La FAO a défini 58 critères pour évaluer la durabilité d’un produit, comme ici des bananes au Costa Rica.

Fruits durables: des critères qui visent l’excellence

Évaluation Les producteurs étiquettent volontiers leurs produits de la mention «durable». C’est un bon argument de vente. Mais ils sont parfois surpris de sa signification.

Une grosse déception: c’est ce qu’a ressenti Volker Ribniger, producteur de bananes de 69 ans. Ce Costaricain d’origine allemande s’efforce de travailler de manière durable depuis de longues années. Il rémunère ses employés équitablement, renonce aux herbicides. Il est considéré comme l’un des producteurs de bananes les plus durables au monde. Mais après une analyse «smart» de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), à Frick (AG), Volker Ribniger a appris que son entreprise n’avait atteint que 60 à 80% du maximum pour certains thèmes relatifs au développement durable. Et en quelques occasions, même moins. L’analyse a mis en lumière des lacunes en matière de formation des apprentis et d’utilisation de produits phytosanitaires. Les couronnes des régimes de bananes sont, par exemple, aspergées de fongicides, ce qui permet d’éviter que les fruits ne pourrissent durant le transport. «Si les bananes ne subissent pas le traitement adéquat pour le transport, elles nous sont retournées, car leur état ne permet pas de les vendre», explique le producteur.

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Évaluer et comparer

Les lecteurs de journaux qui s’intéressent à la politique connaissent les représentations «smart» pour les élections. Ces graphiques en toile d’araignée montrent quelles positions défend tel homme ou telle femme politique. Les électeurs peuvent voir ainsi de quel politicien ils sont le plus proches. Ces représentations sont désormais aussi utilisées pour montrer dans quelle mesure un produit est durable. Les consommateurs peuvent de ce fait estimer s’ils veulent acheter cette denrée ou pas. Coop, qui accorde une grande importance à la production durable de denrées alimentaires, utilise aussi cet instrument. Leonhardt Jancso, directeur exécutif adjoint de l’entreprise Sustainable Food Systems, comprend la déception de Volker Ribniger. Selon lui, l’analyse smart se fonde sur un idéal encore inatteignable. L’outil a été conçu afin de pouvoir évaluer et comparer le concept de développement durable. «C’était nécessaire, souligne le jeune entrepreneur de 31 ans, car, faute de quoi, chacun interprète cette notion comme bon lui semble. Mais surtout pour montrer où il excelle.» L’analyse smart se fonde sur les directives de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Ces règles définissent les critères à analyser pour évaluer un produit. Ceux-ci incluent bien plus que les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation ou non d’engrais chimiques. En font aussi partie une rémunération juste des employés, la gestion de l’eau, le bien-être animal, la qualité des sols et la biodiversité, les relations de travail, la santé, la transparence, et bien plus encore. «La FAO a défini 58 critères, dont la formation des apprentis – inexistante au Costa Rica – et l’utilisation de fongicides, indique Leonhardt Jancso. Actuellement, un producteur de bananes costaricain ne peut pas faire mieux que Volker Ribniger.»

Développement durable: exemple d’un graphique en toile d’araignée

Source Sustainable Food Systems; infographie Caroline Koella

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/109
Toutes les paroles aux actes
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
PRS, Pino Covino
Publication:
lundi 19.02.2018, 13:55 heure

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