Dans les jardins familiaux, la foule de drapeaux rappelle l’aspect multiculturel.

Jardins familiaux dans la ville

Le succès des jardins familiaux ne se dément pas. Espace de vie, lieu d’échange, mais aussi coup de pouce pour les petits budgets, leur finalité est multiple. Portraits de passionnés.

On les reconnaît de loin, les jardins familiaux, avec leurs drapeaux de toutes les nationalités et leurs petits chalets perdus au milieu d’une verdure luxuriante. Le week-end, en été, ils se transforment en fourmilière studieuse, avant que des signaux de fumée indiquent que l’heure de la grillade a sonné. Car pour beaucoup des 24 000 membres de la Fédération suisse des jardins familiaux, cet espace vert représente une bouffée d’air bienvenue après une semaine de dur labeur et le confinement en appartement.

Lausanne compte 600 jardins, répartis en huit groupements à travers la ville, dans lesquels 37 nationalités se côtoient. Les lopins de terre mesurent entre 100 et 300 m2. Leur prix varie en fonction de la taille mais ne dépasse pas 400 francs par année. «Nous sommes en train de diviser les plus grandes parcelles pour avoir davantage de petites», explique Jean-Marie Brodard, président central de l’association lausannoise des jardins familiaux. En effet, la fonction nourricière du jardin a perdu en importance depuis la création de l’association, il y a presque cent ans. Aujourd’hui, les fleurs sont les bienvenues dans les plates-bandes. Et elles n’ont pas qu’un intérêt esthétique: «Les capucines et les soucis, par exemple, attirent les petites bêtes, et empêchent que celles-ci aillent sur les plantes.»

Les produits phytosanitaires sont interdits dans les jardins communautaires. Alors les astuces pour désherber ou mettre de l’engrais, tout en bio passent de bouche à oreille: de la cendre autour des plates-bandes contre les limaces, des coquilles d’œuf et du marc de
café comme engrais…

Jean-Marie Brodard (à g.) et Albert Massard gèrent l’association lausannoise des jardins familiaux.

Jean-Marie Brodard et son épouse Agnès sont locataires d’une parcelle depuis 36 ans, et y passent énormément de temps. «Ces jardins sont nécessaires pour se détendre, avec la vie professionnelle qui devient de plus en plus difficile, déclare l’employé postal désormais retraité. Mais cela demande du boulot.» Avec l’aide du secrétaire général de l’association, Albert Massard, ils contrôlent que les espaces soient bien entretenus et prennent en photo les preuves de négligence. Et gare à l’avertissement. «Nous sommes les gérants des baux à loyer, et prenons des mesures quand c’est nécessaire», explique Albert Massard. Car derrière, la liste d’attente s’allonge. Certains ont de la chance et se voient attribuer un jardin après quelques mois, d’autres patientent plusieurs années selon le groupement désiré.

Chacun fait pousser ce qu’il connaît de son pays et on s’échange des légumes entre voisins. «Beaucoup d’étrangers travaillaient la terre avant de venir en Suisse, cet espace est donc un bonheur pour eux», souligne Jean-Marie Brodard.

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«Je viens tous les matins travailler ici»

Encarnita Graf, 54 ans, Lausanne-Montriond.

«Au départ, cela semblait immense, 100 m2, mais finalement, je n’ai pas pu planter tout ce que je voulais. J’ai obtenu cette parcelle, il y a deux ans: je m’occupais du jardin d’une amie, ce qui a facilité les choses. Aujourd’hui, je «paille» (ndlr: couper l’herbe et la poser sur le sol pour conserver l’humidité et nourrir la terre). Je fais des rotations de culture, chaque année je plante quelque chose de différent, mais cela reste toujours bio. Sur recommandation de la ville, j’ai installé deux étangs, avec des crapauds. Ils mangent les limaces! Et regardez, ici, c’est mon tout premier concombre!
Je viens tous les matins, quand mon fils part à l’école, à 7 h 30, puis je vais au boulot vers 9 h, à la Société vaudoise de minéralogie. Dans les jardins de Montriond, il n’y a pas de cabane, mais cela ne me dérange pas. Je m’installe sur les escaliers pour pique-niquer. Mon père a toujours eu de grands jardins, en Espagne, et quand on est venus en Suisse (j’avais 9 ans), il en a pris un à Villeneuve. C’est ainsi que j’ai appris.»

«Après les vacances, je constate les dégâts»

Sabit et Nurija Bajrami, 35 et 54 ans, Vevey.

Nurija Bajrami: «Nous avons ce jardin depuis quinze ans, et y faisons pousser surtout des oignons, des choux-fleurs, du raifort et bien sûr, des fleurs. Je reviens aujourd’hui de deux mois de vacances au Kosovo et constate les dégâts. Les voisins se sont trompés de désherbant! La moitié du jardin est brûlée! Ailleurs, il y a de la mauvaise herbe. Mon fils est venu m’aider à arranger tout cela avant le retour de mon mari dans trois jours, sinon il va avoir un choc! Cette parcelle, c’est son truc, il n’a jamais voulu partir plus de deux semaines à la suite, car il s’ennuie vite de son beau jardin. Il a tout fait lui-même, même la cabane, et installé un système avec une batterie de voiture pour qu’on ait de la lumière.» Sabit Bajrami: «Je suis venu arroser de temps en temps le jardin pendant leur absence. On passe beaucoup de temps ici. Et il y a toujours des cornets prêts. Il est impensable que les invités repartent sans avoir embarqué quelques légumes.»

«Le jardinage, ça entretient!»

Benjamin Pfund, 73 ans, Aigle.

«On fait pousser tout ce qu’on peut dans notre jardin: salades, pommes de terre, haricots, endives… Nous avons des réserves pour l’hiver et utilisons un grand congélateur! Je m’occupe aussi de l’intendance des jardins familiaux d’Aigle. Ici, on a tous l’électricité! J’utilise beaucoup la consoude (plante de la famille des borraginacées), comme engrais naturel, mais aussi pour en faire de la soupe. Un coin était réservé à nos enfants et petits-enfants, mais on y a mis des fleurs, car ils ne viennent plus ici pour cultiver. Je suis toujours là quand il fait beau temps, je ne veux pas rester à l’appartement! Le travail, c’est la santé, ne rien faire, c’est la foutre en l’air! Et puis, ça entretient. J’ai travaillé 22 ans sur les autoroutes! Aujourd’hui, la famille vient manger, j’ai donc préparé un rôti à la broche. Savez-vous comment on fait pour savoir s’il est bien cuit? On le pique avec un brin de foin. Si celui-ci ne plie pas, c’est bon.»

«On a déjà eu beaucoup de fraises et de radis»

Léa et Divya Vejlupek, 36 et 9 ans, Lausanne-Rionzi.

Léa Vejlupek: «Je me suis inscrite sur la liste d’attente en automne dernier, et j’ai déjà reçu ce jardin au printemps. J’apprends en faisant. Nous habitons à deux pas d’ici, au Tunnel, où il n’y a aucun espace vert. Je me rends compte que cela prend beaucoup de temps: tous les deux jours, je passe presque trois heures au jardin. C’est très satisfaisant de manger ce qu’on a planté, la salade a un autre goût. On a déjà eu énormément de fraises, des courgettes, des radis…»

Divya: «Je suis abonnée à la «Petite Salamandre» et j’ai reçu plein de petites graines: des tournesols, du maïs, des fleurs… Je les ai semées au jardin. Je me réjouis de manger le maïs!»

«On fait des grillades et des apéros»

Mélanie Pedrini, 25 ans, Vevey.

«Nous nous occupons du jardin des parents de mon ami, qui sont partis pour un mois. Notre tâche consiste surtout à arroser, désherber, cueillir et manger… Mais je mange plus que je ne travaille! Sinon, en temps normal, on fait plutôt des grillades et des apéros.»

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Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
mardi 22.07.2014, 00:00 heure



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