Avec 450 ruches réparties en plusieurs ruchers du côté de Orbe et de ses environs, Nexhmedin Ajvazi est un apiculteur engagé au quotidien pour la préservation des abeilles.

Gardiennes de la biodiversité

Elles sont ici 2 millions à s’activer sans cesse pour parfaire nos petits-déjeuners. Mais pas seulement. Immersion dans un rucher romand en compagnie d’un apiculteur pour qui les abeilles n’ont plus de secret.

Elles pèsent à peine l’équivalent de cinq grains de riz. Pourtant, sans elles, pas de fruits ni de légumes. Car ces infatigables butineuses que sont les abeilles contribuent à la pollinisation de 80% des espèces de plantes et de fleurs. «Sans leur travail, il ne resterait principalement que des céréales comme source alimentaire pour l’homme, mais aussi pour les animaux qui rentrent eux-mêmes dans notre chaîne alimentaire. Autant dire que notre avenir dépend en très grande partie des abeilles, explique Nexhmedin Ajvazi (41 ans), apiculteur à Orbe (VD). Enfilez une combinaison, je vous emmène dans un rucher pour vous expliquer comment elles fabriquent le miel.»

Il faut dire que le professionnel sait de quoi il parle. Piqué par la passion de l’apiculture à 15 ans, Nexhmedin n’a plus quitté le monde des abeilles depuis lors, lui qui travaille de nuit dans une entreprise afin de s’occuper pleinement de ses protégées la journée.

«Je possède 450 ruches réparties sur plusieurs sites que l’on appelle des ruchers. Sur celui-ci, 35 ruches sont disposées.» Quelques dizaines de mètres carrés à l’orée d’une forêt où s’activent 2 millions d’abeilles. Rien que ça! Le bourdonnement est impressionnant, un concert qui bat au rythme d’une nature en plein travail. «Ne faites pas de gestes brusques, ça les énerve. Si elles viennent autour de vous, ne bougez pas. De toute façon, vous êtes en blanc. C’est une couleur qu’elles perçoivent mal. Et puis elles sont simplement curieuses. Après tout nous sommes chez elles.»

«

Notre avenir dépend en grande partie du travail des abeilles»

Quelques minutes d’observation suffisent à comprendre qu’une ruche est un espace loin d’être chaotique. C’est même tout le contraire. «En bas, c’est l’endroit où la reine pond ses œufs. Vous voyez, il y a aussi une réserve de miel. Celui-là, je ne le récolte pas, elles s’en nourrissent. En bas, c’est leur maison privée en somme.»

L’étage du dessus – séparé de celui du dessous par une grille pour empêcher la reine de monter y pondre – est composé de dix ou douze plaques selon les ruches. Ce sont les hausses. «Elles y fabriquent des alvéoles de cire – la fameuse cire d’abeilles –, qu’elles remplissent de miel. Une fois que les alvéoles sont gorgées de ce nectar, elles les ferment avec une fine couche de cire qu’on appelle l’opercule. Je vérifie toujours où elles en sont et s’il faut rajouter ou non une hausse.»

Deux ou trois récoltes sont effectuées par l’apiculteur selon les années. «En ce moment c’est le miel de printemps. On arrive gentiment au bout du processus. Les abeilles ont butiné les arbres en fleurs comme les cerisiers, les pommiers, les poiriers, ainsi que les pissenlits. Il reste encore le colza et ensuite on récoltera.» Si l’année est bonne, 12 à 15 kg de miel seront fabriqués par hausse.

La pastille blanche indique que la reine a 2 ans.

«Mon plus grand rêve est d’en faire mon métier à temps plein. Je pourrais être auprès d’elles jour et nuit. Malheureusement l’apiculture n’est pas simple. Tout peut varier à cause de la météo et des problèmes de mortalité.» Un sujet délicat qui émeut notre hôte. «Cela m’est arrivé un matin de venir sur un rucher et de constater que 30% des abeilles étaient mortes autour. Ça met un coup.» A la question de connaître la raison de cette hécatombe, Nexhmedin secoue la tête. «C’est toujours compliqué à aborder, mais on sait que les pesticides sont en partie responsables. Il suffit que quelqu’un en asperge ses cultures un jour de vent, que ce vent chasse la substance toxique jusqu’au rucher… Et le mal est fait.» Tout en discutant, l’apiculteur continue son inspection, les mains nues. «Si je me fais piquer? Bien sûr, rit-il, entre cinq et vingt fois par jour. On s’y fait avec le temps, je n’y prête plus attention.»

Lorsque la récolte du miel de printemps sera terminée, les ruches seront déplacées pour permettre aux butineuses de confectionner du miel de forêt ou de sapin. «On doit toujours les déplacer de nuit, lorsqu’elles sont dans la ruche. Une abeille fonctionne à l’orientation. Si vous déplacez la ruche lorsqu’elle est à l’extérieur de celle-ci, elle se perdra car c’est de l’emplacement qu’elle se rappelle.»

Architectes, ventileuses, gardiennes, nettoyeuses, butineuses, les fonctions ne manquent pas au sein de ces incroyables fabriques à miel. Une chose est sûre: on ne regarda plus jamais son petit-déjeuner de la même manière…

Coop et ses partenaires viennent en aide aux abeilles

Ce logo indique qu'il s'agit de la protection des abeilles.

Les abeilles mellifères et les abeilles sauvages sont indispensables à la vie. Elles assurent la pollinisation de près de 80% des plantes cultivées ou sauvages. C’est pour cette raison que des associations comme Bienenclub, Flugschnaisa, Wabe3 et wildBee s’emploient à mettre sur pied des projets en faveur des jeunes apiculteurs et des abeilles.

L’apiculture bio à l’école: le Bienenclub exploite un rucher bio destiné aux enfants à Uettligen, près de Berne. Il se déplace aussi dans les classes et met à disposition des enseignants du matériel pédagogique.

«Ja zur Flugschnaisa»: ce projet, né dans les Grisons, vise à mieux faire connaître l’apiculture aux jeunes. Durant neuf après-midi, des apiculteurs professionnels montrent aux enfants et aux adolescents en quoi consiste leur métier.

Des abeilles au cœur de la ville: l’association Wabe3 mène des actions dans les jardins fleuris, les parcs et sur les toitures végétalisées pour faire prendre  conscience aux petits Zurichois des apiculteurs en ville.

Abeilles charpentières et Cie: les abeilles sauvages sont aussi essentielles que les abeilles mellifères. L’association wildBee entend attirer l’attention des enfants sur les 600 espèces d’abeilles sauvages vivant en Suisse et sur leur protection.

En partenariat avec Hoch-stamm Suisse, Biotta, Ricola et Weleda, Coop soutient l’engagement de ces associations dans le cadre d’une grande action autour des abeilles: dès la semaine prochaine, vous trouverez dans Coopération des annonces sur ce sujet et, dans les magasins Coop, des brochures contenant des bons d’achat.

Pour chaque bon d’achat utilisé, 1 fr. sera reversé à ces projets.

Vous pourrez rendre visite à ces associations lors de la journée portes ouvertes des ruchers.

Infos sur les bons, les concours et les superbes prix mis en jeu sur: www.sosabeilles.ch

Des détails qui valent leur pesant d’or

L’enfumoir
Outil indispensable lors d’une visite aux ruches, l’enfumoir – comme son nom l’indique – enfume les abeilles qui, n’appréciant pas, descendent au fond de la ruche. Des écorces d’arbre ou des brindilles sont utilisées pour fabriquer cette fumée.

Quel âge a la reine?
La reine est marquée d’une couleur pour connaître son âge. Elle peut vivre quatre ou cinq ans mais l’apiculteur la remplace tous les deux ans. Dans le reportage ci-dessus, un petit point blanc collé sur son dos indique qu’elle est née en 2012.

Le saviez-vous?

  • Une ruche abrite entre 25 000 et 60 000 abeilles selon la période, 1000 à 2000 faux bourdons (les mâles) et une seule reine (la seule pondeuse).
  • Une reine pond environ 50 000 œufs par an (un toutes les 30 secondes).
  • Pour fabriquer 1 kg de miel, 6000 abeilles doivent butiner environ 5,5 millions de fleurs, et pour fabriquer 1 kg de cire, elles consomment quelque 10 kg de miel.
  • Ces infatigables butineuses visitent environ 700 fleurs chacune par heure.
  • Une cuillère à café de miel représente le travail de toute une vie de 50 abeilles.

La disparition des abeilles ne laisse pas l'opinion publique indifférente, notamment en Suisse. Comme le montre le film «Des abeilles et des hommes» ("More than honey"), l'extinction des abeilles nous priverait de nos ressources alimentaires. Nous avons donc décidé de lancer des projets à long terme en vue d'améliorer les conditions de vie des abeilles. Pour ce faire, nous avons besoin de votre aide! En parrainant des abeilles, vous contribuerez concrètement à la protection de ce ces insectes indispensables à la production de notre nourriture. Vous aiderez aussi les agriculteurs de montagne, car l'apiculture est appelée à devenir la deuxième activité de beaucoup d'entre eux.

Informations importantes

Le Parrainage Coop pour les régions de montagne soutient depuis 70 ans les projets et les exploitations familiales dans les montagnes suisses. Cette année, l’action du Parrainage Coop pour les régions de montagne vise un double objectif: encourager les paysans des zones montagneuses à revêtir également le costume d’apiculteur afin de profiter d’une autre source de revenus tout en protégeant les abeilles.

Si vous aussi, vous souhaitez contribuer à cette action, vous pouvez devenir parrain ou marraine d’une colonie d’abeilles pour 80 fr. par an. L’argent que vous investissez est intégralement reversé aux projets apicoles en cours ou à venir dans les régions de montagne.

Le parrainage dure une saison et coûte CHF 80.-. Chaque parrain recevra une jolie photo des abeilles.

Vous voulez offrir un parrainage?

Le parrainage est un acte de solidarité. C'est aussi un cadeau original que vous pouvez offrir à un être cher. Pensez-y!

Aidez-nous à protéger les abeilles: l'Homme et la Nature vous diront merci!

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Informations sur la protection des données sur les pages Web de Coop

Un bourdon terrestre et une abeille à miel se partagent le nectar d’une aubépine.
On peut aider les abeilles de différentes façons. Cela améliore aussi notre qualité de vie, en la rendant plus colorée, plus parfumée et plus animée! Voici six astuces.

La Suisse accueille une grande diversité d’abeilles: on recense plus de 600 espèces d’abeilles sauvages dont les bourdons. En un éclair, elles fondent sur les pétales puis glissent habilement telles des acrobates jusqu’à l’intérieur de la fleur pour accéder au nectar et au pollen. La trompe plonge dans le délicieux nectar. Le pollen s’accroche à leurs poils très fins ou s’éparpille habilement sur leurs pattes et leur ventre. À peine rassasiée, l’abeille s’envole vers sa prochaine fleur ou regagne la ruche où elle dépose le pollen dans les cellules de couvain.
Ces vols de fleur en fleur nous offrent les baies, les fruits et légumes, le chocolat et le café, ainsi que des graines qui donneront les végétaux de demain… L’ensemble de notre écosystème dépend de ces insectes pollinisateurs. Nous pouvons les aider en leur créant un véritable petit paradis. Grâce à ces astuces, vos balcons et jardins bourdonneront joyeusement!
Et n’ayez pas peur, les abeilles sauvages sont pacifiques. De plus, comme elles ne sont pas attirées par le sucré, vous pourrez installer leur habitat près de votre table!

Conseils

1. Utilisez des plantes sauvages indigènes

Les abeilles ont besoin d’une nourriture abondante afin de collecter suffisamment de pollen et de nectar. Les plantes sauvages indigènes sont particulièrement précieuses, même si votre jardin est tout petit. Des pots ou caissettes disposés sur le rebord de la fenêtre, à l’entrée de la maison ou sur la terrasse: tout pourra leur servir de garde-manger… Il est préférable d’éviter les fleurs doubles (à nombreux pétales) car elles n’offrent pas de nourriture aux abeilles.

2. Des floraisons toute l’année

L’idéal est de maintenir une offre constante de plantes fleurissant tout au long de l’année. On opte pour le tussilage au printemps, puis la camomille ou les centaurées. En automne, on se tourne vers les asters. Pour les labiacées, on commence par la sauge des prés, on enchaîne avec la marjolaine et l’épiaire, puis avec les menthes. Des plantes comme la pâquerette, la consoude ou le lamier fleurissent quasiment toute l’année.

3. Prévoyez une caisse à sable

Beaucoup d’abeilles apprécient les sols maigres. Remplissez une jardinière avec du sable et une petite quantité de terre et plantez-y quelques fleurs. Avec un peu de chance, le substrat renfermera une abeille sauvage. Vous pourrez l’observer en train de creuser une galerie avec ses pattes et aménager les couvains dans la terre.

4. Achetez bio

Soutenir une agriculture durable, biologique et diversifiée est l’un des moyens les plus efficaces pour aider les abeilles. Fiez-vous aux labels figurant sur les produits et soutenez un mode de production respectueux des abeilles.

5. Habitat des abeilles sauvages

Les abeilles comptent autant d’espèces que d’habitats. Les parois rocheuses ou les terrains pauvres en végétation mais bien ensoleillés (photo n° 3) offrent les conditions d’habitat idéales, la
plupart des espèces nichant dans le sol. D’autres élisent domicile dans des fagots de tiges creuses que l’on peut fabriquer en attachant des tiges ligneuses de ronces, de chardons ou de roses au balcon ou à la barrière du jardin. D’autres espèces nichent dans le bois mort; conservez donc vos arbres en fin de vie. Les fissures dans les murs de pierres sèches ou les anciens puits feront aussi l’affaire.

6. Aidez la nidification artificielle

Les abris (ou hôtels) pour abeilles sauvages ont toujours plus de succès. Ils permettent de bien observer les abeilles sauvages, ce que les enfants apprécieront. On peut les construire ou les acheter. Mais ils n’attirent les abeilles que s’ils offrent la bonne alimentation!

7. Privilégiez la diversité végétale

De nombreuses espèces d’abeilles comme l’abeille mellifère et la plupart des bourdons sont généralistes et peuvent récolter leur nourriture parmi une grande variété de plantes. Certaines abeilles sauvages en revanche se sont spécialisées. Veillez donc à cultiver différentes sortes de plantes. Privilégiez notamment les campanules et les composées comme les camomilles, les centaurées ou les marguerites, les papilionacées comme les trèfles, les gesses ou les vesces, les labiacées comme les lamiers, la sauge ou le thym, les crucifères comme la moutarde ou l’alysse et enfin les crassulacées comme l’orpin ou la grassette commune.

8. Semez encore et toujours

En mai et juin, il est encore possible de semer des mélanges de graines ou de cultiver des plants qui seront ensuite repiqués dans de plus grands pots ou dans le jardin. Les inflorescences fournissent de la nourriture aux abeilles. Et quel plaisir de décorer les pots de fleurs avec les enfants et d’observer ensemble les graines germées en train de pousser.

9. Cultivez dans le respect de la nature et sans produits toxiques

Pour les abeilles et bon nombre d’autres insectes, il est essentiel de renoncer aux produits toxiques. Certains agents utilisés pour lutter contre les fourmis ou les guêpes peuvent également nuire aux abeilles, ces dernières appartenant à la même famille, celle des hyménoptères. Il est donc préférable d’opter pour les produits naturels et d’accepter qu’il y ait un peu de mauvaises herbes et de désordre au jardin.

10. Fournissez des matériaux de construction

Pour construire leurs couvains, les abeilles sauvages ont besoin d’une grande quantité de matériaux de construction. Argile, terre, sable, copeaux de bois, résine, pétales, feuilles et autres fibres végétales sont très recherchés. Plus un jardin est riche de variétés et désordonné, plus il est simple pour les abeilles sauvages d’y construire leur nid – et d’autant plus captivant pour nous qui pourrons les observer en toute tranquillité.

Coop et les abeilles

Nous avons besoin des abeilles pour continuer à manger des aliments naturels. Coop s’engage en faveur de ces précieux insectes pollinisateurs en soutenant les exploitations bio et en
renonçant aux produits chimiques qui mettent en péril les abeilles. Sous le label Oecoplan, un large assortiment de produits qui ménagent les abeilles est disponible chez Coop et chez Coop brico + loisirs. En partenariat avec Biotta, Ricola, Weleda, Ramseier et Bio Suisse, Coop soutient sept jeunes apiculteurs et des projets de sauvegarde des abeilles sauvages.

Sophie Dürrenmatt

Article «Mon jardin a le bourdon»
Texte: 
Deborah Millett, présidente de wildBee.ch
Photos:
SP, wildbee.ch

Photo:
Nicolas de Neve
Publication:
vendredi 23.05.2014, 11:39 heure