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Le sens du détail et l’humour dans la mise en scène rendent ce musée unique.

Le centre historique d’Estavayer ©RawKingPhotos

Sur le banc des menteurs ©Pascal Gertschen

La Collégiale accessible en train touristique ©RawKingPhotos

Le Château Chenaux ©Pascal Gertschen.jpg

©retoDuriet.com

La ville vue du lac ©retoDuriet.com

L’été à Estavayer ©Pascal Gertschen

Boire un verre les pieds dans l’eau ©Pascal Gertschen

Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles ©Estavayer-Payerne-Tourisme

A table ©SteinerBrouillard.ch

Une grenouille fait de l’écureuil ©SteinerBrouillard.ch

A l’école ©SteinerBrouillard.ch

Jeu de cartes ©SteinerBrouillard.ch

Grenouilles & compagnie

Estavayer-le-Lac Alors que le centre médiéval bien tranquille abrite un musée des plus atypiques et attire les mordus d’histoire, le bord du lac frénétique accueille en été les foules de vacanciers et les fans 
de glisse. Suivez le guide.

http://www.cooperation.ch/Grenouilles+_+compagnie Grenouilles & compagnie

L’été approche à grands pas. La charmante bourgade du canton de Fribourg s’apprête à recevoir les hordes de touristes qui, pour la majorité, resteront près du lac. À tort, car la vieille ville offre également son lot de curiosités à commencer par le Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles. Pourquoi des grenouilles? Et pourquoi à Estavayer?
Le mystère reste aussi fascinant que l’exposition qui occupe une salle du sous-sol de ce lieu hors du commun. On pense que François Perrier, un officier staviacois (c’est ainsi qu’on appelle les habitants d’Estavayer-le-Lac) serait l’auteur de cette collection de grenouilles naturalisées datant du XIXe siècle.
À cette époque, la taxidermie et la miniature ont connu leur âge d’or. Et les animaux jouaient le rôle de miroir de la société. La grenouille, un batracien très répandu sous nos contrées, a ainsi souvent servi de caricature de l’espèce humaine. Une telle collection, bien que surprenante, n’a nullement été un cas isolé au XIXe siècle.
Ce type d’«art» serait de nos jours très controversé, voire interdit. Il reste néanmoins intéressant à découvrir dans son contexte historique.

Depuis la Maison de tir, une vue imprenable sur le château et la région s’offre à nous. 

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Les grenouilles singent les hommes

Quelque 108 grenouilles naturalisées, les vertes rieuses (pelophylax ridibundus) et les grenouilles rousses (rana temporaria) sont mises en scène dans différentes situations du quotidien: à l’école, avec un élève puni prêt à prendre la fessée; chez le barbier; à table en mangeant des macaronis (photo); en train de jouer aux cartes, etc. Toutes les classes sociales sont représentées. Alors que les riches exhibent leur gros ventre, les pauvres, qui font souvent un travail physique, sont immortalisés par des grenouilles sveltes. Dans les autres salles du musée, des objets du quotidien cohabitent avec des photos et des tableaux. Peu d’explications, beaucoup d’objets – provenant d’habitants de la région – sont réunis par thèmes: fusils, serrures, outils… Cela représente la façon dont étaient conçues les expositions jadis, «sous forme de cabinet de curiosités», précise Ingrid Butty, la directrice du musée.
Après un passage dans ce lieu unique en son genre – il faut compter environ 30 minutes pour faire la visite entière-, place à la (re)découverte du bourg médiéval.

Musée des grenouilles

Balade dans le centre historique 

J’ai rendez-vous avec le guide Louis Joye (83 ans), un enseignant à la retraite qui habite dans la vieille ville. On se rend tout d’abord à la Collégiale Saint-Laurent datant du XIVe siècle, «le deuxième plus important monument du canton», explique ce passionné d’histoire. À l’intérieur, ne manquez pas le maître-autel de style rococo et les stèles sculptées en 1522 par Jean Mattelin de Genève.
Direction place de Moudon, à quelques pas de là, où l’on admire une cour intérieure avec au milieu un vieux tilleul, contemporain de la bataille de Morat dit-on. De là, une vue imprenable sur le lac et la région s’offre à nous. On tutoie les cantons de Vaud et de Neuchâtel. Pas étonnant alors que la Maison de tir a été construite en 1547 à cet emplacement stratégique. Le lac, un peu éloigné de la vieille ville, que l’on observe de haut, était bien plus proche jadis. Et les inondations plus fréquentes! La correction des eaux du Jura (de 1874 à 1891 et de 1962 à 1973) a bien changé le paysage. En surface en tous cas. «Si l’on creuse à 80 mètres, de l’eau apparaît, explique le guide en indiquant les terres aujourd’hui parsemées de maisons. Et on ne peut pas avoir de cave.» De la Maison de tir, on voit aussi le château de Chenaux, le seul des trois châteaux qui reste entier aujourd’hui.

«

J’aime le côté familial de cette ville où on se connaît tous»

Lucas Butty (25 ans), 
champion suisse de cablewake

Estavayer accueille 
le Championnat 
suisse de cablewake, 
le 22 juillet prochain.  

Les rois de la glisse

Les Staviacois sont très attachés à leur ville. Même s’ils «s’expatrient» dans un autre canton pour suivre une formation, ils reviennent à la maison tôt ou tard. Les jeunes aussi apprécient son visage très calme en hiver, très vivant en été. «J’aime son côté familial, intergénérationnel, où tout le monde se connaît. Boire un verre avec les copains, pêcher, faire du ski nautique ou nager en rentrant du travail… Ce ne sont pas les activités qui manquent», explique Lucas Butty, le champion suisse de cablewake, rencontré ce printemps.

Lucas Butty (25 ans), champion suisse de cablewake

 

Le bord du lac est connu pour son téléski nautique datant des années 1960 (le plus long de Suisse et un des plus long d’Europe). De mai à septembre, les débutants (cours d’initiation) et les pros s’y côtoient. Le champion (et ingénieur informatique) a «baigné dans ce milieu depuis tout petit, explique-t-il en souriant. Après avoir commencé par le ski nautique, j’ai opté pour le wakeboard. On peut faire des sauts et j’adore cette sensation de glisse que je retrouve aussi en faisant du patin à roulettes ou du skate.» Lucas remettra son titre en jeu lors du Championnat suisse de cablewake qui se déroulera le 22 juillet prochain à Estavayer-le-Lac.
La couleur turquoise de l’eau, sa transparence, les nombreux bars, restaurants et clubs font de la petite ville du bord du lac l’une des destinations favorites des vacanciers, suisses alémaniques pour la plupart. Une excellente façon de passer l’été entre sports de glisse, détente, fêtes et cours de conversation gratuits de suisse allemand!

www.estavayer.ch
Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:

Pascal Gertschen, SteinerBrouillard.ch; carte Rich Weber
Publication:
lundi 29.05.2017, 13:20 heure