Un grand homme et son petit ukulélé… Gaëtan (39 ans) mesure 1 m 90! Il a commencé la musique à 6 ans. Aujourd’hui, il vit de son métier de chanteur pour enfants. 

La liberté de parler de tout

Le chanteur pour enfants Gaëtan se produit sur scène depuis dix ans. Avec son ukulélé, il aime s’amuser et ne s’interdit aucun style. Le Genevois poursuit la tournée du spectacle «Les chocottes» avec ses musiciens.

Vidéo

Interview

Coopération.  Vous avez fêté vos dix ans de scène à l’Opéra de Lausanne. Une fierté?
Gaëtan. Oui! Je suis fier d’avoir tenu dix ans dans une époque où tout va tellement vite… On a beaucoup travaillé pour le concert du 12 janvier à l’Opéra de Lausanne. La salle était pleine. La gentillesse du public me donne la chair de poule. Les spectateurs m’ont chanté joyeux anniversaire à la fin du concert. J’ai été touché, j’ai mis du temps à redescendre…

Un chanteur pour enfants à l’opéra, c’est original…
Le directeur de l’Opéra de Lausanne, Eric Vigié, ouvre ses portes à d’autres spectacles que typiquement opératiques. Son invitation est tombée pile-poil avec mes 10 ans de scène, un clin d’œil du destin! La plupart des enfants qui sont venus ont certainement découvert un opéra pour la première fois. C’est bien de démocratiser et démystifier ce théâtre. La hauteur est très impressionnante. J’ai l’habitude de chanter plus à hauteur d’yeux!

Vous-même devez aimer l’opéra pour avoir fait du chant lyrique et épousé la cantatrice Carine Séchaye.
Les murs d’un opéra sont magiques je trouve. J’ai fait trois ans de chant lyrique à Genève quand j’étais au Conservatoire. C’est mon épouse qui m’a attiré dans ce milieu. Elle apparaît sur mes disques en faisant l’inverse de l’opéra. Elle chante une sorcière ou des petits bonshommes nerveux! On s’amuse à prendre le contre-pied de la voix opéra.

Etes-vous parti sur la route des 50 ans de carrière d’Henri Dès?
C’est ce que je me souhaite! D’un point de vue carrière en chanson pour les enfants, on ne peut pas rêver mieux… Ça prouve qu’on peut arriver à faire de belles choses en Suisse et à l’étranger sur le long terme.

«

Je ne teste pas mes chansons, de peur que les enfants partent en courant!»

Percer à l’étranger, l’un de vos objectifs?
Oui. Ce qui me plaît, c’est d’aller à la recherche d’un nouveau public. Si les enfants suisses viennent aux concerts et aiment mes disques, il n’y a pas de raison que les autres oreilles n’aiment pas. Chi va piano va sano, je n’ai jamais été un homme pressé.

L’an dernier, vous êtes allé chanter en Haïti. Comment avez-vous vécu cette expérience?
Très forte. J’y suis allé dans le cadre de la quinzaine de la Francophonie. Je n’avais jamais traversé un pays aussi pauvre et dévasté. Le premier jour, on est allés dans une école où 150 enfants ont chanté à tue-tête mes chansons. Ils m’ont vu sur Internet et, pour eux, c’était incroyable que quelqu’un vienne de si loin pour chanter. Avec toute l’équipe, on a été subjugués. On a aussi mesuré la chance qu’on a de vivre en Suisse.

Vous dites chanter pour les enfants un peu par hasard, à la suite d’un examen au Conservatoire. Pourquoi avoir continué?
Je ne pense pas que j’aurais écrit des chansons pour les enfants sans cet examen. Mais j’ai toujours aimé composer. J’ai la chance d’avoir une grande liberté d’écrire pour les enfants. On n’est pas catégorisé rock ou pop et on peut parler de tout.

Vous ne vous interdisez d’ailleurs aucun style!
Non, ce serait dommage! Ça m’amuse aussi parfois de caricaturer un style.

Le public d’enfants est-il très exigeant?
C’est ce qu’on dit, mais on ne m’a jamais jeté de tomates… Je ne teste pas mes chansons sur des enfants, j’aurais trop peur qu’ils partent en courant! Je fais confiance à mon ressenti.

Vous chantez pour les enfants, mais aussi pour les adultes.
Quand j’écris, je pense aux enfants, mais j’aime bien faire des clins d’œil aux adultes. Dans une salle de spectacle, j’aime la synergie entre adultes et enfants. L’ambiance est moins bonne quand ils sont séparés.

La crise du disque préserve-t-elle le secteur de la chanson pour enfants?
L’objet livre-disque continue de fonctionner. Il y a la plus-value des partitions, des illustrations et de l’objet.

Quelle est votre histoire avec votre ukulélé?
Je touche au piano, à la guitare, au trombone ou à la clarinette, mais sans plus. Je préfère que les vrais musiciens jouent! Avec un ukulélé, on peut jouer rapidement des trucs sympas qui sonnent bien. C’est un petit instrument et comme je suis grand, c’est marrant! Je l’ai toujours sur scène.

Vous aurez 40 ans en novembre, ça vous inquiète?
Non, je suis assez serein. La vie est faite de creux et de bosses. Et j’ai fait ma crise à la trentaine… Je trouve qu’il y a de bons côtés à l’âge. On se sent plus sûr de soi, on a un peu d’expérience. J’ai une vie plutôt saine, je crois que je ne suis pas un mauvais garçon et que je me débrouille pas trop mal dans la vie! J’essaie de me dire que j’ai de la chance de pouvoir me lever le matin sans gros pépins à gérer, ni de santé ni pécuniaires.

Portrait express

Des émotions fortes

Parcours. Gaëtan a vécu et étudié la musique à Genève. Il habite depuis quelques années à Morges (VD). Marié, sans enfant.

Petits plaisirs. «La nourriture et les bons breuvages». Craque pour les mets au fromage et les choux à la crème. Préfère la simplicité à la cuisine gastronomique.

Destinations. Adore Paris, y vivrait volontiers. Partirait bien en Ecosse en vacances: «Comme dans les films, j’aimerais qu’il y ait du brouillard, que les châteaux soient hantés et que des chauves-souris me frôlent les cheveux!» A propos de cinéma, il adore la musique de film et se plairait à en composer.

Vivre à 100%. Cet amateur de luge plébiscite les émotions fortes: «Positives ou négatives, elles font vibrer. Il m’arrive parfois d’avoir peur de ne pas vivre à 100%.»

Spectacles: 29 mars à Onex, 5 avril à Gland, 13 avril à Sion, 25 mai à Courtételle, 29 juin à Fribourg au festival Festikids (www.gaetan.ch). 

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Joëlle Challandes

Rédactrice

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Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 10.03.2014, 14:00 heure

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