De la fleur aux fruits, quel spectacle! Adalberto Calero cultive la banane, comme son père et son grand-père avant lui.

Ile aux trésors

La banane ne provient pas uniquement d’Amérique latine. Nous sommes partis aux Canaries, au plus près des bananiers de l’île de La Palma, voir où poussent ces délicieux fruits disponibles chez Coop.

Ile volcanique, comme le reste de l’archipel des Canaries, La Palma s’appelle plus exactement La Isla de San Miguel de La Palma. La dernière fois que le volcan Teneguía a craché du feu et de la cendre, c’était en 1971. Des montagnes de lave ont alors transformé l’île et la vie de ses 80 000 habitants. Ils n’ont pas pour autant un tempérament de feu. En plus d’être très chaleureux, ces insulaires sont aussi très décontractés. Sur l’île verte – la Isla Verde, comme on la surnomme – le temps semble s’écouler plus lentement que chez nous.

Une végétation luxuriante prospère sur ces terres que le volcan a rendues extrê­mement fertiles. Difficile de trouver une plante qui ne pousserait pas à La Palma. Les bananiers, plátanos comme on les nomme ici, s’y imposent. Ils donnent environ 150 millions de kilos de fruits chaque année, ce qui représente 60% du chiffre d’affaires total de l’île.

La culture de la banane est l’apanage d’innombrables petits paysans. Adalberto Calero est l’un d’eux. Ce père de famille de 36 ans cultive des bananes comme son père et son grand-père avant lui. «Enfant, je jouais déjà parmi les bananiers. Aujourd’hui, je suis encore ici chaque jour et j’aime regarder pousser les plantes. Je ne peux pas m’imaginer faire autre chose», témoigne-t-il. Sa passion a déteint sur son fils, qui souhaite suivre la même voie.

Un nouveau rejet produit par cette plante herbacée. Eh non, le bananier n’est pas un arbre!

Une fructification, des rejets

La journée de travail d’Adalberto Calero commence à 7 h et s’étale généralement jusqu’à 20 h. Entre les deux: trois heures de siesta. Contrairement à son voisin, qui laisse ses bananiers se développer au petit bonheur la chance, l’agriculteur s’occupe de ses 2800 plants avec dévouement. «J’accorde beaucoup d’importance à la qualité», explique-t-il. Une fois qu’un bananier a fructifié, il faut l’arracher et préparer la prochaine génération. Cette plante herbacée produit des rejets, joliment appelés «fils» dans le jargon des cultivateurs. La plupart des souches en font naître plusieurs. Les cultivateurs qui se respectent – dont Adalberto Calero – les observent quotidiennement et sélectionnent après un certain temps ceux qu’ils laisseront se développer et ceux qu’ils ébouteront. «Je ne veux élever que les meilleurs», insiste le paysan.

Le suivi attentif des fruits.

«Petite naine» exportée

Ses bananes sont destinées à l’exportation. Et plus précisément au marché suisse, via Coop, le seul détaillant hors d’Espagne à importer des bananes des Canaries en quantité notable. Le fait que peu de gourmands puissent s’en délecter est dû uniquement à la quantité limitée de fruits disponibles et aucunement à la qualité de leur chair.

Adalberto Calero précise qu’il cultive une seule variété de banane, la pequeña enana. La «petite naine» en français. Ce nom se réfère à son aspect extérieur, cette variété étant plus petite que son célèbre pendant sud-américain. Elle convainc par sa beauté intérieure, qui s’exprime tant par la magnifique consistance de sa chair que par son arôme très goûteux. «Tout cela grâce au sol volcanique fertile et au climat canarien équilibré», affirme notre cultivateur.

La proximité de l’équateur assure des températures douces toute l’année, ce qui permet de récolter les bananes à tout moment. Grâce à un ingénieux système d’irrigation, les cultures disposent de suffisamment d’eau, en provenance de la montagne. Culminant à plus de 2000 m d’altitude, celle-ci est abondamment alimentée en eau par les alizés humides.

Les régimes traversent une sorte de station de lavage.

Maturation à même la plante

Un autre avantage considérable de la banane canarienne est sa longue période de maturation à même la plante. Adalberto Calero récolte ses fruits après six mois et les livre le jour même à Europlátano, l’un des trois grands transformateurs de bananes de l’île.

Elles y sont lavées puis triées en fonction de leur qualité. Contrairement à la banane latino-américaine, qui commence son voyage d’un mois à destination de la Suisse en étant encore complètement verte et qui est mûrie une fois arrivée à destination, sa consœur canarienne arrive en Suisse en seulement une semaine, et requiert seulement une brève période de mûrissement.

Les cultures en terrasses culminent à 400 m d’altitude.

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Chez Coop

Dégustez-les!

Avec le label de qualité Primagusto, Coop propose des bananes des îles Canaries dans ses plus grands points de vente. Plus petits que ceux d’Amérique latine, ces fruits sont particulièrement goûteux. La moucheture brune caractéristique de leur peau ne signifie pas que les bananes sont en train de pourrir. Il s’agit de taches de sucre qui indiquent que le fruit a atteint un degré de mûrissement optimal. Les distances de transport relativement courtes ne profitent pas qu’à l’environnement, mais aussi à l’arôme des bananes. Elles sont disponibles au prix du jour.
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À Fruttigen (BE)

Un sentier de la banane

Saviez-vous que 24 variétés de bananes sont cultivées à la Maison tropicale de Frutigen, dans le canton de Berne, alors que nous n’en trouvons que trois différentes dans nos supermarchés? Apprenez aussi que l’on consomme chaque année en Suisse 74 000 tonnes de bananes, ce qui nécessite 4 millions de cartons… Notez enfin que la banane doit avoir une longueur de 14 cm et un diamètre de 27 mm pour entrer dans la meilleure catégorie. Des informations à découvrir en visitant le sentier thématique dédié à ce fruit à la Maison tropicale de Frutigen, ouverte du mardi au dimanche. Tarifs et accès:

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Stefan Fehlmann

Rédacteur

Photo:
Christoph Kaminski
Publication:
lundi 25.06.2018, 12:00 heure





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