Rendez-vous avec Joël Dicker à Genève: «La pression vient quand le livre est fini.»

Joël Dicker: «L’essentiel? Aimer et être aimé»

Rencontre Le nouveau roman de Joël Dicker vient de sortir. Le fameux romancier de «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert» nous en parle. Et de sa vie.

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Si je n’écrivais pas, je ferais sûrement de la musique»

Voilà votre nouveau roman «Le Livre des Baltimore» en rayon. Comment vivez-vous ce moment?
Aujourd’hui, je me sens très apaisé. J’ai l’agréable sentiment d’avoir mené ce livre comme je le voulais. Ce projet était important pour moi et j’espère retrouver à travers ce roman le plaisir du partage avec mes lecteurs.

Quel a été l’impact du succès de «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert» dans la conception de ce nouveau livre?
J’en ai commencé l’écriture avant même la parution de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. Vers fin septembre 2012, j’ai été submergé par le succès que rencontrait le roman et je n’ai repris la plume qu’en janvier de l’année suivante. À ce moment-là, je me suis posé mille et une questions sur mon écriture du fait de cette réussite. Est-ce que je plantais le décor sur la côte Est parce que
Quebert? Est-ce que je voulais une intrigue parce que Quebert? Etc. Pour la première fois, j’ai dû prendre en compte le fait que des gens me lisent. Et assez vite, j’ai retrouvé ce qui m’a toujours guidé, faire ce dont j’ai envie, écrire comme il me plaît. La pression vient quand le livre est fini. Entre l’impression et la parution, j’ai le trac et me demande comment il va être reçu.

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Quel a été le point de départ du «Livre des Baltimore»?
Un méli-mélo de plein de choses! J’ai créé le personnage de Marcus Goldman et je me suis demandé au fond qui il était. Ce questionnement a été un prétexte pour me pencher sur la question de l’identité. Mais la trame du récit ne se construit pas d’une manière très calculée, elle se crée au fil de l’écriture.

Vous abordez les thèmes de l’identité, du questionnement de soi. Des questions existentielles aussi fascinantes que terrifiantes.
Ce ne sont pas des thèmes que je vois comme terrifiants, mais plutôt comme des thèmes bâtisseurs de la vie. Dans ce livre, il y a un mélange de ce qui a trait à l’apparat, mais la question est qui suis-je quand les autres me regardent et finalement que reste-t-il quand je me retrouve à nu. Je ne trouve pas cela terrifiant: au fond on est qui on est et on n’y peut rien.

Et qui est Joël Dicker en dehors de l’écrivain?
Le plus essentiel pour moi, c’est aimer et être aimé. Un peu grandiloquent comme réponse, je l’admets (rires), mais j’en ai d’autant plus pris conscience avec le succès. Sinon, au quotidien c’est la créativité qui m’anime. Dessiner, jouer de la musique, écrire. Ça reste quelque chose qui transcende tout, qui me permet de m’évader. D’ailleurs, si je ne devais pas écrire, je ferais sûrement de la musique.

On ne vous savait pas dessinateur!
J’adore dessiner sans avoir pour autant envie de le partager. Et je ne crois pas être spécialement doué…

La musique accompagne votre écriture. Quels sont les titres qui ont marqué «Le Livre des Baltimore»?
J’ai beaucoup écouté Ed Sheeran et surtout en live. Il a une loop station et construit seul tous ses morceaux en concert. Il y a quelque chose dans l’artisanat de sa musique de très inspirant. Michel Petrucciani a aussi accompagné mes deux derniers écrits. Il me fascine.

Vous dites lire peu en écrivant. Et maintenant quel est votre livre de chevet?
C’est Au revoir là-haut de Pierre
Lemaitre. Mais je n’ai pas cessé de lire depuis Quebert, j’étais souvent en voyage et mettais tous les temps morts à profit.

Après tous ces déplacements, votre perception de la Suisse a-t-elle changé?
Je n’ai jamais été autant Suisse que ces derniers temps. L’identité suisse est tellement diverse et difficile à saisir. Ici, à Genève, je me sens très différent d’un Zurichois par exemple mais une fois à l’étranger, je suis frappé par la force de mon identité helvétique. D’abord parce qu’on me la rappelle tout le temps. Je suis l’écrivain suisse. Ensuite parce qu’en rencontrant des Suisses, j’ai eu le sentiment de retrouver mes pairs. On partage les mêmes valeurs, on est fait de la même terre et ça, c’est très fort.

Son nouveau roman, «Le Livre des Baltimore»

Vos projets pour cet automne?
La promotion du livre en l’accompagnant en Suisse, en Belgique, en France et au Canada francophone jusqu’au mois de décembre. Ensuite, il s’agira de s’atteler à l’écriture du prochain roman, qui est déjà sur les rails.

Y retrouvera-t-on Marcus Goldman?
Quand j’ai commencé le livre sur Quebert, je me suis dit que je partais pour une trilogie américaine. J’en ai déjà fait deux et je peux affirmer que le prochain ne sera pas le troisième. J’ai envie de faire autre chose. Marcus reviendra certainement plus tard.

Un cadeau de ses parents, qui l’accompagne partout

4 dates dans la vie du romancier

1985 Il naît à Genève le 16 juin. Sa première nouvelle «Le Tigre» est primée au PIJA 2005.

2010 Prix des écrivains genevois pour son roman «Les Derniers Jours de nos pères». www.joeldicker.com

2012 «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert». Succès mondial (traduit en près de 40 langues).

2015 Fin septembre est sorti «Le Livre des Baltimore» (Éditions de Fallois), son troisième roman publié.



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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 05.10.2015, 15:40 heure



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