milieu disent être surpris par ma décision et m’encouragent à continuer mais cela ne regarde au final que moi. Surtout, ils ne se rendent pas compte de ce que signifie travailler à 100% et s’entraîner pour un sport à haut niveau.
C’est clair qu’en décembre, la passion sera toujours là, elle ne va pas disparaître du jour au lendemain. Mais je profiterai enfin d’avoir une vie sociale. Maintenant, si je trouve un mécène qui me permet de travailler moins, j’envisagerai sûrement mon avenir sportif d’un autre œil…

Comment appréhendez-vous vos ultimes Championnats du monde?
Je suis assez excitée, même si mon dernier mois de préparation a été assez difficile, suite à une commotion. Mais d’une manière générale, je me sens très sereine par rapport à ma décision de mettre un terme à ma carrière. Quoi qu’il arrive, que je gagne ou pas, je sais que ce sont mes derniers Championnats.

«

Sortir de mon lit, c’est vraiment mon premier combat»

Fanny Clavien (29 ans)

Fin septembre, vous avez subi le premier KO de votre carrière. Il fallait que ça vous arrive avant la fin?
Apparemment! Je me dis que rien n’arrive par hasard dans la vie. C’était peut-être un signe… (Rires) Au moins, j’aurai tout vécu. Il me manquait juste cette expérience, même si je m’en serais bien passée. (Rires)
Plus sérieusement, c’est une sensation bizarre parce que quand la tête est touchée on ne peut pas lutter contre cette blessure. Il faut s’arrêter et c’est tout.

Le karaté sera une discipline olympique en 2020. Un petit pincement de vous retirer à ce moment-là?
Oui, c’est sûr que pour tout athlète les Jeux sont une compétition extraordinaire. Mais c’est dans quatre ans et je sais que pour décrocher une place à ce niveau, je n’aurais pas pu continuer avec mon train de vie…

Justement, vous partagez votre vie entre le sport et votre travail d’animatrice radio. À quoi ressemblent vos journées?
Je me lève à 5 h pour animer les matinales de Vertical Radio à Sion. À 10 h 30, je commence mon premier entraînement de karaté avant de retourner à la radio entre 13 h 30 et 18 h. Puis, je me rends à mon second entraînement de 18 h à 20 h 30. Donc vous comprenez maintenant, quand je parle de fatigue morale… Je n’ai même pas le temps de faire ma lessive! (Rires)
Parfois c’est vraiment dur, quand je rentre titrée d’une Coupe du monde le dimanche soir et dois être au travail le lundi comme tout le monde. Alors que dans d’autres sports, les athlètes entament leur phase de récupération…

Si vous pouviez rajouter quelques heures à vos journées, ça serait pour…
Dormir! Je me fais violence tous les matins. Sortir de mon lit, c’est mon premier combat. Mais selon ma mère, si j’avais plus de temps, j’en profiterais pour m’activer encore plus! (Rires)
C’est vrai que j’aimerais consacrer plus de temps à ma famille et mes amis auxquels je parle surtout par téléphone et messages.

Vous êtes la sportive la plus titrée du karaté suisse. Comment en êtes-vous arrivée là?
Certains diront qu’il y a du talent, voire même de la chance (rires) mais il y a surtout beaucoup de travail et de passion. Depuis quelques années, le sport a beaucoup évolué. En 2008, quand j’ai remporté mon premier titre de championne d’Europe, je m’entraînais trois fois moins qu’aujourd’hui. Depuis, le niveau a monté d’un cran. Les athlètes sont au top dans tous les sports!
Pour ma part, j’ai eu de la chance d’être très bien entourée depuis le début. Par ma famille mais aussi par mes entraîneurs. Sans toutes ces personnes qui m’encouragent au quotidien, je n’aurais certainement pas eu le même parcours! C’est peut-être un peu cliché, mais c’est vrai. Je suis le soldat, ils ont forgé mon bouclier.

Fanny Clavien: «Je suis née avec un instinct de compétitrice.»

Qu’est-ce que le karaté vous a appris?
Ce sport m’a donné confiance en moi. Il m’a aidé à me connaître et à me respecter. C’est-à-dire savoir où je veux aller et m’en donner les moyens. On ne peut pas prétendre à des titres sans être prêt à des sacrifices!

Parlez-nous de vos projets futurs…
Laissez-moi déjà terminer 2016! Après on verra. J’ai eu quelques propositions plutôt sympas en lien avec le sport mais je ne tire pas de plans sur la comète. Il faut que je finisse ma première vie, que je trinque avec les gens que j’aime et qui m’ont supportée. Ensuite, j’ouvrirai un nouveau livre…
Ce qui est certain, c’est que même si je réduis ma vitesse de croisière, je ne vais pas me ranger dans un rythme métro, boulot, dodo.

L’été, vous vous consacrez au wakesurf. Une Taureau ascendant Poissons?
C’est drôle parce que comme je concours dans la catégorie de poids la plus élevée en karaté, mon entraîneur me taquine en me disant que c’est la catégorie thon, mi-femme mi-poisson! (Rires)

Vous avez remporté trois fois le titre de championne suisse. Vous ne faites jamais rien à moitié!
Je suis née avec un instinct de compétitrice et il prend vite le dessus. J’ai toujours envie de me pousser et de tester mes limites! Mais les compétitions sont tout de même plus sympas et relax qu’en karaté.
Et puis, l’ambiance du wakesurf me fait me sentir en vacances…

Pour financer vos saisons de karatéka, vous n’avez pas hésité à poser devant l’objectif. Le charme féminin, une arme de poids dans le monde du sport?
On ne va pas se mentir, quand je fais des shootings je remarque que les photographes me proposent une mise en valeur différente que si j’étais un mec.
Après, on n’est pas aux États-Unis où certaines sportives du monde des arts martiaux décrochent des contrats publicitaires grâce à leur physique. Et tant mieux. Il m’est d’ailleurs arrivé de refuser des mandats car ça s’éloignait trop du karaté. Je veux avant tout promouvoir mon sport, qui cherche la reconnaissance olympique et n’est pas assez connu.

Vous aimez tout de même valoriser votre féminité. Des gants de boxe oui, mais avec du vernis…
Exactement! (Rires) Je n’ai pas peur de me salir pour me battre mais j’ai besoin d’un certain confort.
Koh-Lanta, ça ne serait pas pour moi. J’ai besoin de mes petites crèmes avant de me coucher, mettre des talons pour sortir, etc. Eh oui, je reste une femme.

L’élégance d’une battante

Fanny Clavien est née à Sion en avril 1987, quinze mois avant sa petite sœur Laura, avec qui elle partage aujourd’hui la passion du wakesurf. À l’âge de 5 ans, elle débute les arts martiaux. Grâce à sa détermination et à son talent, elle deviendra la karatéka la plus titrée de Suisse. En 2014, en Finlande, elle remporte pour la troisième fois le titre de championne d’Europe après plus de deux ans de blessure. Elle court actuellement sa dernière année (elle y a connu son premier KO, à Hambourg) sur le circuit international. Elle vient d’y remporter de l’or, à l’Open International de Bâle, où elle s’est imposée, en demi-finale, face la vice-championne du monde en titre.

www.fannyclavien.ch

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Olivier Maire
Publication:
lundi 10.10.2016, 14:25 heure



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