Javier Bardem en Salazar dans le 5e volet de «Pirates des Caraïbes»: «Je l’ai toujours imaginé comme un homme enragé.»

«Il continue de ruer alors qu’il saigne»

Javier Bardem L’acteur espagnol campe le méchant du nouveau «Pirates des Caraïbes». Il nous parle de son rôle, du rugby et de ce qu’il souhaite pour ses enfants.

Dans «Pirates des Caraïbes: La Vengeance de Salazar»,  l’acteur Javier Bardem (48 ans) marche sur les traces de son épouse puisque Penélope Cruz était la star du précédent volet de la saga. Dans ces nouvelles aventures du flibustier Jack Sparrow, toujours incarné avec brio par Johnny Depp, Javier Bardem (48 ans) incarne l’inquiétant Capitaine Salazar. Un légendaire chasseur de pirates déterminé à se venger du Capitaine Jack pour l’avoir autrefois humilié et transformé en zombie. Un rôle de méchant qui va comme un gant au comédien oscarisé et qui ajoute du piquant à ce cinquième épisode truffé de surprises et d’effets spéciaux spectaculaires. «C’est un plaisir de travailler avec Johnny Depp. Ce gars est un vrai clown et on ne sait jamais à quoi s’attendre avec lui», nous dit-il pendant notre entretien dans un hôtel de Disneyland Paris. Avec sa carrure de rugbyman, son nez cassé et sa voix grave, Javier Bardem commande le respect.

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Votre femme Penélope Cruz vous a-t-elle recommandé de jouer dans ce cinquième volet de «Pirates des Caraïbes»?
Non, mais j’étais présent avec elle sur le tournage du quatrième épisode dans lequel elle jouait. J’ai été épaté parce que les gens qui travaillent sur ce type de film sont les meilleurs dans leur domaine. Les décors, les costumes, les maquillages, les effets spéciaux, et les acteurs, bien sûr, sont exceptionnels. Alors quand Jerry Bruckheimer (ndlr: le fameux producteur de la saga) m’a proposé ce rôle, j’avais déjà un préavis positif.

Pour ce film, vous avez travaillé devant des fonds verts et avec des effets spéciaux. Que retirez-vous de cette expérience?
Je vous assure qu’il faut être un grand acteur pour jouer dans ces conditions! Je suis navré pour tous ceux qui doivent le faire souvent, ce qui n’est pas mon cas. C’est beaucoup plus facile d’avoir un acteur en face de toi que de devoir imaginer à chaque instant ce que tu regardes. Mais c’est un bon challenge pour un comédien.

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La vengeance fait du mal uniquement à celui qui est animé par elle. Je suis plus zen que ça»

C’est la troisième fois que vous campez un méchant. Quel est votre secret?
Il réside dans le scénario et dans la façon dont le personnage est construit.
Et puis dans les trois cas, «Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme», Silva dans «Skyfall» et dans ce film, les réalisateurs étaient ouverts à mes suggestions. Pour ce cinquième volet de «Pirates des Caraïbes», il fallait que je crée avant tout un personnage divertissant.

Comment avez-vous appréhendé le personnage de Salazar?
Je l’ai imaginé comme un homme enragé. Un taureau blessé dans les arènes, avec des banderilles plantées dans le garrot mais qui continue de ruer alors qu’il saigne. Il ne pense qu’à une chose: déguerpir de là. Salazar veut briser la malédiction qui l’enchaîne et le seul homme qui peut le délivrer est Jack Sparrow. À partir de là, on a développé la façon dont il bouge, parle et sa coiffure particulière.

Il parle avec un fort accent ibérique et emploie quelques mots en espagnol. C’est votre idée?
Je me suis battu pour que son nom soit épelé Salazar, avec un «z» parce que ce son typiquement espagnol est très difficile à prononcer pour un étranger et signifie qu’on appartient vraiment à l’Espagne.
À l’époque, les plus grands capitaines de la marine nationale venaient du sud de la péninsule. Ils étaient très puissants sur les mers, plus dans certains cas que ceux de l’armée britannique.
J’en ai déduit qu’il était extrêmement fier, avec un caractère très fort, et qu’il aimait aussi tout contrôler. Alors quand il est trahi par un jeune pirate de 16 ans, cela le rend fou.

Êtes-vous fier d’être Espagnol? Vous considérez-vous un peu comme un ambassadeur de votre pays?
Non je ne me considère pas… (Il réfléchit) Bon oui, d’accord, mais la fierté n’entre pas en ligne de compte. Le fait que je sois Espagnol est un hasard géographique, pour le meilleur et pour le pire. Je n’accorde pas beaucoup d’importance aux nationalités.
J’habite en Espagne parce que c’est là que j’ai choisi de vivre. C’est dans ce pays que se trouvent ma famille, mes amis et ma culture.
Quand l’équipe de football espagnole joue, là oui, j’ai envie qu’elle gagne. Mais sinon, je m’en fiche.
Je trouve qu’on devrait être tous un peu plus relax par rapport aux nationalismes.

Quelles équipes de foot soutenez-vous?
Le Club Atlético de Madrid. Et ensuite Barcelone.

Est-ce que vous êtes du genre à vous venger si l’on vous fait du tort?
La vengeance fait du mal uniquement à celui qui est animé par elle. Je ne crois pas qu’une fois vengé, tu sois satisfait et que tu aies envie de t’arrêter là. Je suis plus zen que ça. Je n’ai pas envie de perdre mon temps à me venger.

Avez-vous toujours eu une telle sagesse?
Non, j’ai joué au rugby pendant dix-neuf ans et quand tu te fais botter les fesses sur le terrain, ta première réaction est de vouloir te venger. Tu connais le numéro du joueur qui t’a fait un mauvais coup! Mais le rugby est un jeu d’équipe et tu dois dépasser ce désir de vengeance pour le bien du groupe.
C’est tout le contraire du football qui est un jeu très individualiste et te pousse à être une star sur le terrain.

Jouer la comédie est aussi un travail d’équipe ? Bonus web

Oui, c’est très facile d’être satisfait de soi. Tu dois t’entourer de gens authentiques qui te disent les choses comme elles sont. Généralement, il s’agit de ta famille et tes amis. Des amis que, dans mon cas, je connais depuis l’âge de douze ans. Parfois, j’aimerais qu’ils ne soient pas aussi honnêtes avec moi ! Etre ponctuel au boulot est aussi très important pour moi. Sur un plateau de cinéma, tout le monde doit être à l’heure et aucune personne n’est plus importante qu’une autre.

Avant de devenir acteur, vous rêviez d’être peintre. Pourquoi, alors que vous venez d’une famille de comédiens? Bonus web
J’ai grandi dans le milieu et observé ses bons et mauvais côtés. J’ai vu comme c’est dur de gagner sa vie avec ce métier. J’ai de la chance parce qu’en Espagne, je fais partie du 9% qui peut en vivre. Les bars sont remplis d’acteurs qui n’ont pas de boulot et boivent pour oublier. J’essaie de mériter cette chance que la vie m’a donnée chaque fois que je travaille. Mais je sais que tout peut changer d’un jour à l’autre.

Vous avez déclaré dans une interview ne pas avoir eu de figure masculine dominante dans votre enfance…
(Il interrompt) En fait, c’est faux. J’ai parlé de mon père au journaliste et il a écrit ça. Évidemment que j’ai eu des figures masculines autour de moi, autrement je ne serais pas un homme mais un légume ou une fleur!
Mon frère aîné, qui a six ans de plus que moi, en a été une. Et mon père aussi, même s’il a été absent. Et puis il y a eu aussi des professeurs et des entraîneurs qui ont joué ce rôle.

Que souhaitez-vous transmettre avant tout à vos enfants, Leo et Luna?
J’aimerais juste que mes enfants soient des gens normaux. Bon, enfin, normal, qu’est-ce que ça veut dire? Personne n’est normal...
J’aimerais juste qu’ils aient de l’empathie parce que c’est le commencement de tout. Le reste, je m’en fiche.

Vous venez de tourner un film sur le baron de la drogue colombien Pablo Escobar, dans lequel vous retrouvez votre femme. C’est pour jouer à nouveau avec elle que vous accepté ce rôle? Bonus web
Non, je rêvais d’incarner Escobar depuis seize ans, donc bien avant que je n’épouse Penélope. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de fois qu’on m’a proposé de jouer ce rôle mais j’ai toujours refusé parce que les scénarios que j’ai lus faisaient de lui une caricature. Finalement, j’ai commandé mon propre scénario et nous avons fini le tournage juste avant Noël, à Bogota. J’ai toujours su dès le départ que Penélope serait géniale dans le rôle son amante. Et j’avais raison parce qu’elle a fait un boulot incroyable.

«Mes enfants? J’aimerais juste qu’ils aient de l’empathie, qui est le commencement de tout.»

Grand méchant, mais aussi...

Issu d’une longue lignée d’acteurs, Javier Bardem est né en 1969 aux îles Canaries et a grandi à Madrid. Il perce en macho au cœur tendre dans «Jambon, Jambon» (1992) où il joue face à une jeune Penélope Cruz. En 2007, il devient le premier acteur espagnol à décrocher un Oscar en incarnant un tueur psychopathe dans «Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme». Ennemi de James Bond dans «Skyfall», il se distingue dans les rôles de méchants mais excelle dans tous les registres. Il est marié depuis sept ans à Penélope Cruz. Ils ont deux enfants, Leo et Luna.

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Miguel Cid

Rédacteur

texte:
Myriam Genier
Photo:
Disney Enterprises, Robert Maxwell
Publication:
dimanche 21.05.2017, 13:50 heure



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