Le docteur Shahina Ansari (à g.) montre à un père la radiographie de sa fille.

Hôpital mobile: des soins pour les cultivateurs

Santé En Inde, l’accès aux soins médicaux est loin d’être évident. Un dispensaire mobile, cofinancé par Coop, apporte des soins aux cultivateurs de coton bio.

Bhuri Rawat Nayait traîne un refroidissement depuis plusieurs jours déjà: fièvre, maux de tête et nausées persistantes lui pourrissent ses journées. Des raisons suffisantes pour que cette jeune femme de 24 ans consulte un médecin. Mais dans l’arrière-pays indien l’accès aux soins médicaux n’est pas aussi aisé que chez nous. Il n’existe pas non plus d’assurance maladie. De toute façon, elle n’aurait pas les moyens de la payer. Il ne lui reste plus qu’à parcourir 30 km à moto sur des routes en piteux état jusqu’à la petite ville de Kasrawad. Le dispensaire mobile – un car de tourisme réaménagé – y fait halte tous les lundis.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Ce cabinet médical mobile offre des soins de base à environ 50 000 personnes dans un vaste périmètre autour de Kasrawad. Le car se rend une fois par semaine dans six villages. Les patients des localités qui ne sont pas desservies doivent s’y rendre par leurs propres moyens.
L’atout majeur du dispensaire mobile? Les tarifs, qui sont deux fois moins élevés que chez le médecin ou à l’hôpital. Cela a été rendu possible grâce à l’engagement de la Fondation bioRe et de Coop, qui ont financé le car et contribuent à son exploitation.
Pour les patients, une visite chez le médecin coûte 10 roupies, soit environ 15 centimes, une radiographie revient à 120 roupies, ce qui équivaut à un peu moins de deux francs. Même si les tarifs sont deux fois moins élevés qu’ailleurs, c’est beaucoup d’argent pour quelqu’un dont le revenu mensuel s’élève à un peu plus de 6000 roupies, à peine plus de cent francs.

Tests sanguins et radios

Bhuri Rawat fait partie des quarante patients que le docteur Shahina Ansari (35 ans) reçoit chaque jour. Celle-ci  dispose d’un laboratoire pour effectuer des tests sanguins, d’un appareil de radiographie et d’un appareil à ultrasons. Au moment de notre visite, l’appareil de radiographie doit justement être mis à contribution. Une fillette et son père viennent en effet de se présenter au dispensaire mobile. La petite a avalé une pièce de monnaie et ses parents voudraient savoir si celle-ci se trouve encore dans le ventre de l’enfant. Le docteur Shahina examine la fillette, puis fait une radio. Les clichés lèvent le doute: rien n’apparaît. La famille peut partir rassurée.
Tous les patients ne con-naissent pas un tel dénouement. «Un grand nombre d’entre eux présentent des symptômes de paludisme et de typhus», explique Shahina Ansari. D’autres viennent au car où des spécialistes offrent leur aide pour répondre à des besoins médicaux spécifiques. Bhuri Rawat en a profité pour consulter en plus le docteur Rangiit Badole.
Le dispensaire mobile apporte des soins médicaux de base aux habitants de la région de Kasrawad depuis 2006. Coop verse chaque année quelque 60 000 francs à ce projet. «C’est peu d’argent comparé au nombre de personnes que nous pouvons aider par ce biais», déclare Simona Matt, responsable Naturaline chez Coop.

Nombre de médecins et de dentistes pour 10 000 habitants

Par exemple, à Cuba il y a en tout 82 médecins et dentistes pour 10 000 habitants, 64 médecins et 18 dentistes.

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/116
Toutes les paroles aux actes
Thomas Compagno

Rédacteur

Source: OMS, chiffres de 2010

Photos: Heiner H. Schmitt, Fondation bioRe

Publication:
lundi 08.06.2015, 15:10 heure

Retrouvez toutes nos recettes