En hiver, les abeilles n’entrent pas en léthargie. Même si elle diminue, leur activité ne s’arrête pas complètement.

Hiver: le repos des abeilles

Hivernation Durant la saison froide, l’activité de ces insectes ne s’arrête pas complètement. Pas plus que celle de l’apiculteur, qui met à profit cette période de l’année pour préparer le réveil du printemps.

Bien organisée, l’abeille domestique est une grande travailleuse. Elle est responsable de la pollinisation de près de 80% des plantes à fleurs. C’est donc à elle que l’on doit de pouvoir se délecter de fruits savoureux.

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Mais après avoir butiné tout l’été, que fait-elle une fois l’hiver installé? «Elle entre en somnolence dès que la température descend en dessous de 6 °C, répond Frank Siffert, agriculteur et apiculteur bio du domaine de La Coudre, à Bonvillars (VD), et membre de la Société d’apiculture du Nord vaudois (SANV). «En dessus, elle sort de la ruche pour satisfaire ses besoins physiologiques. Mais uniquement s’il fait beau, car elle n’aime pas l’humidité.»
Pour se protéger des frimas, les abeilles s’agglutinent les unes contre les autres jusqu’à former une grappe. Sans battre des ailes, elles maintiennent une température supérieure à 12 °C dans la ruche en faisant vibrer les muscles de leurs ailes. Au cœur de la grappe, où somnole la reine, la température peut grimper jusqu’à 36 °C s’il y a du couvain (c’est-à-dire les œufs et les larves de la prochaine génération).

Nourriture et chaleur

D’esprit très communautaire, les abeilles partagent non seulement la chaleur générée par leur métabolisme mais aussi la nourriture – du miel et des pollens – qu’elles ont pris la précaution de stocker dans les alvéoles des cadres de la ruche avant la venue du froid.
«L’apiculteur doit contrôler qu’elles aient assez de nourriture. Si celle-ci venait à manquer, il leur en apporterait sous forme de pâtes nourrissantes ou d’un liquide de nourrissement composé de sucre et d’un peu de miel», explique André Amiet, de Giez (VD), caissier de la SANV et un des coresponsables du rucher de La Coudre.
Choyée, bichonnée au milieu de ses dévouées ouvrières, la reine reçoit d’elles sa nourriture qui lui donnera la force d’assurer sa principale fonction: la ponte. C’est vers fin janvier–début février qu’a lieu la première de la saison donnant naissance à une nouvelle génération qui, peu à peu, remplacera les abeilles d’hiver. Si ces dernières vivent cinq à six mois (quatre à cinq ans pour la reine, mais pas dans la même colonie), la durée de vie des abeilles d’été n’excède guère quatre à six semaines au plus fort de leur activité pollinisatrice.

Prévenir les menaces

La population d’une colonie varie donc de manière significative en une année (voir infographie). C’est en été qu’elle sera la plus nombreuse: «Elle peut tripler, voire quadrupler», souligne André Amiet.
Bien au chaud et bien nourries, les abeilles pourraient passer un hiver tranquille sans les menaces que constituent notamment le varroa ou d’autres prédateurs (souris, mésanges). Le varroa est un acarien porteur de maladies et de virus. Il se nourrit du sang des abeilles et affaiblit considérablement la colonie.  «Pour préserver ses abeilles, l’apiculteur doit donc bien veiller à réduire l’ouverture de l’entrée de la ruche, en contrôler l’état sanitaire et appliquer ses traitements contre le varroa», indique Frank Siffert. «Le dernier traitement se fera vers fin décembre–début janvier, quand il n’y a plus de couvain», ajoute André Amiet.

Colonies: fluctuations entre l’été et l’hiver

Des actes pour le bien-être de tous

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Toutes les paroles aux actes
Jean Pinesi

Rédacteur

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Photo:
Keystone, SP
Publication:
lundi 04.01.2016, 14:25 heure

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