Jolanda ici à Thal (SG) avec son VTT (au premier plan) et son vélo de course pour la route.

«Gagner me donne de l’énergie»

Jeux olympiques En VTT, Jolanda Neff est championne d’Europe et du monde. À Rio, elle sera aussi au départ de la course sur route. Go!

Elle se caractérise par sa chevelure blonde et son invincibilité. À Rio, Jolanda Neff, la cycliste saint-galloise de Thal, 23 ans, sera l’un des grands espoirs de médaille de la Suisse. Il y a quinze jours, en VTT, lors de la Coupe du monde à Lenzerheide (GR), elle a décroché la médaille de bronze.

J’ai toujours cru que les cyclistes avaient des cuisses et des mollets énormes. Ce n’est pas votre cas, bien au contraire…
… oh, j’ai des muscles, mais ils ne sont pas gros; le VTT est un sport d’endurance. En athlétisme par exemple, les sprinters sont des armoires à glace, tandis que les coureurs de marathon sont plutôt fins. Nous devons être légers pour gravir la montagne.

C’est pour cela que, dans votre sport, vous cherchez à être toujours plus légers.
Ce serait une terrible erreur. Si vous commencez à manger moins, vous serez peut-être plus rapide pendant une saison ou deux. Mais dès la troisième année, vos performances déclineront et vous manquerez de rapidité.

«Gagner me fait très plaisir», avez-vous déclaré dans une interview. Et perdre?
Non. Gagner me procure un immense plaisir. C’est de là que je tire mon énergie et que j’apprends le plus.

Et si vous perdez, vous êtes furieuse?
Non, pas vraiment. Mais dans la tête aussi, j’aime mieux penser à la victoire qu’à la défaite.

Gagner peut finir par devenir lassant et…
… non, je ne crois pas.

Pourquoi alors relever un nouveau défi en vous lançant dans la course sur route?
Pour moi, c’est passionnant d’aborder d’autres aspects du cyclisme. Il faut acquérir des qualités très différentes, en particulier tactiques.
J’adore rouler sur route, bien que je n’y gagne pas toujours, mais ça viendra peut-être. (Ndlr: elle vient en effet, la semaine dernière, de gagner les étapes du Tour de Pologne.)

Croyez-vous vraiment  pouvoir devenir double championne olympique, en VTT et sur route?
Je n’y pense pas. Pour moi, l’essentiel est de me présenter en bonne santé sur la ligne de départ à Rio.

Voyons, en tant que championne du monde et d’Europe, ça ne peut pas être votre seul objectif…
Mais si. L’an dernier, j’ai été en forme toute l’année et malade aux Championnats du monde. Et alors c’est fichu. La santé est déterminante.

Pendentif en forme de frein à disque, d’une collègue du Chili.

Comme vous y allez! Il suffirait donc d’être en bonne santé sur la ligne de départ pour gagner?
Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je dis qu’être en bonne santé au départ est mon objectif. Nous verrons ce qui se passera ensuite.

Le VVT est-il un sport si dangereux?
Il y a sans doute des vététistes qui n’ont jamais travaillé leur technique. Lorsqu’ils voient un saut, ils se dépassent et se lancent tête baissée.
Et ça, évidemment, ça ne va pas. Pour moi, le VTT n’est pas une question de dépassement mais de savoir-faire. Si je ne suis pas capable de faire quelque chose, je m’abstiens. Et je ne parviens à faire quelque chose qu’après un long entraînement. La technique s’acquiert au fil des années. De même qu’il faut entraîner un muscle, il faut travailler l’équilibre.

Votre père est toujours votre entraîneur.
Oui, il a d’immenses connaissances. Il a lui-même aussi été professionnel et a suivi de nombreuses formations.

Les divergences d’opinions sont chose courante entre un sportif et son entraîneur. Arrivez-vous à l’oublier lorsque vous vous retrouvez à la maison?
Nous parlons beaucoup ensemble, où que nous soyons. Nous avons une très bonne relation.

Son agenda, acheté lors des Championnats du monde à Richmond (États-Unis).

Bien qu’il soit votre entraîneur…
… pas «bien que», mais «parce que»! Ça crée un lien fort entre nous. Nous parlons d’un tas de choses – de tout, en fait. Nous sommes très proches. Mon père est le principal artisan de mon succès.

Faites-vous des sorties à vélo ensemble?
Chaque fois que nous en avons l’occasion. Il est mon partenaire d’entraînement préféré, et je m’entraîne énormément avec lui, depuis mes débuts. Il continue de participer à des courses, avec beaucoup de succès d’ailleurs.

Et lorsque vous faites la course avec lui, qui a 53 ans, qui gagne?
Je suis enfin la plus rapide. Il y a encore quatre ans, c’était le contraire. Il est en pleine forme.

3 dates dans la vie d’une championne

1999 Elle a 6 ans quand elle fait sa première course, à Rivera (Tessin) et c’est une première victoire.

2008 Elle entre à l’École cantonale de Saint-Gall, où elle obtiendra sa maturité quatre ans plus tard.

2012 Championne de Suisse, d’Europe et du monde des moins de 23 ans. Elle décide de devenir professionnelle.

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Martin Zimmerli
Photo:
Christoph Kaminski
Publication:
lundi 25.07.2016, 14:00 heure



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