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Les robots feront naturellement partie de notre environnement. Actuellement, plus de 400 000 d’entre eux accompagnent les Japonais au quotidien. Ici, Gwenda avec le robot NAO mis à disposition par Kindercity, à Volketswil.

La robotique s’est aussi emparée 
du créneau 
des animaux de compagnie.

Aldebaran et Pepper.

Pepper.

Aldebaran dans une salle de classe.

Aldebaran.

Aldebaran.

Un saut dans le futur

Comment vivrons-nous en 2050? Mobilité, énergie, robotique, alimentation, architecture: quelles pistes s’offrent à nous pour construire au mieux notre avenir?

«

De Karel Čapek à 
Isaac Asimov, les 
robots ont toujours alimenté les
 fantasmes de la 
science-fiction.»

Elle s’appelle Gwenda. Du haut de ses 30 ans, sa vie s’articule au 82e étage d’une tour de verre et d’acier à rotation solaire et entièrement connectée. Sa dame de compagnie de seconde génération s’appelle Pepper, tandis que son petit chien de métal ressemble comme deux gouttes d’eau à la race chihuahua qu’elle a découverte dans un vieux documentaire animalier. Son dada? Les séries télévisées avec hologrammes. Son péché gourmand? Cette boîte de biscuits protéinés avec son emballage publicitaire comestible lui aussi. Nous sommes en 2050.
À l’heure où nous écrivons, Gwenda verra le jour dans six ans et le monde aura changé. Car aujourd’hui, de nombreuses pistes s’offrent à nous pour se laisser tenter d’imaginer un futur technologique idéalisé.
Côté alimentation, des fermes verticales urbaines voient le jour, à l’instar de Sky Greens à Singapour avec ses 3,65 hectares de cultures, son système de récupération d’eau de pluie et sa demi-tonne de légumes journalière. Et que penser du financement par la NASA de cette imprimante alimentaire 3D qui permettrait aux futurs astronautes en partance pour Mars de «s’imprimer» pizzas et autres plats cuisinés?
Dans l’univers de l’énergie, les biocarburants à base d’algues sont à l’étude, ou encore l’idée un peu folle d’exploiter les forts courants de la haute atmosphère à dix kilomètres de haut pour créer de l’énergie à l’aide d’éoliennes cerfs-volants. De plus, serons-nous alors si connectés au point de converser avec un interlocuteur fait de métal et de circuits électroniques intelligents?
Qu’importe, savoir exactement de quoi demain sera fait n’est de loin pas une science exacte. On peut toutefois se laisser aller à quelques suppositions. Mais quelques-unes seulement. Pour le reste, il va falloir patienter…

Le robot Pepper est capable de comprendre les émotions.

Robotique

Isaac Asimov, maître de la pensée futuriste robotique, Philip K. Dick et son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? ou encore l’écrivain Karel Čapek, à qui l’on doit en 1920 la création du mot robot issu du tchèque robota signifiant travail forcé: les robots ont accompagné la littérature et le cinéma du XXe siècle. 

Aujourd’hui, les machines prennent leur place dans notre société. Au Japon, elles sont plus de 400000 à tenir des rôles aussi divers que surprenants. Comédiens de théâtre, présentatrices télé, agents de relations publiques dans les centres commerciaux, infirmiers, assistants auprès des personnes âgées, vigiles, etc. Et la confiance humaine dans la maîtrise des balbutiements de l’intelligence artificielle semble sans limite. Pour preuve, le 13 mai dernier, la société hongkongaise Deep Knowledge Ventures (DKV), spécialisée dans les investissements, a nommé un algorithme comme membre de son conseil d’administration. Sa mission? Participer à la prise de décision de l’entreprise de façon totalement indépendante. Un robot incorruptible en somme…

Plus près de nous, Canal+ aussi a son chroniqueur de métal depuis septembre. Son nom? Jean-Mi, un robot de 58 cm qui intervient dans l’émission de Thierry Ardisson Salut les terriens. Ce robot Nao doté de capacités cognitives a été conçu par Aldebaran, leader mondial sur le marché de la robotique humanoïde. Mais en février 2015 au Japon, c’est un robot émotionnel – et non pas domestique – qui sera commercialisé par Aldebaran pour le grand public: Pepper, le premier robot conçu pour vivre auprès des humains. Un compagnon capable de communiquer grâce à l’interface la plus intuitive que nous connaissons: la voix, le toucher et les émotions.

Qui est Pepper?

Jean-Mi le robot chroniqueur 2.0 dans l’émission de Thierry Ardisson:

Après la 3D, les hologrammes jalonneront notre environnement.

Mobilité

Expert en mobilité de Suisseenergie pour les communes, Paolo Della Bruna le précise d’emblée: un grand nombre de nos représentations de l’an 2050 seront déçues et remplacées par des changements que nous sommes loin, aujourd’hui, de pouvoir imaginer. Un exemple? «Les thèmes évoqués dans les années 1970 lorsqu’il était question de l’an 2000: on imaginait que les rues seraient parcourues par des astromobiles à lévitation magnétique… En réalité, nous sommes passés de la Golf I à la Golf IV (et nous en sommes à la Golf VII).» En revanche, personne n’imaginait l’impact d’Internet – alors à l’état embryonnaire – sur notre quotidien.
Il est probable que les embouteillages ne disparaîtront pas car la demande en mobilité ne cessera d’augmenter. Ceux qui le pourront essaieront d’éviter de rester bloqués dans le trafic en exploitant la flexibilité des horaires de travail, le télétravail, les téléconférences… On aura toujours plus recours à la «mobilité combinée», c’est-à-dire l’utilisation de plusieurs moyens de transport tout au long d’un déplacement. Nos véhicules consommeront toujours moins (on parle d’ores et déjà de voitures à «1 litre»), et le nombre de véhicules à propulsion alternative (de l’électricité à l’hydrogène) augmentera.

La première voiture volante: l’Aéromobile 3.0

Architecture

«

Le prototype d’une tour de 
600 m de haut pouvant accueillir 30 000 personnes 
a vu le jour»

Les architectes zurichois et professeurs à l’École polytechnique fédérale de Zurich Fabio Gramazio et Matthias Kohler travaillent sur des synergies entre robotique et architecture. Pour leur installation Flight Assembled Architecture (développée en collaboration avec Raffaello D’Andrea), des robots volants ont construit une vision architectonique du futur. Plusieurs robots appelés quadrocoptères ont travaillé en interaction, soulevant et transportant plus de 1500 modules, puis les assemblant jusqu’à ériger une structure urbaine complexe. Et c’est en 2011 que le prototype d’une tour d’habitation polyvalente de 600 m de haut et pouvant accueillir 30 000 personnes a vu le jour: le premier village vertical venait d’être créé. Ce modèle se trouve au Fonds régional d’art contemporain Centre (Frac), à Orléans.

Un quadrocoptère construit le modèle d’une tour d’habitation. 

Énergie

«Nous n’allons pas vers une situation d’urgence énergétique: nous nous déplacerons sans doute moins, changerons certaines habitudes, mais notre utilisation de l’énergie, des produits et des moyens de transport deviendra plus rationnelle et intelligente», affirme Roman Rudel, directeur de l’Institut de durabilité appliquée à l’environnement construit de la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (Supsi).
«S’il est difficile de faire des prévisions, une chose est sûre: nous exploiterons davantage les énergies renouvelables (dont le potentiel est énorme), réduirons les émissions de CO2 et nos maisons produiront une quantité d’énergie supérieure à celle dont nous aurons vraiment besoin. Le problème sera donc de stocker cet excédent d’énergie.» Le scientifique explique qu’il «suffirait» par exemple de devenir végétariens pour réduire de 30% les émissions de CO2.

www.s2g.ch

Quels que soient les domaines d’activités, la robotique sera partout pour faciliter (ou pas…) la vie des humains. Les imprimantes 3D alimentaires (ci-dessus) sont déjà une réalité. 

L’alimentation, un défi crucial pour 2050

Francesco Stellacci Directeur
du centre de recherche 
Integrative Food and Nutrition Center (CNU) à l’EPFL.

Francesco Stellacci Directeur
du centre de recherche 
Integrative Food and Nutrition Center (CNU) à l’EPFL.
Francesco Stellacci Directeur
du centre de recherche 
Integrative Food and Nutrition Center (CNU) à l’EPFL.

Quel est l’objectif de l’Integrative Food and Nutrition Center (CNU) de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)?
L’alimentation et la nutrition évoluent rapidement et présentent d’importants défis. Nous entrons à grands pas dans une phase où les aliments ne sont plus perçus uniquement comme des éléments nutritifs, mais aussi comme des éléments ayant un impact considérable sur la santé, et donc la qualité de vie des individus.

Des aliments qui soignent?
Oui, bientôt nous saurons quoi manger afin d’être en meilleure santé tout au long de nos vies. On peut même imaginer détenir un jour la clé de la lutte contre le cancer ou celle de la prévention de la maladie de Parkinson par l’alimentation. Parallèlement, la production alimentaire doit faire face à d’importants défis. Dans la mesure où la population augmente rapidement, on peut facilement prédire que les ressources alimentaires seront moins abondantes et moins fiables. Ce sont les deux grands défis pour demain.

Pourquoi créer le CNU en Suisse?
La Suisse est le lieu idéal pour initier ce qui deviendra un mouvement mondial d’universitaires se consacrant à ce problème. Les Suisses portent une attention particulière à la qualité de vie. Ils sont attachés à des valeurs établies quant à la qualité de l’environnement et des aliments qu’ils produisent. En outre, ici, l’industrie alimentaire est importante: elle représente plus de 5% du PIB suisse. C’est l’équivalent du secteur horloger. Selon moi, la Suisse aura un rôle prépondérant pour élaborer des approches en matière de production alimentaire.

À quoi ressemblera notre alimentation en 2050?
En 2050, la Terre comptera plus de 9 milliards d’habitants. C’est difficile de comprendre ce que cela impliquera de nourrir tant de gens. Il pourrait être impossible de fournir de la viande à tout le monde… Ce sera difficile de distribuer d’énormes quantités d’aliments sans les gaspiller. Selon un calcul de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), nous avons produit moins de nourriture entre 1500 et 2010 qu’il ne nous en faudra produire de 2010 à 2050! Et le monde ne s’arrêtera pas en 2050.

nutritioncenter.epfl.ch

Quiz: de quoi sera fait notre futur?

 
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Solution du quiz du journal n° 1: Energie

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Sophie Dürrenmatt

Avec la collaboration d’Eva Nydegger et de Mirko Stoppa.

Photo:
Heiner H. Schmitt, Getty Images, Lydie Lescarpentier, REA, Laif, Gramazio & Kohler, François Lauginie, Aeromobil, SP, Alain Herzog
Publication:
dimanche 28.12.2014, 23:50 heure



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