L’acteur Jake Gyllenhaal est le Dr David Jordan dans «Life: Origine inconnue», au cinéma le 19 avril.

«L’espace est excitant et terrifiant»

Jake Gyllenhaal Le comédien campe un astronaute en danger dans son nouveau film. Il nous parle de l’espace, de sa famille, de son parcours, de son goût du travail et de sa définition du succès. 

C’est un Jake Gyllenhaal barbu et un peu fatigué qui nous reçoit dans un palace berlinois pour évoquer son nouveau film, «Life: Origine inconnue» (sortie le 19 avril). L’acteur américain débarque de New York où il fait un vrai tabac sur scène dans la comédie musicale «Sunday in the Park with George». Dans ce palpitant thriller de science-fiction qui n’est pas sans rappeler «Alien», il incarne le Dr David Jordan, un astronaute à bord de la Station spatiale internationale. Lorsqu’une sonde ramène à bord des échantillons prélevés sur Mars, les six membres de l’équipage découvrent la preuve d’une vie extraterrestre sur la planète rouge: un minuscule organisme qu’ils réussissent à réanimer dans leur laboratoire. Mais celui-ci se développe à une vitesse folle et ne tarde pas à semer la terreur, représentant dès lors une menace pour l’humanité tout entière. «Cette créature se nourrit de la peur» nous explique la star de 36 ans, qui partage l’affiche du film avec Ryan Reynolds et Rebecca Ferguson.

Que vous inspire l’espace, le décor de votre nouveau film?
Pour moi, l’espace est à la fois excitant et terrifiant. Il suscite la peur parce qu’il représente l’inconnu. Mais cette peur de l’inconnu est la même que nous ressentons ici, sur Terre. Nous avons tous des craintes que nous devons affronter un jour ou l’autre. Je dois aussi dire que je vois l’espace différemment parce que j’ai une très mauvaise vue.

«

J’ai eu peur et cette angoisse était fun»

C’est-à-dire?
Quand j’étais gosse et que je regardais la voûte céleste, mes parents me demandaient en pointant du doigt: «Tu vois ces étoiles?» Mais tout ce que je percevais dans l’obscurité, c’étaient de petits points flous. Je ne vois jamais clairement la nuit. Et le fait de ne pas bien voir quelque chose le rend aussi effrayant.
Les astronautes ont beaucoup de courage. Ils risquent la mort rien que pour se rendre là-haut et subissent ensuite toutes sortes d’épreuves.

Avez-vous parlé à des astronautes pour préparer votre rôle?
Oui, nous l’avons tous fait. J’ai beaucoup discuté avec un traumatologiste qui travaille avec des astronautes et a été notre conseiller pendant tout le tournage. Mais il y a aussi une part de fiction dans ce film. Normalement, j’ai tendance à me préparer pendant des mois et des mois pour incarner un personnage. Là, j’ai trouvé génial de pouvoir faire appel à mon imagination.

À travers ce rôle, vous rendez aussi hommage à votre grand-père médecin, non?
Oui, mon grand-père est mort il y a deux ou trois ans. Il était chirurgien. Par ailleurs, ma grand-mère était l’une des premières pédiatres à Broo-klyn (New York). Je viens d’une famille dans laquelle la médecine a joué un grand rôle. Ma mère a rompu avec cette tradition et j’ai continué dans la voie qu’elle a tracée!

Revenons à votre grand-père…
Il me manque. Il était à la fois quelqu’un de distant et en même temps très proche des gens du fait de la nature de son métier. Ses mains étaient parfois dans le corps de ses patients, littéralement. Il les guérissait, les aidait à aller mieux. J’ai trouvé que c’était une chose fascinante à explorer à travers ce rôle. D’une certaine façon, mon grand-père flottait dans l’espace avec moi pendant le tournage. Et puis je pense que toutes les familles ont leurs démons; une créature bizarre qui nous pousse à nous déchirer. Toutes ces idées étaient à l’œuvre dans ce projet.

Ces dernières années, vous avez privilégié des rôles aventureux et risqués plutôt que des films à gros budget du genre «Prince of Persia». Pourquoi?
Je crois que j’ai décidé d’écouter mon instinct et de faire ce qui me parle d’un point de vue artistique, parce que j’ai la chance de pouvoir choisir soigneusement mes projets. Dieu sait pour combien de temps encore. J’ai l’impression maintenant d’aller dans la bonne direction, plutôt que vers celle qu’on pense que je devrais prendre. J’ai développé ainsi de merveilleuses relations professionnelles avec des gens qui ont les mêmes instincts que moi. Je dirais qu’aujourd’hui je m’amuse beaucoup plus, même dans un film comme «Life : Origine inconnue». Je ne m’imaginais pas jouer dans ce type de film.

Pourquoi?
Est-ce que j’aime l’espace? Non! Est-ce que j’ai toujours rêvé de jouer dans un film de science-fiction? Non! Est-ce que j’ai toujours souhaité être suspendu à des câbles pendant quatre mois pour simuler l’apesanteur? Absolument pas! Mais quand j’ai lu le scénario du film, j’ai eu peur et cette angoisse était fun. Et puis j’ai rencontré le réalisateur, Daniel Espinosa. Il m’a dit qu’il adorait mes films et voulait absolument bosser avec moi. Alors j’ai eu envie de travailler avec lui.

Vous êtes un vrai bosseur. De qui avez-vous hérité ces tendances stakhanovistes?
Mon grand-père et ma grand-mère maternels, tout comme mes arrière-grands-parents, étaient des immigrés russes. Mon arrière-grand-père était tailleur et bossait très dur. Mon grand-père chirurgien a travaillé sans arrêt pendant cinquante ans. Je pouvais l’appeler à trois heures du matin et il était déjà debout prêt à aller au boulot, même à 80 ans.

Et du côté de votre père?
Il est lui aussi extrêmement dévoué à son travail et très discipliné. Mais en même temps, je suis le fruit de deux esprits créatifs, artistiques et abstraits. Il y a donc un peu de ces deux aspects en moi. Cela dit, je pense que le travail m’apporte beaucoup et donne un sens à ma vie.

Qu’est-ce qui vous manquerait le plus si vous vous retrouviez dans une station spatiale pour de vrai?
Mes amis et ma famille. Ils m’ont manqué dès l’instant où j’ai quitté New York pour venir ici. Mes collègues du spectacle dans lequel je joue à Broadway me manquent aussi parce que je les adore. Je suis triste de ne pas pouvoir me trouver sur scène avec eux cette semaine. Je n’ai aucun problème à être seul, en fait j’adore la solitude, mais beaucoup de choses me manqueraient. Je ne pourrais pas vivre sans mon chien qui est «sensass»!

Votre définition du succès?
Je pense que notre façon de l’évaluer est erronée et cela peut vraiment vous perdre.
Il m’a fallu beaucoup de temps pour oublier ce qu’on m’avait appris à considérer comme le succès. L’autre soir, Mandy Patinkin a vu mon spectacle. C’est lui qui a joué pour la première fois mon rôle dans cette comédie musicale, en 1984. Il est venu me féliciter et ça a été l’un des moments les plus importants de ma carrière.

Pourquoi?
Je considère son approbation comme un grand succès. On est restés enlacés pendant cinq minutes lui, moi, et ma co-star, Annaleigh Ashford. On recherche tous ce type de connexion. Que peut-on vouloir d’autre? Je parle bien sûr du point de vue d’un homme blanc fortuné. Je suis privilégié dans la vie mais ce type d’instant est ma définition du succès.

Et l’Oscar, qui vous a échappé jusqu’à présent, considérez-vous son aura surfaite?
C’est exactement ce que je viens de dire. La définition du succès est différente pour chacun, et elle évolue avec le temps. Si elle se résume pour un acteur à gagner un Oscar, c’est son droit mais je ne vois pas les choses comme ça.

Enfant de la balle surdoué

Fils d’un réalisateur et d’une scénariste, Jake Gyllenhaal (36 ans) baigne dès l’enfance à Hollywood. Filleul de Paul Newman, il fait ses premiers pas devant la caméra à 10 ans. Le comédien devient une star en incarnant un ado torturé dans «Donnie Darko» (2001), où joue également sa sœur, Maggie Gyllenhaal. Dernièrement, il s’est illustré en boxeur dans «La Rage au ventre» et aussi sur scène à Broadway.

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Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
DR, Keystone
Publication:
dimanche 09.04.2017, 13:50 heure



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