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Jennifer Knecht: «Les clichés persistent. Mais oui, en tant que femme, nous pouvons poser un avion de ligne!»









Quand le pilote est une femme 

Jennifer Knecht, 24 ans, 
vient d’atterrir aux commandes d’un Airbus A319, à Oslo. Un appareil de 70 millions 
de francs, avec à son bord un peu plus de 100 passagers. Son avenir, la jeune pilote de Swiss le voit comme commandant de 
bord sur les longs courriers.

Interview

Coopération. Copilote, vous avez demandé à assumer la phase d’atterrissage, ici, à Oslo. Quel est votre sentiment?
Jennifer Knecht. C’est toujours beau! Et c’est toujours un défi. La routine n’existe pas: la piste d’atterrissage, les conditions changent en permanence. On aimerait toujours accomplir l’atterrissage parfait.

Quid de la responsabilité?
On l’apprend. Quand on passe du simulateur au vol réel avec des passagers, on a la technique d’atterrissage en main. On est concentré sur ce qu’on fait, qu’il y ait cinq personnes à bord ou 200. La responsabilité, je la ressens. Mais je la partage avec le commandant de bord, et je fais attention à être en pleine forme.

Votre intérêt à devenir pilote de ligne?
Il y a du changement chaque jour. Et chaque jour, malgré la météo, on a vu le soleil au minimum une fois. Et puis, on ne retrouve jamais le même équipage, il faut s’adapter à des choses différentes. Auparavant, j’avais effectué une formation dans un bureau. C’était difficile: le temps ne passait jamais.

Quel métier auriez-vous exercé si vous n’étiez pas pilote?
C’était une question difficile. J’ai d’abord réfléchi entre l’aviation militaire et l’aviation de ligne. Je voulais piloter un avion de combat. Mais c’était un peu juste, au niveau de ma taille – je mesure 1,60 m. J’ai également appris qu’il y avait des limites en termes de poids. Et je n’avais pas absolument l’envie de consacrer dix ans à ce parcours. Aujourd’hui, je suis heureuse de ma décision. Mais si je n’avais pas réussi à être sélectionnée comme pilote de ligne, j’aurais fait l’armée.

«

Ce rêve n’est jamais passé. 
Et je ne voulais pas juste rêver»

Avez-vous quelque chose à prouver?
Pas beaucoup, mais parfois, j’aimerais aussi montrer qu’une femme est capable de piloter. Les clichés persistent. Mais oui, en tant que femme, nous pouvons poser un avion de ligne! C’est pourquoi je voudrais être extra-compétente.

Etes-vous une aventurière?
Oui. Dans mes loisirs, j’aime le surf, le kitesurf, la nature, la plongée. J’ai passé six mois en Australie, à voyager seule. J’aime voyager, pour découvrir d’autres cultures, d’autres paysages, d’autres climats. D’autres perspectives.

L’aviation reste l’apanage de l’homme. Comment cela s’explique-t-il?
C’est la société qui le croit encore. Il n’y a pas longtemps que les femmes ont accès à certains métiers. Mais si elles ont les compétences et que la profession leur plaît, elles sont parfaitement capables de devenir pilotes. Il faut faire ce que son cœur nous dicte. Si le métier de pilote impliquait de la force physique, ce serait compliqué, mais ce n’est pas le cas. Dans cent ans, le fait qu’une femme pilote un avion sera normal. Il faut que les hommes l’acceptent aussi. Ce n’est pas simple, un tel tournant, dans la société.

Comment avez-vous été acceptée dans ce milieu?
Très bien. Dans ma classe, j’étais la seule femme. Je n’ai toutefois jamais ressenti de différence.

Pourtant, lorsque vous avez salué les passagers, à Oslo, peu vous ont considérée.
Je suis jeune et je parais jeune. Peut-être que les gens s’attendent à ce que je sois hôtesse de l’air. Je peux le comprendre.

Cela ne vous a jamais tentée?
Si, quand j’étais très jeune. J’avais envie moi aussi de parcourir le monde et d’être payée pour cela! Lors de l’Expo 02, à contempler la Patrouille Suisse, j’ai trouvé que voler était plus cool. On m’a dit: Oui oui, tu dis ça! Ce rêve n’est jamais passé. Et je ne voulais pas juste rêver.

Qu’est-ce qui vous a plu dans la Patrouille Suisse?
De voler, comme un oiseau. Cette liberté de pouvoir voler soi-même. Ce défi, je le voulais aussi. On appréhende un autre élément: l’air. Tout le monde ne peut pas. C’est un privilège.

Le meilleur moment, quand on pilote?
Il y en a beaucoup! Quand on sort de la couche de nuages et que le soleil brille. On retient aussi des paysages – parfois on voit super bien les Alpes, parfois une côte. Des paysages surprenants, j’en survole toujours de nouveaux, partout. Quand le jour décline, au lever du jour. Ou encore, quand on voit la lune, comme ce matin.

Si vous étiez un oiseau, lequel seriez-vous?
(Rires) Un aigle. Parce qu’il a une vision aiguisée, que c’est un oiseau fort et qu’il est beau. Comme pilote, je ne peux pas faire de loopings. Comme oiseau, j’en ferais.

Que diriez-vous aux petites filles qui se projettent dans un métier considéré comme masculin?
Il est important de ne pas céder sur ses propres rêves pour quelqu’un d’autre. Il faut mettre en œuvre tout ce qu’on peut.

Portrait 

Jennifer Knecht

Date de naissance. Le 20.9.1989

Profession. First Officer.

Domicile. Ermatingen (TG)

Filière. Maturité. Stage linguistique de six mois en Australie. Formation SPHAIR (sous l’égide du DDPS). Evaluation des aptitudes et instruction aéronautique de deux semaines, qui permet l’accès à une procédure de sélection simplifiée chez Swiss. Formation de pilote de ligne auprès du Swiss Aviation Training (SAT) à Zurich.

Famille. Sa mère a travaillé dix-huit ans comme hôtesse de l’air.

Inspiration. La vue de la Patrouille Suisse lors d’Expo 02.

Carrière. Engagée à 20 ans chez Swiss. Au total, 1300 heures de vol, 700 atterrissages, dont la moitié aux commandes.

Loisirs. Surf, kitesurf, plongée.

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Ariane Pellaton

Rédactrice

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Photo:
Christoph Kaminski
Publication:
lundi 24.03.2014, 11:00 heure

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