Chaque année, deux mille enfants naissent par fécondation in vitro (FIV) en Suisse.

Infertilité: des solutions existent

Désir d’enfant Les problèmes d’infertilité ne sont pas rares. Grâce à la procréation médicalement assistée, il est possible de donner un coup de pouce à la nature. Explications.

En Suisse, on estime que 15% des couples sont confrontés à des problèmes d’infertilité, soit un sur sept. Près de la moitié d’entre eux ne consultent pas. Évolution notoire, les femmes deviennent mamans de plus en plus tardivement constate la doctoresse Isabelle Streuli, responsable de l’Unité de médecine de la reproduction et d’endocrinologie gynécologique aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG): «La moyenne d’âge en consultation augmente. Plus la femme est âgée, plus le risque d’infertilité est élevé.» Pour cette spécialiste, plusieurs facteurs expliquent cette évolution: «Le niveau d’études des femmes est de plus en plus élevé et il n’est pas facile de concilier vie familiale et vie professionnelle. En outre, les médias véhiculent très souvent des images de femmes qui deviennent mères à un âge avancé.» Comme l’ont rapporté des médias suisses, une Soleuroise a accouché dernièrement d’une fille à l’âge de 59 ans! Selon Isabelle Streuli «une grossesse naturelle est pratiquement impossible à cet âge. Cette femme a sans doute eu recours à un don d’ovules à l’étranger».

«

Pour réaliser ces traitements, il faut des chances réalistes d’avoir un enfant»

Dr Isabelle Streuli, cheffe de l’Unité de médecine de la reproduction aux HUG

Des traitements coûteux

L’équipe médicale des HUG prend en charge les couples qui désirent avoir un enfant et n’y parviennent pas par voie naturelle. «Nous les recevons, posons un diagnostic, les conseillons et proposons un traitement adapté au cas par cas. Nous offrons de nombreuses thérapies», explique Isabelle Streuli. Parmi celles-ci, on peut citer la stimulation ovarienne, l’insémination, les traitements chirurgicaux ou encore la thérapie sexuelle. «Pour réaliser ces traitements souvent longs et coûteux, les chances d’avoir un enfant doivent être réalistes», souligne la doctoresse. Il faut savoir qu’une fécondation in vitro avec traitements annexes coûte de 5000 à 10 000 francs et n’est pas remboursée par l’assurance maladie. Si la limite d’âge est de 43 ans en règle générale pour les femmes – elle correspond à la limite biologique habituelle -, elle s’élève à environ 60 ans pour les hommes, le couple doit en effet pouvoir élever son enfant jusqu’à sa majorité, selon la loi.
Parfois, les couples se tournent vers un don d’ovules à l’étranger, une pratique interdite en Suisse, contrairement au don de sperme qui est autorisé. La gynécologue genevoise déplore «cette asymétrie de la loi. Le don d’ovules devrait être permis pour le traitement d’une infertilité pour une femme en âge de procréer. En France, la loi le permet jusqu’à 43 ans. Il faut que ce soit transparent et éthique pour les donneuses, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas à l’étranger».

En Suisse, le don de sperme est permis mais celui d’ovules est interdit.

Multiples causes d’infertilité

Les causes d’infertilité sont variées et touchent autant les hommes que les femmes (50% chacun). Troubles de l’ovulation, problèmes aux ovaires, aux trompes ou à l’utérus, problèmes au niveau des spermatozoïdes, troubles de la sexualité sont quelques-uns des facteurs régulièrement constatés par le corps médical.
Chaque année, quelque 6000 couples ont recours à une fécondation in vitro (fécondation en laboratoire suivie d’un replacement des embryons dans l’utérus) pour tenter d’avoir un enfant. Un chiffre stable depuis quelques années. Si la loi suisse permet d’implanter trois embryons, la plupart des centres se limitent à deux pour éviter le risque de triplés. En Suisse, 2000 enfants naissent grâce à cette méthode chaque année. Avec une FIV, la probabilité d’avoir des jumeaux s’élève à 20% contre un peu plus de 1% en cas de grossesse naturelle.
Si une grossesse peut parfois advenir après un traitement de quelques mois, il n’est pas rare que plusieurs thérapies soient nécessaires et durent des années. Le chemin jusqu’à la naissance s’avère alors un véritable parcours du combattant.

«La société crée le problème»

Vécu Une Romande devenue mère à 48 ans après de longs traitements témoigne. Elle souhaite préserver son anonymat.

Comment se sont passées vos démarches pour avoir un enfant?
Nous sommes en couple depuis 33 ans. Le désir d’enfants, pour ma part, était une évidence mais jusqu’à il y a dix ans, elle n’était pas formulée concrètement. En 2005, début des tentatives d’avoir un enfant. En 2007, premiers traitements. En 2009, naissance et décès d’un premier fils. En tout, huit ans de traitements, avec des interruptions dues à des fausses couches et des procédures administratives, pour arriver finalement à la naissance de notre fils en 2015.

Être mère à 48 ans reste assez rare. Comment a réagi votre entourage? Et la société?
L’entourage et les connaissances ont très bien réagi. L’âge n’a pas été mentionné, non pas par tabou mais parce qu’il ne semble pas vraiment entrer en ligne de compte.
Au contraire, vu notre parcours, les gens se sont montrés heureux pour nous. Cette démarche est personnelle, personne n’a le droit de nous juger.

Pensez-vous qu’une grande différence d’âge entre l’enfant et ses parents puisse poser problème plus tard?
À nous de faire en sorte qu’elle ne soit pas un problème et que notre fils reçoive tout ce dont il a besoin du point de vue affectif et au niveau de l’éducation. C’est la société qui crée le problème. Être vieux est un concept intellectuel et je pense que notre fils nous verra comme ses parents, sans se poser la question de notre âge.

Comment s’est déroulé le traitement?
D’abord par stimulation ovarienne et finalement par fécondation in vitro (FIV).

Êtes-vous satisfaite de l’encadrement médical reçu?
Oui. Mon mari pense toutefois qu’à certains moments, nous n’étions qu’un dossier, peut-être est-ce dû au fait qu’il y a toujours plus de monde dans les salles d’attente des centres de procréation médicalement assistée.

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Basile Weber

Rédacteur

Photo:
Alamy
Publication:
lundi 26.09.2016, 14:25 heure



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