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Jacques Wullschleger
écrit le 18.04.2017


Jérôme Laperrière, ancien arbitre de football

Jérôme Laperrière: "J'ai donné de la moelle osseuse...". Quand il était arbitre en LNA (Super League), Jérôme Laperrière était policier, son métier. Nommé directeur de jeu FIFA en 2006, il a changé de profession. Motif : les horaires ne convenaient plus. "Quand on est arbitre FIFA, on voyage." Du coup, sa vie professionnelle s'est établie à l'Office des poursuites de Genève, où il travaille toujours. Il y est chef de secteur. Il a aussi servi chez Protectas dans l'intervention (alarmes). "J'avais une arme, mon compagnon était un berger allemand dressé." Jérôme Laperrière a aimé cette période. Dans un resto, près de son lieu de travail, il se livre, ses chapitres sont nombreux. "J'aime gérer des conflits, trouver des compromis. Je déteste l'injustice." Puis : "Je ne suis pas du tout dans l'autorité, j'ai horreur de ça. Avec les années, je me suis construit une carapace, vous pouvez tout me dire." Sa personnalité n'est pas en accord parfait avec sa vie de tous les jours, d'huissier, dont la règle première est de ne montrer aucun sentiment, un état d'âme fragile qui, parfois, n'est pas facile à cacher. "Quelque part, je suis contre-nature", avoue-t-il. Dans la rue, il lui arrive d'intervenir quand deux individus se battent. "C'est plus fort que moi. Je me fait engueuler par ma femme." Il a également tracé des types qui avaient volé une mallette. Jérôme Laperrière a des valeurs. Il entreprend tout pour les défendre et les inculquer. Il est aussi un homme de dialogue. Un homme à deux facettes. Attachant et honnête. "Je suis une personne sensible, qui prend beaucoup de choses à cœur." Il pratique le badminton. "Je me donne à fond, il y a tout qui ressort. Si je ne fais pas du sport tous les trois jours, je ne me sens pas bien."

Jérôme Laperrière s'est occupé d'un enfant myopathe. Un an après, il a fait un don de plaquette. Il a aussi donné de la moelle osseuse (ponction dans le bas du bassin) transmise à une dame, à Paris. "Un jour, raconte-t-il ému j'ai reçu une lettre de cette personne. Une lettre extraordinaire.
"Depuis un certain temps, il est préoccupé et ça l'interpelle : "J'ai un assistant huissier qui s'est fait agresser." Le quotidien de Jérôme Laperrière n'est pas toujours simple. Arbitre, il a connu aussi des moments difficiles. "Partout engagé à fond, j'ai fait plein de conneries." Une d'elles s'est produite en mai 2011, lors du match entre Bellinzone et St-Gall, une partie capitale pour le maintien. Il n'a pas sifflé un penalty indiscutable en faveur des Tessinois. "Mon erreur, je l'ai reconnue." Conséquences : sa voiture a été sérieusement endommagée et ses habits déchirés. Son alliance a même disparu. C'est ce qu'ont relaté les médias de l'époque. Un cauchemar pour le Vaudois. Peu de temps après, Jérôme Laperrière dirigeait la finale de la Coupe de Suisse entre Sion et Xamax (2-0). "J'avais été désigné avant le match à Bellinzone. On aurait pu me retirer la finale mais la commission des arbitres de l'ASF ne l'a pas fait. Elle s'est montrée sympa avec moi."

Jerôme Laperrière et une campagne de recrutement

Le canton de Vaud est à la recherche d'arbitres. "Aujourd'hui, précise le président de la commission des arbitres vaudoise, nous en dénombrons 450. Il faut ajouter à ce nombre les 250 arbitres qui dirigent les "minis". Ils sont notre fierté. J'ai obtenu un budget pour les accompagner davantage." Le site
http://www.football.ch/acvf/Association-cantonale-vaudoise-de-football.aspx vous en dit plus. "Le but, c'est aider les clubs à en recruter. Un club a l'obligation de trouver, de signaler un arbitre pour deux équipes de 11 joueurs. Des cours sont donnés. La commission des arbitres est à disposition."
Au tout début de sa carrière d'arbitre, Jérôme Laperrière a dirigé des "minis". Il a été joueur du FC Begnins. "J'ai joué en junior et un peu en 3e ligue. J'étais un défenseur un peu rude. J'ai pris des cartons." Arbitre au haut niveau, il a appliqué le règlement à la lettre. "Mais je n'étais pas un petit caporal", qu'à l'esprit. "Parfois, dit-il encore, j'ai été trop gentil. J'en ai subi les conséquences avec des points perdus sur le carnet des inspecteurs."
Pour Jérôme Laperrière, le fait de porter le badge FIFA durant des années s'est avéré quelque chose d'extraordinaire. D'unique. On lui a fait comprendre qu'il ne le serait plus en 2012. Il appartenait au groupe III. "J'avais 42 ans, j'étais en pleine forme et en pleine santé. J'ai accepté la décision de la commission des arbitres. Si j'ai été aigri ? Non, jamais."
Il aurait pu, Jérôme Laperrière continuer à arbitrer à la région (canton de Vaud). "Je me suis renseigné, j'ai pris la température auprès de nombreuses personnes, on m'a dit: "Jérôme, arrête !" Avec le recul, j'ai bien fait."
Aujourd'hui, il fait part de ses connaissances, acquises à tous les niveaux, de ses expériences et il en a. Il donne des cours obligatoires, des conférences. "Je dis aux arbitres: donnez tout ce que vous pouvez, quel que soit votre niveau et le niveau où vous vous trouvez. Donnez le meilleur que vous pouvez et si vous avez un problème, je suis là, à votre disposition, vous pouvez me téléphoner."

Palmarès

Jérôme Laperrière est né le 23 octobre 1969.

A été arbitre FIFA du 1er janvier 2006 jusqu'à la fin de l'année 2011. 

A dirigé une trentaine de matches internationaux.

Son premier match de LN? En 2003. Son dernier, en novembre 2011, Lausanne-NE Xamax.

A son compteur, il a dirigé environ 800 matches, toute compétition confondue.

A dirigé la finale de la Coupe de Suisse Sion-NE Xamax en 2011.

A dirigé en octobre 2011, la finale de la Coupe d'Egypte.

A beaucoup voyagé, à Hong-Kong, aux Etats-Unis, en Afrique, etc.

A sifflé, en 2010 la "finalissima" du championnat de Suisse entre YB et Bâle. Il se rappelle: "Le jour même du match, le "Blick" avait titré: "Surtout pas Laperrière." Comme mise en condition, il y a mieux, mais il avait su faire fi de cette situation. 

Selon des statistiques, en Suisse, il a dirigé 128 matches, distribué 488 cartons jaunes et 44 rouges (moyenne de 4 jaunes par match et d'un carton rouge tous les 3 matches).

Depuis le 1er janvier 2017, il est président de la Commission des arbitres vaudois ACFV) et, par voie de conséquence membre du comité central de l'ACVF.

Jérôme Laperrière est inspecteur des arbitres (à tous les niveaux).

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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