Tamara (23 ans) en compagnie de sa maman Margot.

Italia mia! Le pays de leurs ancêtres

Origines Des descendants d’immigrés italiens témoignent de leur attachement à l’Italie. Rencontres avec trois d’entre eux.

Au XXe siècle, ils sont venus par milliers pour travailler en Suisse. Ils ont participé à la construction de tunnels, de routes, de barrages... Une partie d’entre eux sont rentrés au pays après quelques années de travail, d’autres sont restés. Les Italiens constituent aujourd’hui encore la communauté étrangère la plus importante de Suisse. Quel rapport leurs descendants ont-ils gardé avec leur pays d’origine? Se sentent-ils encore proches du pays de leurs ancêtres? Deux petites-filles et un arrière-petit-fils d’immigrés italiens nous parlent de leurs liens de cœur avec l’Italie.

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«Je suis une moitié-moitié!»

Tamara lors de sa première communion, entourée de ses grands-parents.

Tamara lors de sa première communion, entourée de ses grands-parents.
Tamara lors de sa première communion, entourée de ses grands-parents.

La famille, c’est sacré pour Tamara (23 ans). Chaque année, elle aime retrouver ses cousins dans le sud de la Botte, dans la région de Basilicate, entre les Pouilles et la Calabre. Ses grands-parents sont venus s’installer près de Morges (VD) au début des années 1960. Sa mère est née en Suisse, mais son père est Italien. Elle a donc la double nationalité. «C’est important pour moi de conserver ce lien avec mon pays d’origine, de rester proche de ma famille. La Suisse est mon pays, mais dans le sang, je serai toujours Italienne.»
Très attachée à l’Italie, Tamara reconnaît pourtant qu’elle n’aimerait pas y vivre. «Je ne remercierai jamais assez nonno (ndlr: grand-papa) d’être venu ici. Le fait de vivre en Suisse m’a donné beaucoup plus d’opportunités d’avenir et une meilleure qualité de vie.»
Tamara apprécie certains traits de la mentalité suisse comme la ponctualité ou la sécurité, mais elle aime retrouver le caractère chaleureux et ouvert des Italiens du Sud lorsqu’elle retourne dans son village d’origine. Quant à son identité, elle avoue qu’elle se sent parfois un peu partagée entre les deux pays. «En Suisse, les gens me prennent pour une Italienne, et en Italie, on me prend pour une Suissesse. Je me sens étrangère un peu partout. Je suis une moitié-moitié!»

Son accent suisse le trahit

Arrière-petit-fils d’un immigré italien, Mathieu Bessero (32 ans) a gardé un lien fort avec le pays de son ancêtre. Metteur en scène, il a créé avec des amis le festival culturel Bell’Italia à Fully, en Valais, par amour pour l’Italie et la culture italienne, mais aussi pour rendre hommage aux premiers immigrés italiens qui ont travaillé dur pour son canton.
«Quand j’étais petit», raconte-t-il, «mon grand-père écoutait souvent de la chanson italienne. J’adorais ça! Par contre, il ne parlait jamais italien. Pour lui, c’était lié à une volonté forte de s’intégrer. Cela m’a frappé et j’ai commencé à me questionner sur mon rapport avec l’Italie.»

Mathieu dans les bras du plus ancien des Bessero, à Migiandone au Piémont.

À la maison, c’est surtout son père qui a développé le lien avec leur pays d’origine. «Mon père a toujours aimé l’Italie. Nous y allions souvent en vacances quand j’étais plus jeune.» Pendant longtemps, les Bessero se retrouvaient tous les deux ans pour une fête de famille dans leur village d’origine, au Piémont. À la quatrième génération, se sent-il encore italien? «Je me sens de culture italienne. Mes copains m’appellent d’ailleurs L’Italien, mais j’avoue que je joue un peu avec ce rôle-là (rires)! Je me sens plus italien en Suisse qu’en Italie, car là-bas, mon accent me trahit!»

Par amour pour la culture italienne, Mathieu Bessero a fondé le festival Bell’Italia, à la belle Usine, à Fully.

Côté italien très vivant

Yannick Nardin (34 ans) se sent très proche de sa famille vivant dans la région de Trieste, au nord-est de l’Italie. Plus jeune, elle s’y rendait chaque année pendant les vacances avec ses parents et son frère. Ils partaient souvent en croisière en voilier sur la côte Adriatique. Aujourd’hui, elle continue d’y aller avec son mari. Arrivés en Suisse à la fin des années 1960, les grands-parents de Yannick se sont installés à Monthey (VS). C’est sa grand-mère qui lui a appris à parler italien. «Ma mère ne nous parlait qu’en français. Par contre, depuis qu’elle est grand-mère, ma mère parle italien à ses petits-enfants.»

Yannick Nardin souhaite transmettre ses racines italiennes à son fils Philippe.

Yannick Nardin souhaite transmettre ses racines italiennes à son fils Philippe.
Yannick Nardin souhaite transmettre ses racines italiennes à son fils Philippe.

Mère d’un garçon de 5 mois, Yannick a également envie de transmettre à son fils ce lien avec son pays d’origine. Née en Valais et habitant à Genève, Yannick admet qu’elle se sent suisse, même si son côté italien est aussi important pour elle. «C’est un enrichissement. La façon de vivre est différente en Italie. Dans ma famille, on rit et on plaisante beaucoup, c’est très vivant! Quand je suis là-bas, mon côté italien se ravive.»

Yannick avec son frère Gilles et son oncle Franco en voilier sur la mer Adriatique.

Les Italiens ont participé à la prospérité du pays

Les Italiens représentent la première communauté étrangère de Suisse.

Les premiers immigrés italiens sont arrivés en Suisse dès la fin du XIXe siècle pour participer à la construction du tunnel du Gothard. Une importante immigration a ensuite eu lieu après la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les années 1960. Aujourd’hui parfaitement intégrés, les Italiens n’ont pourtant pas toujours eu la vie facile, comme en témoigne le livre Des Ritals en terre romande, de Raymond Durous. L’historien y raconte les difficiles conditions de travail et de vie des premiers immigrés italiens. Ils ont pourtant participé à la prospérité de la Suisse moderne.
En 2013, ils étaient 298 900 en Suisse, soit 15,4% de la population résidante permanente étrangère. Un nombre qui diminue, principalement en raison des retours en Italie et des naturalisations. À la deuxième place, on trouve les Allemands (292 300), suivis des Portugais (253 200).

Nombre d’Italiens en suisse

Évolution entre 1950 et 2010

On dénombrait 287 100 Italiens en Suisse en 2010. Un pic a été atteint en 1970 avec plus de 580 000 Transalpins dans le pays.

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Texte: Delphine Gachet

Photos: Darrin Vanselow, Sedrik Nemeth, Patrick Gilliéron Lopreno, SP

Publication:
lundi 03.08.2015, 10:55 heure



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