Prises accessoires, rejets et méthodes de pêche non écologiques font du merlan un poisson menacé. C’est pourquoi Coop l’a retiré, avec cinq autres espèces, de son assortiment.

Grave surpêche: les espèces menacées à éviter

Responsable Qui achète des poissons et des fruits de mer, frais ou congelés, chez Coop peut être sûr à 100% qu’ils proviennent de sources durables. Explications.

Baudroie du golfe de Gascogne? Retirée de l’assortiment. Rouget de l’Atlantique du Nord-Est? Plus vendu chez nous! Crevettes d’eau froide du Chili de l’espèce Heterocarpus reedi? Coop vient également de les bannir de ses étals. Il en va de même pour les athérines (Atherina boyeri) de la Méditerranée, le merlan et le loup de mer (tous deux de l’Atlantique du Nord-Est).
Ce n’est pas la première fois que Coop retire de son assortiment des espèces menacées par la surpêche. Depuis longtemps, le détaillant ne propose plus de mérou, d’anguille ou de makaire bleu. «Aujourd’hui, nos clients peuvent être sûrs que tous nos poissons et nos fruits de mer frais et congelés sont issus de sources durables, affirme Pascal Seiler, responsable du département poisson chez Coop. Nous vendons uniquement des produits dont l’origine est classée comme «recommandable» ou «acceptable» par le WWF.»

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La classification du WWF

«Recommandable», d’accord.  Mais que signifie «acceptable»? «Cela veut dire que la consommation de tels produits ne compromet pas les stocks de poissons et de fruits de mer concernés et ne contribue pas non plus à dégrader d’autres espèces ou des écosystèmes marins», explique Mariann Breu, experte dans le domaine des poissons auprès du WWF Suisse. Avec cependant cette restriction qu’il peut exister des lacunes ponctuelles dans certains cas. Notamment en raison de connaissances insuffisantes sur l’état réel des stocks. L’évaluation se base sur de nombreux critères. Le WWF se réfère toujours aux derniers résultats de la recherche.
L’organisation environnementale salue la décision de Coop de déréférencer les espèces mentionnées: «C’est peut-être agaçant pour les clients, admet Mariann Breu, mais il s’agit d’une étape nécessaire, dont l’application rigoureuse est à considérer comme un signe fort.»

«

Le déréférencement d’espèces menacées est une étape nécessaire»

Mariann Breu, cheffe de projet Seafood au WWF Suisse

La situation actuelle

Dans le dernier rapport sur la situation mondiale des pêches (2014), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) constate que 29% des stocks commerciaux sont soumis à la surpêche. Par ailleurs, 61% d’entre eux font l’objet de captures qui arrivent au maximum de leurs limites. Deux facteurs expliquent ces chiffres. D’une part, la pêche illégale. Selon la Commission des pêches de l’UE, au moins 15% des poissons pêchés dans le monde proviennent de ce type d’activité. D’autre part, les prises accessoires. Il s’agit des poissons et des autres animaux marins qui finissent dans les filets sans être recherchés.
Mais la FAO constate que la plupart des États se conforment au Code international de conduite pour une pêche responsable. Notamment en adoptant des quotas de pêche ou des directives plus strictes pour les engins de pêche. Mais il reste beaucoup à faire. «À l’avenir, nous continuerons à nous engager et à améliorer notre assortiment en collaboration avec le WWF», souligne Pascal Seiler.

Rapport sur les pêches 2014: chiffres les plus importants

Source FAO – La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2014

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/174
Toutes les paroles aux actes
René Schulte

Rédacteur

Photo:
Getty Images, SP
Publication:
lundi 27.04.2015, 14:20 heure

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