Auteure, compositrice, la chanteuse est aussi pianiste. Ici dans son studio de Montreux.

La musique est un bonheur important

Rencontre Fanny Leeb, la fille de l’humoriste Michel Leeb, sort un deuxième album. Et se fait un prénom, de Montreux où elle habite. Parce que sa passion, c’est la musique.

Votre dernier disque, «Heroes», est pop alors qu’on vous connaissait dans un registre plus jazz. Pourquoi?
Au fil du temps, on évolue, on prend conscience de ce qu’on préfère. De toute façon, un artiste ne fait qu’évoluer.
Aujourd’hui, la pop est ce qui me ressemble le plus, mais j’ai baigné dans le jazz depuis mon enfance et j’ai une voix jazzy. Je ne m’écarterai donc jamais complètement de ce style.

Vous avez enregistré certains morceaux à Los Angeles grâce au fameux Quincy Jones…
En 2014, au Montreux Jazz Festival, il m’a abordée lors d’une jam-session où je chantais. Il a aimé ce que je faisais et m’a invitée à venir en Californie. Il n’a pas produit mon album, mais il m’a présentée à des gens et m’a donné beaucoup de conseils. Il est mon mentor.

Qui sont les héros du titre de l’album?
Les attentats de Paris ont eu lieu pendant que j’enregistrais. J’ai voulu rendre hommage aux personnes qui ont sauvé des vies lors de ce drame. Le titre fait également référence à mon frère, Tom, qui est comme un héros pour moi. J’admire ce qu’il fait, je le respecte beaucoup. Il m’aide à finaliser mes morceaux et parfois je lui demande de m’en écrire. On a une telle complicité qu’il arrive à créer des choses qui me correspondent complètement.

Dans votre chanson «Daddy Told Me», vous chantez: «Mon père est un homme qui a toujours raison.» Vraiment?
Il se trompe rarement, en effet. Je tenais à lui rendre hommage car il m’a toujours guidée, m’a beaucoup appris, et continue  de le faire. J’ai la chance d’être née dans une famille très soudée, d’avoir des parents qui s’aiment, et un papa poule attentif à ce que font ses enfants. Je lui demande toujours son avis, on a une complicité formidable, on se comprend, on se ressemble. Et il m’a donné le virus du spectacle. À 5 ans, je le regardais à l’Olympia avec admiration, je voulais moi aussi être un jour sur une scène.

L’étiquette «fille de», difficile à porter?
Pendant des années j’en ai souffert, ça va mieux maintenant. On peut ne pas aimer ce que je fais, je le comprends tout à fait, mais ce qui m’énerve, c’est d’entendre dire que je fais ce métier grâce à mon père. J’ai eu une belle enfance, je n’ai manqué de rien, mais je me bats et je galère car j’autoproduis ma musique. Il m’arrive d’avoir des fins de mois difficiles et de manger des pâtes pendant quinze jours. Pour gagner ma vie, je donne aussi des cours de chant et je suis animatrice sur Vertical Radio. Je travaille dur. Oui, je suis une «fille de», mais je tiens à tracer mon chemin. Mes parents m’ont dit : «Tu veux faire ce métier? Alors tu vas te battre, apprendre, commencer au bas de l’échelle.»

Vous jouez souvent en Suisse, vous serez d’ailleurs sur la scène gratuite Music in the Park du Montreux Jazz Festival le 15 juillet. Vous donnez la priorité à notre pays pour votre carrière?
J’ai eu pas mal de dates en Suisse, mais prochainement je prévois de participer à des émissions de télévision en France, en espérant y entamer une tournée et faire évoluer ma carrière. J’essaie de gravir les échelons petit à petit.

Que serait un monde sans musique?
Triste. Je ne pourrais pas vivre sans cet art. La musique est importante pour chacun de nous. Il n’y a personne qui ne l’aime pas. Elle donne du bonheur. Regardez comme les gens sont heureux quand ils écoutent un artiste qu’ils apprécient ou qu’ils dansent dans une boîte de nuit.

Vous vivez à Montreux depuis deux ans. Qu’est-ce qui vous y a amenée?
J’adore cette ville. Je trouve qu’il y a quelque chose de magique ici, je m’y sens bien, c’est serein et joli. J’apprécie les endroits tranquilles. Lorsque j’étais à Los Angeles, c’était bien, ça m’a donné de l’énergie, mais j’étais contente de rentrer ici, à Montreux.

Mon micro de live, offert par ma famille

Vous vous considérez comme une vraie Suissesse?
Complètement! Même si je n’ai pas l’accent! J’adore la France, mais aujourd’hui ma vie est ici.

Vous avez succombé à la nourriture d’ici?
Oui! J’adore surtout la fondue! Et aussi le vin blanc à 19 h avec le saucisson, la viande des Grisons et le fromage. Mais on peut vite prendre des kilos si on abuse de tout ça!

Comment voyez-vous votre carrière dans quelques années?
Mon désir le plus cher, c’est de faire le maximum de concerts. La scène est ce que j’aime plus que tout. J’espère beaucoup voyager. Je voudrais donner tout ce que je peux en live aux gens du monde entier. C’est mon rêve. Il faut y croire. Dans ce métier, si on ne croit pas en ses rêves, mieux vaut arrêter.

La concrétisation de mon nouvel album

Estimez-vous que vous avez encore beaucoup de choses à apprendre en tant qu’artiste ?
Bien sûr, et je pense que j’en aurai toute ma vie. On apprend tous les jours dans ce métier. Et on est toujours en train de se remettre en question, de s’améliorer. Même les stars doivent le faire. Il faut se nourrir de ce qui nous entoure, apprendre et ne jamais se reposer sur ses acquis. Comme dans tous les métiers, d’ailleurs.

A part votre famille, avez-vous des héros, des idoles ?
J’admire les grandes figures du jazz: Miles Davis, Quincy Jones, Ella Fitzgerald ou Franck Sinatra. Je suis aussi très fan de Michael Jackson depuis toute petite. Parmi les musiciens plus actuels, j’adore Coldplay, Matt Corby et Amy Winehouse. Pour moi, cette dernière était à la hauteur des stars du jazz.

Vous vous voyez rester toujours en Suisse ?
On verra où la vie me mènera, on ne peut jamais savoir. Mais si je dois construire une famille, j’aimerais que ce soit ici.

Quel regard portez-vous sur notre pays ?
Les Suisses sont droits, ils respectent les lois. J’aime leur mentalité. Et ils sont très bon public. J’adore le Valais, les gens y sont très sympathiques. A Montreux, je m’entends avec tous les commerçants. J’essaie de montrer que je suis une vraie Suissesse, que je suis bien ici, afin d’être considérée comme des vôtres.

Comment sera votre été ?
Je vais passer un moment avec ma famille dans le bassin d’Arcachon. J’adore cet endroit, c’est un petit paradis pour moi, j’y suis très attachée. Sinon, outre le Montreux Jazz Festival, je serai en Suisse pour la radio, la promo et l’écriture. 

4 dates dans la vie de la musicienne

1986 Naissance à Paris le 9 juin. Elle est l’aînée d’Elsa et de Tom.

2005 Elle donne son tout premier concert, en février, dans un restaurant de Begnins (VD).

2009 Décès de Michael Jackson, son idole dès l’enfance. Un événement qui l’a «énormément marquée».

2016 Sortie de son second album «Heroes» (Disques Office). En concert le 15 juillet à 19 h à Montreux.

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texte:
Myriam Genier
Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 27.06.2016, 13:30 heure



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