Elodie Cinquanta (27 ans) est fascinée par le cinéma américain depuis l’enfance. 

Jeunes Suisses sur le chemin du rêve américain

De nombreux Romands ambitionnent de percer dans le théâtre ou le cinéma. Du rêve à la réalité, il y a un saut. La Valaisanne Elodie Cinquanta se lance à Los Angeles, le Vaudois Nick Sartori est à New York depuis dix ans. 

Fascinée par les États-Unis depuis qu’elle regarde des Walt Disney ainsi que des Indiana Jones et dessine leurs personnages, Elodie Cinquanta ambitionne d’y réaliser une carrière dans le cinéma.

À 14 ans, elle pose les pieds pour la première fois sur ce continent, ravie. À 19 ans, elle découvre Los Angeles, la ville de ses rêves. «Quand j’ai dû rentrer, j’ai pleuré à l’aéroport. J’étais vraiment très touchée. Ça ne s’explique pas, c’est un peu comme quand on tombe amoureux», raconte la jeune femme qui a aujourd’hui 27 ans. 

Ses parents l’ont soutenue dans ses projets artistiques, tout en lui demandant de suivre une formation plus rationnelle. Elle est devenue dessinatrice en bâtiment, une profession qu’elle continue d’exercer, à domicile. En parallèle, Elodie entreprend des démarches pour obtenir un visa d’artiste qui lui permet d’avoir une chance de se faire une place à Los Angeles.

Cette autodidacte sait que la concurrence est rude, mais elle est persuadée d’avoir autant de chance que les autres de réussir, comme si c’était son destin. «Elle a la tête sur les épaules, je lui fais confiance. Il faut qu’elle essaie, comme ça elle n’aura pas de regrets plus tard», affirme sa maman, Patricia Cinquanta. 

Fuir les belles promesses

Le comédien Nick Sartori (29 ans) évolue entre New York et Paris.

Le comédien payernois Nick Sartori (29 ans) – notamment apparu dans la série Gossip Girl – évolue à New York depuis dix ans. Il s’y est installé une fois son bac en poche et y a suivi avec succès une école artistique durant deux ans et demi. 

Depuis, il persévère, ce qui n’est de loin pas le cas de tous ses anciens collègues étudiants: «On a commencé à 400 et fini à 110 dans notre volée. Aujourd’hui, on est une dizaine à rester dans le métier.»

Nick s’impose chaque jour des horaires réguliers: «Il faut être actif et se créer son propre travail pour se faire voir. Ce milieu n’est pas toujours gratifiant, le glamour et les paillettes n’en sont qu’une infime partie…» Depuis un an et demi, il écrit un scénario. Il vit actuellement entre Paris et New York, histoire de faire connaître son nom auprès d’agents français qui travaillent avec les Américains.

Ses conseils à ceux qui débutent à New York: fuir les castings où l’on demande de l’argent en échange de belles promesses et ne pas viser ce métier pour l’argent ou la notoriété: «Si ça arrive tant mieux, mais l’important est de travailler.»

«Pas question de briser un rêve»

La Manufacture Frédéric Plazy (43 ans), directeur de la Haute école de théâtre de Suisse romande, évoque l’importance de l’information aux artistes.

Quel discours tenez-vous à la Manufacture aux étudiants qui rêvent de faire carrière aux États-Unis?
L’école est là pour donner une prise de conscience de la réalité et pour affiner une démarche artistique. Si quelqu’un veut à tout prix partir aux États-Unis ou ailleurs et que ça correspond à une nécessité artistique, à ce qu’il souhaite exprimer, alors il faut laisser faire. 

Il n’est pas question de briser un rêve, mais de donner le maximum d’informations sur les exigences que ce projet suppose. Partir aux États-Unis en se disant je verrai bien, c’est dangereux. Il faut savoir que ça ne se passera peut-être pas comme prévu. 

Comment savoir dans quel genre artistique se déployer?
Une école sert notamment à cela. On fait découvrir aux étudiants une multiplicité de champs, ce qui leur permet de se définir en tant qu’indi-vidus artistes. 

Un diplômé a-t-il plus de chance de faire carrière en Suisse ou à l’étranger?
En Suisse, où il a construit son réseau. Être comédien ou metteur en scène, surtout dans le théâtre, ça veut dire travailler avec les autres, en groupe. 

Combien de vos diplômés poursuivent dans ce domaine?
L’école a moins de dix ans, on manque de recul. Une étude vient de sortir sur l’entrée dans la profession des quatre premières promotions. Environ 80% vivent de leur métier, mais ces chiffres sont à manipuler avec précaution. Plus que le concours d’entrée, c’est le métier et l’état de la profession au moment où les étudiants sortent qui sont les véritables filtres. 

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Valeriebaeriswyl.com, Mario del Curto, SP
Publication:
dimanche 28.12.2014, 22:40 heure



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