Chez les Moosmann, de Morges (VD), la tablette a du succès. Le temps d’utilisation des écrans familiaux est limité à une demi-heure par jour pour chaque enfant.

Fascination précoce pour les écrans tactiles

Connectés Les nouvelles technologies séduisent les enfants dès le 
plus jeune âge. En grandissant, ils bataillent pour posséder un smartphone. Témoignages et conseils.

Concentré, Basile, 4 ans et demi, dirige un poisson dans son univers marin. Avec son index, il le fait interagir avec des poissons musiciens, puis il l’invite à déguster un gâteau d’anniversaire… De nombreuses applications sont développées pour les tout-petits. Et ça marche: les enfants sont fascinés par les couleurs, les mouvements et les sons. Quant aux parents, ils apprécient de les savoir calmes et en sécurité, absorbés par un écran tactile.
Bonne ou mauvaise habitude? «Il n’y a pas de consensus du côté des scientifiques. Certains pensent que ça a de l’intérêt, d’autres sont plus réservés», avance Nicolas Martignoni, responsable du Centre fri-tic (médias et technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’enseignement du canton de Fribourg).

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Accompagner son enfant

Le directeur estime qu’il ne faudrait pas qu’une tablette ou un smartphone soient des outils qui permettent de se décharger du métier de parents: «Je trouve qu’un jeune enfant ne devrait pas être laissé seul face à un écran.» Selon le sociologue Olivier Glassey, spécialisé dans l’analyse de l’usage des nouveaux médias, il importe que l’interaction des enfants avec des écrans tactiles soit accompagnée: «Les parents veulent bien faire en leur téléchargeant un jeu ou un dessin animé. Je pense qu’il n’y a pas besoin d’être constamment devant l’écran avec son enfant, mais de cadrer cette activité, dans le temps par exemple.»
Parmi ses règles d’or, le programme national de promotion des compétences médiatiques «Jeunes et médias» recommande: «Pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeux avant 6 ans, pas d’Internet avant 9 ans et pas d’Internet sans surveillance avant 12 ans.» N’oublions pas que les enfants agissent d’abord par imitation. Si leurs parents sont accros à leur smartphone du matin au soir, ce sera difficile de leur imposer des limites…

Smartphones: nouveaux boguets

En grandissant, les enfants ne se contentent plus d’emprunter le smartphone de papa ou de maman. Selon l’étude JAMES 2014 (Jeunesse, activités, médias – enquête suisse), menée par la Haute École des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), 98% des élèves du pays de 12 à 19 ans interrogés possèdent un téléphone portable, dont 97% un smartphone!
«Comme le vélomoteur à une autre époque, le smartphone est un signe très recherché d’autonomie. C’est devenu un symbole», observe Olivier Glassey. Le chercheur de l’Université de Lausanne note que si cet outil permet des échappatoires aux jeunes, il donne aussi l’occasion aux parents de rester en contact avec leur progéniture: «La négociation lors des discussions autour des forfaits peut par exemple être intéressante. Comment utiliser l’appareil, avec quelles limites?»

Compétences à acquérir

Si les smartphones sont très simples à utiliser pour un enfant, la liberté qu’ils lui octroient est à double tranchant. Qu’est-ce qui se cache derrière telle application? À quels risques s’expose-t-il sur les réseaux sociaux? Comment éviter qu’il ne devienne accro à l’objet? Que faire si l’on y trouve des vidéos pornographiques?
La Confédération est à l’origine du programme national «Jeunes et médias», mis en place il y a quatre ans. Objectif: protéger la jeunesse en donnant des conseils éducatifs aux parents et aux enseignants. Des chercheurs s’intéressent aussi au sujet. Les résultats de MIKE,  première étude représentative sur l’usage des médias en Suisse par les 6 à 12 ans, seront dévoilés le 7 septembre prochain, à l’occasion d’un forum national qui sera organisé à Berne.

Suivre afin d'éviter d'être exclu

Christophe et Caroline Moosmann accompagnent leurs enfants dans l’usage des nouvelles technologies. L’aînée s’apprête à recevoir son premier smartphone.

Estelle (12 ans) est l’une des dernières de sa classe à ne pas posséder de smartphone. Elle en aura un sous peu: ce sera sa récompense de cette fin d’année scolaire. «On suit le mouvement car on ne veut pas qu’elle soit exclue», témoigne son papa, Christophe Moosmann.
Pour l’heure, dans cette famille, en plus d’une télévision et d’un ordinateur, il y a un iPad, deux smartphones pour les adultes et deux iPod pour les filles (12 et 10 ans). Les enfants ont le droit de les utiliser trente minutes par jour au maximum, mais jamais le matin. Et les parents veillent au grain: «On peut par exemple consulter leur compte iMessage. Elles le savent, on leur a expliqué que c’était normal.»
À 5 ans, le benjamin Laszlo sait déjà utiliser l’iPad. Et il est fasciné par les smartphones: «Dans le train, tout petit déjà, il demandait aux passagers près de nous s’ils avaient des jeux dessus», sourit son papa.

Entre Yaël et sa maman, les points de vue divergent sur l’usage des nouvelles technologies.

Un passage par la case prévention

Yaël espère convaincre ses parents de lui offrir un smartphone. Ce n’est pas gagné…

«J’ai grandi, je suis devenue prudente sur Internet.» Yaël, 12 ans, d’Yvonand (VD), rêve de recevoir un smartphone. Selon ses parents, c’est trop tôt. Ils ont déjà dû la priver d’iPod: «Elle s’est exposée à des images qui ne sont pas adaptées à son âge. On n’a trouvé qu’une technique pour la protéger: la privation», raconte sa maman, Cosette Liechti. Elle-même enthousiasmée par les nouvelles technologies, elle s’imagine mal interdire l’usage des écrans à ses trois filles. «Ça s’est bien passé avec les deux grandes, même s’il m’est arrivé de couper le wifi le soir parce qu’elles surfaient tard sur leurs smartphones!» Mais cette mère de famille ne sent pas sa benjamine encore assez responsable. Malgré la sensibilisation parentale et scolaire, elle constate que Yaël a du mal à se mettre des limites sur le web: «Elle ne discerne pas forcément les sites ou messages qui posent problème. Et on ne peut pas toujours être à ses côtés.»

Les règles d'or du programme national Jeunes et médias

Encadrer plutôt qu'interdire:
Les enfants ont besoin de l'accompagnement de leurs parents dans la découverte du monde numérique. Discutez avec votre enfant de ses expériences avec ces médias.

Les enfants ont besoin de modèles compétents:
Pour les enfants et les jeunes, les personnes de référence sont des exemples en matière d'usage des médias. Vérifiez par conséquent vos propres habitudes en la matière.

La règle des «3-6-9-12»:
Pas d'écran avant 3 ans, pas de console de jeux avant 6 ans, pas d'Internet avant 9 ans et pas d'Internet sans surveillance avant 12 ans.

Soyez attentifs aux recommandations d'âge:
Pour les films et les jeux vidéos.

Fixez ensemble le temps passé devant l'écran:
Déterminez avec votre enfant le temps qu'il peut passer par jour ou par semaine devant l'écran. Fixez des limites claires et veillez au respect de leur application.

Les écrans ne sont pas des baby-sitters.
Organisez des loisirs sans médias numériques.

Télévision, ordinateur et console de jeux n'ont rien à faire dans la chambre d'enfant.
Installez ces appareils dans une pièce commune. Surveillez l'utilisation des smartphones et autres tablettes.

Regardez de près avec qui votre enfant tchatte.
les enfants ne devraient rencontrer les personnes dont ils ont fait la connaissance en ligne qu'en compagnie d'un adulte et dans des lieux publics.

Attention aux données privées sur le Web.
Recommandez à votre enfant de ne pas communiquer de données personnelles (comme son nom, son adresse, son âge et son numéro de téléphone) sans vous en avoir parlé au préalable.

Une discussion ouverte vaut mieux qu'un logiciel de filtrage.
Parlez de sexualité et de violence avec votre enfant, de façon adaptée à son âge. Un logiciel de filtrage est certes utile, mais ne garantit pas une protection absolue.

Jeunes et médias - programme national de promotion des compétences médiatiques

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow, Charly Rappo
Publication:
lundi 22.06.2015, 13:00 heure



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