La RTS a offert un poste en or à la journaliste Jennifer Covo (37 ans) après deux ans en tant que «joker» des TJ.

«Le TJ, c’est une montée d’adrénaline»

Interview Le téléjournal avec un présentateur a 50 ans en Suisse romande! Et Jennifer Covo vient de débuter en tant que titulaire des TJ de la RTS. Confidences.

Depuis deux ans, on la voyait annoncer l’actualité de façon irrégulière. Désormais, elle le fera à des jours fixes: depuis la rentrée, la jeune femme assure la présentation des téléjournaux un week-end sur trois, en alternance avec Pierre-Olivier Volet. À l’occasion de ce nouveau tournant dans sa carrière, celle qui parle des autres à l’antenne, ou les fait parler, a accepté de se raconter. Mal à l’aise dans la peau de l’interviewée, c’est un exercice difficile pour elle, auquel elle ne se livre que très peu. Jennifer Covo se dit en effet «timide».

Voilà un qualificatif étrange pour une journaliste de télévision!
Oui, je l’avoue! Personne ne va croire ça, mais c’est totalement différent de présenter le journal, et donc de transmettre des informations à un public, que de parler de soi. J’aime les gens, les TJ sont des rendez-vous avec eux, mais je suis pudique, je n’aime pas trop parler de moi et de ma vie privée, même si je pense que je dois le faire un peu.

Vous êtes donc maintenant titulaire. C’est une consécration?
C’est un mot un peu fort. Pierre-Olivier Volet, ancien chef de la rubrique politique, a été nommé producteur des éditions du week-end et m’a proposé de travailler avec lui. Bien sûr, cette nomination me fait plaisir, je la prends comme une marque de confiance de l’entreprise. Cela veut dire qu’elle croit en moi pour ce nouveau challenge. C’en est un, puisque les journaux du week-end ont été revisités, avec notamment de nouveaux types de reportages et d’enquêtes.

Ce poste, vous en rêviez?
Les choses se sont enchaînées sans que j’y pense vraiment, elles se sont faites naturellement. Les propositions sont venues les unes après les autres. J’ai commencé à la radio One FM, ensuite à la télévision genevoise Léman Bleu, mais ça ne fait pas dix ans que je rêve de présenter le téléjournal! J’ai juste eu de la chance, c’est un concours de circonstances et la suite logique des choses.

«

Je me ressource avec ma famille »

Jennifer Covo

Vous avez ressenti du stress lors de votre premier TJ de titulaire, le 9 septembre?
En fait, j’en ai toujours. Avant de passer à l’antenne, je suis stressée, c’est à chaque fois une montée d’adrénaline. Mais c’est bien, cela me permet de me concentrer. Je pense que si je n’étais pas angoissée, je ne ferais pas un bon travail. Le week-end du 9 septembre, j’avais plus de stress que d’habitude, car il s’agit d’une nouvelle formule, j’avais envie de bien faire. Le dimanche au soir, j’étais soulagée et satisfaite.

Assurez-vous d’autres tâches à la RTS quand vous n’êtes pas à la présentation?
Je continue à couvrir les volets élections-votations. Je travaille les week-ends où ces événements ont lieu. Je suis bien occupée.

Est-il parfois difficile de contenir votre émotion devant certains sujets, par exemple des attentats?
Il se trouve que je présentais les TJ lors des attaques de Paris, Nice et Bruxelles. Vous recevez alors des informations extrêmement choquantes. Vous devez les traiter, garder la tête froide et vous concentrer sur votre travail, qu’il faut faire le mieux possible. Du coup, vous ne prenez pas toute la mesure des événements. Mais quand je suis rentrée chez moi ce dimanche soir après les attentats de Paris, l’émotion est remontée, j’ai pris une claque et vraiment réalisé ce qui s’était passé.

Qu’avez-vous retiré de vos précédentes expériences dans d’autres médias?
En travaillant pour une télé locale, vous apprenez tout, car vous réalisez vos sujets de A à Z. Les moyens sont moins importants qu’à la RTS, mais sur le plan de la formation, c’est extraordinaire. À la radio, j’ai beaucoup appris en ce qui concerne l’élocution et le travail de la voix.

Passer à l’antenne, c’est un peu comme se produire sur une scène?
Tout à fait. D’ailleurs, j’ai fait beaucoup de théâtre, pendant dix ans. Mon travail, c’est du journalisme mais aussi de la télévision: les lumières s’allument, vous êtes devant des gens et ils doivent vous écouter. Si vous n’articulez pas, ça ne va pas marcher. C’est un peu comme un spectacle.

Vous jouez un rôle d’une certaine façon?
Je vis ce que je dis, je dois adapter mon ton aux sujets, c’est comme raconter une histoire, mais je ne me mets pas dans un rôle, puisque je suis sincère à l’antenne. Évidemment, quand je suis avec mes proches, je m’exprime différemment.

Vous vous qualifiez de timide et à la télévision, vous êtes calme et posée. Pourtant, là, vous êtes assez exubérante, non?
Dans la vie, je suis une rigolote! C’est ce que l’on dit de moi en tout cas.

Jennifer Covo avait d’abord envisagé de devenir psychiatre.

Vos deux sœurs sont aussi journalistes. D’où vient cette passion familiale pour ce métier?
Mon père est juriste, ma mère était enseignante, donc rien à voir avec nos activités! Je ne suis pas sûre qu’il y ait une passion commune. C’est un hasard.

Quelles relations entretenez-vous avec votre famille?
On est très proches avec mes parents et mes sœurs. J’ai aussi un petit garçon de 1 an et demi. Les membres de ma famille sont là dans les bons et moins bons moments. Avec eux je me ressource. Et leur regard sur mon travail est très important, car il est toujours sincère, bienveillant et honnête. Pour moi, la famille, c’est le plus important.

Il paraît que vous avez l’oreille absolue?
Quand j’entends une musique, je peux la reproduire au piano. Mais, par exemple, quand quelqu’un joue un la, je ne peux pas dire que c’est un la. Je crois que c’est ça avoir véritablement l’oreille absolue. Mon père joue dans des groupes de jazz, ça vient peut-être de là. J’ai toujours baigné dans la musique.

Vous n’avez pas envisagé une ­carrière de musicienne avec ce don?
Pas du tout, même si je joue de temps en temps du piano, ça me détend, et que j’aime écouter de la musique, quel que soit le style. À la base, ­je voulais être psychiatre. Mais  finalement j’ai opté pour les sciences politiques après ma maturité, car ce domaine m’intéressait aussi.

Est-il vrai que vous ne faites pas de sport? On a du mal à le croire en voyant votre silhouette!
C’est très gentil, merci! En effet, je n’en fais pas. Mais je devrais m’y mettre, j’ai 37 ans. Je suis peut-être mince parce que je ne suis pas une grande mangeuse.

Vous cuisinez quand même?
Je ne vais pas mentir, je suis nulle en cuisine (rires)! Le plus souvent c’est mon mari qui est aux fourneaux, moi je fais deux-trois trucs, mais je n’ai pas de talent dans ce domaine.

Vous vous voyez où dans dix ans?
Je pense uniquement aux prochains mois. J’espère réussir ce nouveau challenge à la RTS, faire mon travail le mieux possible. Je n’ai aucune idée de ce que sera ma vie dans dix ans. Mais je crois que c’est mieux ainsi. Si l’on se projette trop loin, on ne peut être que déçu.

Journaliste tout-terrain

Née le 2 novembre 1978 à Genève, Jennifer Covo a une licence en sciences politiques. De 2006 à 2008, elle a assuré les matinales sur One FM, puis a été présentatrice à la TV genevoise Léman Bleu. Elle est à la RTS depuis 2010. Elle a d’abord travaillé au bureau régional de Genève, a présenté «Couleurs locales», puis a été engagée à la rubrique économique et en tant que remplaçante des TJ de midi et du week-end. Un parcours riche et varié qui lui vaut aujourd’hui une belle promotion.

Le TJ romand avec un présentateur fête ses 50 ans! C’est le journaliste José Ribeaud, ancien blogueur de «Coopération», qui l’a incarné pour la première fois le 2 octobre 1966, depuis Zurich. Il sera l’invité de Jennifer Covo, ce samedi 1er octobre à 19 h 30, à l’occasion d’un téléjournal anniversaire.

José Ribaud et Michel Stocker dans la régie du premier studio du téléjournal romand à Zurich, en 1966.

Chef de la rédaction romande du téléjournal, José Ribeaud entre 1960 et 1970.

Le journaliste dans les Grisons en 1983, pour une série de reportages sur les Romanches.

Il interroge Elisabeth Kopp, qui a été élue au Conseil fédéral le 2 octobre 1984.

Le 2 octobre 1966, José Ribeaud présentait le premier téléjournal romand depuis Zurich. Il est ici photographié en septembre 2016 à Genève avec Darius Rochebin, l’actuel présentateur.

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texte:
Myriam Genier
Photo:
RTS/Philippe Christin; Darrin Vanselow; archives TSR/RTS; RTS/Jay Louvion
Publication:
lundi 26.09.2016, 14:02 heure



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